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Posts Tagged ‘plate-forme logistique’

GSE challenge les étudiants sur la logistique urbaine

08 nov

Laureats INSA Lyon / GSE

Impliquer les parties prenantes pour imaginer les contours de la ville de demain est le témoignage d’une démarche de développement durable ouverte. GSE s’inscrit dans cette logique en invitant les étudiants à réfléchir sur la conception d’un ensemble immobilier logistique en milieu urbain. A la clé, des opportunités professionnelles pour les étudiants (outre une récompense financière) et des pistes audacieuses pour le développement de bâtiments logistiques urbains.

Le concours

Le développement rapide du commerce électronique, la réapparition des commerces de proximité et la demande croissante de livraisons à domicile placent la logistique urbaine au cœur des enjeux d’aménagement.
Dans le cadre du projet urbain « Carré de Soie » de la Communauté Urbaine de Lyon, le thème du concours imposé aux équipes en compétition visait à concevoir un ensemble immobilier cohérent avec son environnement dédié principalement à la logistique avec pour fonctionnalités : un stockage mutualisé, des services de réception-stockage-remise-livraison-retour mutualisés de commandes Internet, un « drive » et, de façon optionnelle, un marché forain, des bureaux, ateliers, commerces et logements. Les bâtiments projetés et leur desserte devaient présenter une haute qualité environnementale.

Lauréat : INSA de Lyon

Le projet défendu par l’INSA de Lyon a été remarqué pour sa « compréhension des enjeux au travers des fonctionnalités proposées comme la mutualisation des flux, la convergence des circulations avec les transports urbains, et les nombreuses solutions privilégiant les mobilités douces. »

Projet Lauréat - INSA Lyon / GSE

Projet Lauréat - INSA Lyon / GSE

Les 2 autres projets récompensés

La seconde équipe lauréate de l’Ecole des Ponts Paris Tech a été saluée pour « la remarquable insertion urbaine du projet grâce à l’apanelage des bâtiments qui permet de garder les caractéristiques du quartier avoisinant »

2ème Prix - Ecole Ponts Paris Tech / GSE

Enfin, les étudiants de l’Ecole Nationale d’Achitecture Val de Seine se sont vus décernés le troisième prix avec mention Architecture, reconnaissant « un plan masse original et une qualité architecturale audacieuse ».

3ème prix - ENSA Paris Val-de-Seine / GSE

Pour plus de détails : voir le site dédié au concours : contexte, vidéos (interviews des lauréats, de GSE) et photos

 
 

Friches industrielles : l’avenir de la logistique urbaine ?

31 oct

Friches Moÿ, avant démolition

Friches Moÿ, après réhabilitation

Le Ministère de l’écologie, du Développement Durable, des transports et du Logement se penche sur l’intérêt des friches industrielles en milieu urbain comme un relai à fort potentiel pour la logistique.

Des atouts

Nées du déclin industriel ou des délocalisations, les friches industrielles présentent d’abord un avantage foncier lié à leur implantation généralement intra-urbaine couplée à une surface importante (minimum demi-ha). La proximité des friches avec des infrastructures logistiques (fer -train, tram- ou voies navigables) est un deuxième atout précieux.
Au passif des friches, des sols qui ont pu être pollués par une activité industrielle peu sensibilisée à la protection de l’environnement. Néanmoins, il est bon de rappeler que la dépollution de ces zones bénéficie du soutien de l’état, via le cadre des Investissements d’avenir (pour en savoir plus sur les sites pollués et l’accompagnement de l’état / Ademe).

Cas concret : le site de Moÿ dans l’Aisne

Les friches industrielles TEXMAILLE à Moÿ dans l’Aisne permettent d’illustrer la reconversion d’un site pollué en plateforme logistique. Le chantier, mené en 2007, portait sur 18 716 m² et a coûté environ 7 Millions d’euros. Sur ce budget, les subventions ont représenté 1M€, la CCI 02 (propriétaire du site) a versé 3,8 M€ au titre de la dépollution, démolition et réhabilitation du site et l’acquéreur (terrain + bâtiment) a investi 2,5 M€.
Voir les photos du site et de la phase de démolition : cliquer ici
Voir les photos de la reconstruction : cliquer ici
Voir la fiche technique : cliquer ici

Autre exemple, Rives Méditerranéennes revient sur la méthode de réhabilitation des friches industrielles de Marseille .

Pour lire l’article complet sur les attraits de la réhabilitation des friches industrielles : voir le site du ministère

 
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Une plateforme logistique fait de la compensation «biodiversité», une première

26 oct
Clesud à Grans-Miramas (13)

Clesud à Grans-Miramas (13)

L’aménagement d’une plateforme logistique peut occasionner une perte de biodiversité rare. Le cas s’est produit pour la zone logistique Clesud à Grans-Miramas (13). Benjamin GILORMINI, de l’Epad (aménageur public de la plate forme), détaille le projet de compensation innovant.

Pourquoi l’Epad s’est penché sur la compensation «biodiversité» ?

L’implantation de la zone logistique Clesud a été réalisée, à l’issue d’une recherche foncière élargie à l’ensemble de l’aire métropolitaine marseillaise et à l’issue d’une analyse multicritères, sur une zone incluant des vignes, prairies et vergers, ainsi que quelques dizaines d’hectares de friches susceptibles d’accueillir les espèces endémiques du coussoul de Crau,  steppe rase unique en Europe. La zone de Clesud se trouve en bordure d’un espace classé Natura 2000, constitué principalement de coussoul. L’aménagement a eu une incidence sur cet écosystème rare et fragile. Bien que ce projet ait reçu l’ensemble des autorisations requises dans le cadre du droit français applicable à la fin des années 90 (avant transcription des directives européennes, notamment par le décret « Natura 2000 » de décembre 2001), la commission européenne a porté une action contre la France pour défaut de zonage. Ce différend portant notamment sur la prise en compte des impacts de la plateforme logistique sur la biodiversité des coussouls de Crau, l’Epad s’est donc engagé à trouver une solution pour contribuer à régler le précontentieux entre l’état français et l’Europe, bien qu’aucun texte règlementaire ne l’oblige à mettre en œuvre une opération de compensation.

Pouvez-vous nous rappeler les règles d’aménagement en milieu naturel ?

Dès qu’un aménagement a une incidence sur un site Natura 2000 et la biodiversité qu’il abrite, deux cas de figure se présentent :
1 : Impossibilité de construire : c’est la sanctuarisation du patrimoine naturel.
2 : Possibilité d’aménager sous réserve de compensation (décret de décembre 2001) si le projet répond à des enjeux de sécurité, de santé publique ou d’hygiène, ou de protection environnementale globale. C’est ce dernier cas qui a rendu le projet Clesud acceptable au titre de la règlementation Natura 2000 (sous réserve de compensation des incidences sur la biodiversité) puisque la zone, qui accueille un chantier de transport combiné et contribue au report modal vers le rail du transport de fret sur l’axe Nord – Sud, permettant une réduction non négligeable des émissions de CO2 liées au transport de marchandises.

Comment avez-vous procédé pour ce projet de compensation ?

Dans un premier temps, il a fallu évaluer les incidences de la zone logistique sur la biodiversité. Un cabinet d’études a été missionné et a porté ses conclusions : 100 hectares d’écosystème agropastoral (prairie sèche comparable au coussoul en termes de potentiel d’accueil de biodiversité) devaient être recréés pour compenser les dommages environnementaux liés à Clesud. Cette estimation validée par l’état, l’Epad a cherché un partenaire pour mettre en œuvre ce projet de compensation, qui nécessite des compétences techniques très spécifiques : c’est la proposition de CDC Biodiversité qui a été retenue. Sa mission a été de reconstituer un écosystème (le coussoul) à partir d’un terrain agricole : achat d’un terrain (verger), prise en charge des travaux de réhabilitation de l’écosystème (suppression des arbres, préparation du sol, etc.) et service d’entretien / suivi scientifique pendant 30 ans. Le cout de cette opération, ramené à l’hectare réhabilité, s’élève à 35 000 €.
Au final, l’écosystème reconstitué s’étend sur 350 hectares et l’Epad y a participé à hauteur de 1,65 M€ (pour une contribution totale de 2 M € pour des actions en faveur de la biodiversité), soit un peu moins de 50 ha.  Tel est le prix de notre compensation biodiversité pour la zone de Clesud. Les services de l’Etat, conscients de ce que l’objectif de reconstitution de 100 ha d’écosystème ne garantissait pas un résultat de qualité, ont accepté de réduire l’objectif quantitatif initial de 100 ha à 50 ha dans le cadre de l’opération Cossure menée par CDC Biodiversité, dont les résultats ont pu être mesurés et sont jugés très satisfaisants en termes écologiques.

Quelles ont été vos motivations pour ce projet ?

Si du point de vue de la réglementation française nous étions conformes, l’Epad a pour ambition de réaliser des opérations exemplaires. Ce projet de compensation vient donc donner du sens à cette ambition, et inscrire notre territoire dans une démarche durable dans laquelle l’ensemble des projets impliquant une consommation d’espace naturels et un impact sur la biodiversité devront être compensés efficacement.

Néanmoins, vous communiquez assez peu sur ce projet ?

Effectivement, la compensation biodiversité répond à un enjeu d’image que nous pourrions exploiter. Mais bien d’autres enjeux méritent également notre implication, à commencer ceux de la supply chain globale. Nous concentrons nos efforts sur la performance des fonctionnalités logistiques, sur le plan économique et environnemental. Comment développer le report modale vers le rail à partir des infrastructures que nous avons créées et de l’offre immobilière que nous avons développée sur Clesud, comment améliorer le taux de remplissage des camions sont par exemple des réflexions majeures, reliées directement à la durabilité de notre métier et du développement économique de notre territoire.

Pour en savoir plus sur Clesud
Pour en savoir plus sur CDC Biodiversité, interview du directeur de CDC biodiversité
Dans cette thématique : « Préserver la biodiversité sur les plateformes logistiques »

 
 

Sécurité : le cas de la non ruine en chaîne

13 oct

Evènement "Non ruine en chaîne - SAGL le 12/10/11

Le minimum exigé en matière de développement durable est le respect des règlementations. Et en matière de sécurité, les écarts peuvent coûter cher. Dans le maquis des textes de loi, un arrêté ministériel 1510 du 5 août 2002 (et autres textes s’y référant) est aujourd’hui l’objet d’une attention particulière. Il concerne les impacts d’un incendie sur un entrepôt couvert.

Des risques

Un incendie qui se déclare dans un entrepôt couvert peut rapidement causer des dégâts majeurs : humains (c’est une évidence) et matériels. De ce point de vue, le risque est évidemment que le feu se propage de cellules en cellules, entrainant une ruine en chaîne de la structure du bâtiment, une mise en échec des dispositifs séparatifs coupe-feu et pour finir un effondrement de la structure vers l’extérieur représentant un risque pour le personnel de secours.

Les principes de prévention

Pour prévenir ces risques, le législateur a retenu les principes suivants :
-    Réduire la quantité de produits pouvant être impliquée dans un incendie par la limitation de la taille des cellules de stockage (compartimentage avec murs coupe-feu) ;
-    Faciliter l’accessibilité des pompiers sur toutes les façades de l’entrepôt,
-    Rendre la disponibilité effective de moyens en eau (et des rétentions correspondantes).

Les solutions

A ce jour, une étude de non ruine en chaîne permet aux exploitants de garantir la mise en œuvre des dispositions appropriées.
Cette étude est obligatoire depuis le 15 avril 2010 pour les entrepôts relevant du régime E. Elle est en revanche fortement conseillée pour les autres bâtiments depuis 2002 car ils ont l’obligation de résultat. En effet, pour les entrepôts déjà construits, l’étude  permet de vérifier si la structure est compatible avec les scénarii d’incendie.

Pour en savoir plus sur la non ruine en chaîne, voir le document produit par l’agence SAGL

 
 

Certivéa innove avec un référentiel enrichi et un affichage gradué

28 sept

La concurrence féroce entre les labels environnementaux des bâtiments pousse les acteurs à innover. Certivéa propose en cette rentrée 2011 deux innovations pour rester parmi les opérateurs référents : un référentiel bâtiments tertiaires remodelé et plus complet ainsi qu’un passeport HQE.

Un référentiel « Nouvelle génération »

Le nouveau millésime de référentiel de certification pour la construction des bâtiments tertiaires a été conçu pour répondre à deux attentes du marché :
-    La simplification. A présent, un seul et même référentiel « générique » s’applique à tout type de bâtiment non résidentiel.
-   L’internationalisation. Pour contrer les critiques d’un outil trop franco français, le nouveau référentiel devient compatible avec les exigences de la norme EN TC 350 (cf. Certivéa) et avec les indicateurs internationaux portés par la Sustainable Building Alliance (www.sballiance.org). Certivéa affiche également la volonté de suivre les évolutions règlementaires nationales et internationales en matière d’énergie, d’environnement, de santé et de confort. Enfin, pour être certifié, un bâtiment devra atteindre à minima le niveau BBC sur l’énergie.
Pour en savoir plus sur ce nouveau millésime, voir le communiqué de presse

Le nouvel affichage environnemental HQE

Nous l’avions évoqué lors d’un précédent article (voir le billet du 21 juillet), la certification HQE ne permettait pas de rendre visible les différents niveaux de performance d’un bâtiment certifié, contrairement à la certification BREEAM. L’association HQE et Certivéa viennent de corriger cette lacune en proposant le Passeport Bâtiment Durable.
L’objectif est de présenter les performances des bâtiments sur 4 grands thèmes (l’énergie, l’environnement, le confort, la santé) avec une échelle de 4 étoiles. Le nombre d’étoiles est ensuite agrégé pour calculer l’évaluation globale du bâtiment sur 4 niveaux (bon, très bon, excellent, exceptionnel). On se rapproche donc fortement de l’évaluation BREEAM.
Plus de détails sur les modalités de calculs de l’évaluation, voir le dossier Certivéa. Pour connaître les premiers bâtiments détenteurs du passeport, voir l’article sur cleantechrepublic.

Ces évolutions vous semblent-elles convaincantes ? Sont-elles suffisantes pour que vous puissiez arbitrer en faveur de l’HQE sur des projets internationaux ? Faîtes-nous part de vos avis et commentaires.

 

«La certification BREEAM offre davantage de lisibilité qu’HQE»

21 juil

bâtiment Pitch Promotion vise "good" (Breeam)

Le paysage de la certification environnementale français est de plus en plus marqué par la certification anglaise BREEAM, alors que la certification américaine LEED peine à percer. La position de force de la certification HQE s’atténue.
Témoin de ces évolutions, Thierry Griveaux, architecte à l’agence SAGL, nous fait part de son point de vue et relaye également le sentiment des exploitants et maîtres d’ouvrages sur les certifications BREEAM / HQE.

Pouvez-vous rapidement retracer le contexte de ces certifications ?

Historiquement, BREEAM a l’antériorité et son rayonnement va au-delà du territoire britannique. D’ailleurs BREEAM se positionne comme la norme européenne des bâtiments environnementaux.
De son côté, la certification HQE est la plus couramment utilisée en France. Son périmètre d’application est exclusivement le territoire français, c’est la première différence avec BREEAM. Et malgré des tentatives de rapprochements ou d’équivalence entre BREEAM et HQE, ces dernières peinent à aboutir. Ce qui contraint certains  exploitants à rechercher une double certification.

Cette différence d’application géographique a-t-elle un impact important ?

Au-delà d’un avantage pour BREEAM, c’est surtout un point très pénalisant pour HQE. Des entreprises internationales, comme des transporteurs, exigent une visibilité équivalente à leur rayonnement mondial. Le cantonnement franco français de l’HQE est alors rédhibitoire car il ne faut pas oublier que la certification est un levier de valorisation.

Quelles sont les autres divergences ?

La philosophie des deux référentiels est très différente :
-    HQE offre la possibilité de choisir parmi 14 cibles, il s’agit donc d’un référentiel ouvert où chacun fait son marché. Cette souplesse permet éventuellement de sélectionner des cibles moins contraignantes pour l’obtention de la certification. Au final, deux bâtiments qui bénéficient d’une même certification HQE n’auront pas le même niveau d’efficacité environnementale en fonction des cibles choisies. La comparabilité n’est donc pas possible.
-    A contrario, BREEAM propose une grille plus standardisée qui permet une évaluation graduelle d’un bâtiment. Ce côté très formel peut être perçu comme une lourdeur mais au final on a une meilleure visibilité de l’efficacité d’un bâtiment, d’autant qu’elle est évaluée sur une échelle de performance de «passable» à «excellent». C’est selon moi plus transparent.

L’audit des certifications est par conséquent lui aussi différent ?

Effectivement, à partir du moment où le référentiel HQE est ouvert, on a le sentiment que l’approche de l’auditeur HQE peux être plus subjective qu’un audit BREEAM, axé autour d’une grille plus stricte d’évaluation. Ce sentiment est renforcé par le fait que les auditeurs HQE ne sont pas forcément issus du bâtiment. On peut ajouter à ce stade que les audits BREEAM sont très exigeants, avec des vérifications in-situ.

Voyez-vous d’autres différences entre les deux certifications ?

Le volet social, avec notamment les cibles « confort », est mieux évalué avec HQE.
Par ailleurs, si les 2 référentiels sont pauvres sur les aspects gestion des espaces verts (dont déchets) ou l’intégration paysagère, une réflexion d’HQE commence à émerger sur la préservation de la biodiversité, ce qui va dans le bon sens. Autre thème peu présent dans les référentiels, la fin de vie du bâtiment. Cette phase du cycle de vie n’a pas un impact marginal. Mais là encore, il est possible d’évaluer certaines démarches via l’HQE, mais de manière indirecte (valorisation de matériaux recyclés par l’utilisation de «ressources sur place», «absence de transport»).

Un mot de conclusion sur les certifications environnementales ?

L’évaluation des démarches de développement durable est une bonne chose. Cela permet de guider nos efforts sur certains thèmes.
Néanmoins, je profite de cet espace de débat pour en soulever un. Selon moi, certaines cibles ou critères environnementaux sont de faux amis, à savoir qu’ils n’ont rien de durables lorsqu’ils sont étudiés de manière globale. Prenons par exemple le cas de la récupération des eaux pluviales. D’une part, la viabilité économique (retour sur investissement) est peu certaine compte tenu des aménagements importants et des installations couteuses. D’autre part, ces mêmes aménagements et installations ont également un impact environnemental fort : au niveau de la fabrication, de l’exploitation, de l’entretien et maintenance et en fin de vie. Ce cout écologique est sans doute supérieur aux gains de m3 d’eau du réseau non consommés. Le bilan économique et écologique de la récupération des eaux pluviales n’est probablement pas si favorable à la solution dite «durable». Et cet exemple n’est pas unique : le cas de la production d’eau chaude sanitaire solaire en est un autre.
Il est donc sans doute plus pertinent économiquement et écologiquement de traiter à la source les problèmes des consommations d’eau, intégrer des plantations nécessitant peu ou pas d’arrosage, mettre en œuvre des équipements sanitaires hydro-économes. Bref, proposer une démarche de Développement Durable raisonnée.

Dernière interrogation sur les critères environnementaux HQE et BREEAM : comment et avec quelle réactivité vont-ils évoluer pour suivre les progrès technologiques (nouveaux matériaux), les nouvelles filières ou les enjeux écologiques naissants ?

 
 

Logistique urbaine : modéliser l’implantation d’une plateforme

11 juil

Plateforme Sogaris - Arenc / Marseille

La logistique urbaine est un véritable enjeu de développement durable compte tenu de ses impacts économiques, environnementaux et sociaux. Afin d’aider les acteurs de la logistique à trouver des solutions face à cet enjeu, le projet PLUME a été mis sur pied et financé par le Ministère de l’écologie. Les parties prenantes sont composées de l’Ecole Nationale des Mines de St Etienne, d’un cabinet spécialisé en logistique (Jonction), d’un opérateur (SOGARIS), et du Cluster Paca Logistique. Ce projet, qui s’appuie sur le cas de la ville de Marseille (plateforme SOGARIS d’Arenc), a fait l’objet d’une présentation le 29 juin dernier. Le document de présentation est à télécharger en cliquant ici.

Optimiser l’immobilier et le transport

Les rapporteurs du projet ont cherché à optimiser l’implantation d’une plateforme logistique en ville en croisant les objectifs immobiliers avec ceux des transports. Les problématiques suivantes ont été posées :
•    Combien de plateformes logistiques doivent être créées ? où doivent-elles être localisées ? et quelle doit être leur taille ?
•    Quelle flotte de véhicules doit être affectée à chaque plateforme ? comment répartir les véhicules dans les différentes zones de demande ?

Critères durables

Dans le cadre de la modélisation, 9 critères ont été retenus : 4 critères économiques (cout d’investissement et de fonctionnement de l’immobilier et du transport), 3 critères environnementaux (principalement la pollution), 2 critères sociaux (l’acceptabilité du projet).
Cette évaluation tient compte d’un contexte où le nombre d’acteurs est importants (collectivités, messageries, riverains / habitants) et où les coûts de distribution doivent être analysés finement.

A la clé, un outil logiciel de modélisation qui cartographie les zones d’implantation. Exemple à voir sur le document. Ce projet est un exemple très pertinent de collaboration entre différentes parties prenantes, qui ne l’oublions pas, est la clé de voûte du développement durable.

 
 

Certification BREEAM : c’est « good » pour Pitch Promotion

27 juin

Crédit Photo : SAGL

A Compans (77), un ensemble de 20.000 m2 (entrepôt + 1600 m2 de bureaux) sera livré en 2012 avec l’objectif d’obtenir le niveau «Good» de la certification BREEAM. Ce projet, porté par Pitch promotion, a été conçu par SAGL.
Pour l’obtention de la certification, trois phases du cycle de vie du bâtiment ont été particulièrement soignées, avec des réponses environnementales et sociales appropriées :


La conception

-    La qualité acoustique a été un enjeu important dans la mesure où le bâtiment sera implanté à proximité d’un aéroport. Les solutions apportées seront mesurées « in situ », comme l’exige la certification BREEAM, ce qui va au-delà des évaluations traditionnelles liées aux études.
-    Autre volet très encadré par la règlementation, la sécurité incendie, qui a fait également l’objet d’une étude spécifique. Cette dernière visait à évaluer le temps de signalisation de l’incendie aux employés, l’efficacité du désenfumage, les temps d’évacuation des personnes, etc.
-    Enfin, le confort des utilisateurs sera accentué grâce à une terrasse accessible directement à partir des bureaux. Par ailleurs, une autre terrasse (non accessible) sera végétalisée.

Crédit Photo : SAGL

Le chantier

De façon très classique pour un bâtiment qui vise une certification environnementale, le chantier sera géré de manière responsable : mesure d’impact et de consommation d’énergie, gestion des déchets, etc.

Crédit photo : SAGL


L’exploitation

Si l’on retrouvera des solutions assez habituelles en matière d’économie de ressources (production d’eau chaude solaire pour les sanitaires des bureaux, récupération des eaux pluviales, équipement de détection des fuites d’eau), c’est du côté de la gestion des installations que portera l’innovation. En effet, le contrôle des consommations sera piloté par un système de gestion technique centralisé.

 

« La qualité d’une plateforme logistique est un critère de durabilité »

20 juin

Frédéric Larroumets, Directeur du patrimoine de la société Argan, revient sur les actions durables menées sur les projets logistiques. Il souligne notamment comment équilibrer le triptyque économique, environnemental et social . Interview.

Comment présenter le développement durable en atout pour la logistique ?

La démarche de développement durable d’Argan est avant tout pragmatique. Les parties prenantes, dont au premier chef nos clients, attendent des solutions pérennes et adaptées à leurs besoins. C’est pourquoi nous cherchons à réaliser des ouvrages qui s’inscrivent sur le long terme en fonction de leur utilisation. La qualité de la conception tout comme le choix des matériaux sont des gages de durabilité du bâtiment.
Le pragmatisme se décline également en matière d’investissement : il est important de présenter l’intérêt économique d’une solution écologique. C’est pourquoi nous évaluons le retour sur investissement de chaque option environnementale en tenant compte des conditions d’utilisation. C’est un exercice qui n’est pas toujours facile mais c’est une manière de sensibiliser l’utilisateur et de l’aider dans ces choix.

Arrêtons-nous sur le volet économique : quelle est votre approche pour limiter les coûts, voire les surcoûts ?

Le premier levier décisif pour réaliser des bâtiments performants est d’étudier un projet très en amont. A ce stade, le choix de l’implantation du bâtiment offre des perspectives d’économies non négligeables.
Ensuite, nous étudions chaque poste de coût avec un objectif d’optimisation économique et écologique. Pour certains postes, nous arrivons à la neutralité économique mais dans tous les cas l’impact environnemental est réduit de manière significative.
Il faut noter enfin que le manque de recul sur la mise en œuvre de solutions innovantes ne permet pas encore de garantir un retour sur investissement précis. Mais nous créons de l’expérience et sommes partie prenante du groupe de travail mené par Afilog sur la mise en place d’une plateforme d’informations sur les consommations des bâtiments. Cet outil permettra d’avoir un benchmark large sur lequel nous pourrons nous appuyer lors de nos préconisations d’optimisation.

A ce propos, comment faites-vous le lien entre efficacité énergétique et performance environnementale ?

Dans notre démarche d’efficacité énergétique, nous traduisons les économies d’énergie en économies d’émissions de CO2. C’est un des volets de notre approche environnementale qui aborde d’autres dimensions : gestion de l’eau, intégration paysagère, etc. A ce propos, nous menons une réflexion approfondie qui peut nous amener à mettre en œuvre des actions innovantes, comme par exemple l’intégration d’un potager, apprécié des utilisateurs.
Nous avions enfin des projets d’équipements de panneaux photovoltaïques, qui constituaient une alternative viable en matière énergétique. Ces projets ont été suspendus faute de visibilité. Je regrette cette évolution de la réglementation car les bâtiments logistiques offraient de réels atouts pour le développement de cette énergie verte (pas de nuisance visuelle, grande surface de toiture, acteurs très impliqués).

Pour finir, un mot sur l’aspect social ?

Nous sommes persuadés que le bâtiment et son intégration contribuent au bien-être des utilisateurs. C’est pourquoi nous portons nos efforts sur les cibles de confort du référentiel HQE ( comme par exemple la clarté des entrepôts) mais aussi sur des points plus spécifiques tels que les voies de circulation des personnes.

 

« La réhabilitation va devenir un véritable enjeu »

31 mai

Hartmann (Belleville), par Goodman

Selon l’enquête de Kurt Salomon/Generix, la performance de l’activité logistique est plutôt bien mesurée avec des indicateurs économiques (réductions des coûts de transport, baisse des stocks, etc.) mais souffre d’indicateurs sur le volet environnemental.

Olivier Barge, Head of Technical de la société Goodman, nous livre son point de vue sur l’immobilier logistique durable. Il illustre notamment le lien nécessaire entre l’économie et l’environnement.

Quelle est l’approche de Goodman en matière de développement durable ?

Olivier Barge : Nous menons systématiquement une réflexion environnementale sur tous les entrepôts logistiques, même si nos clients n’en formulent pas la demande, à savoir la plupart du temps. Avec la crise, les besoins se focalisent principalement sur des bâtiments fonctionnels et bien localisés. Mais si les attentes environnementales restent encore marginales, nous sommes persuadés que le bâtiment vert sera incontournable dans quelques années.

Comment convaincre vos clients de vous suivre dans cette voie ?

O.B. : le retour sur investissement d’un bâtiment performant économiquement et écologiquement est encore difficile à mesurer. Nous savons que ce type d’entrepôts coûte de 5 à 15 % plus cher. Nos clients hésitent donc à investir sur des bâtiments environnementaux sans avoir de visibilité sur les économies futures. C’est pourquoi Goodman mène une réflexion sur la garantie d’un coût énergétique au m2 à l’utilisation. Dans cette démarche, nous en sommes à la phase d’investigation sur des bâtiments performants : le suivi de leur consommation nous permettra de comprendre les impacts des solutions apportées. Nous pourrons alors bâtir des outils de gestion des consommations et garantir le gain économique lié à l’efficacité énergétique.

La certification est-elle un levier supplémentaire pour motiver les parties prenantes ?

O.B. : Les groupes positionnés sur le luxe par exemple sont attentifs à leur image et la certification répond à leurs attentes. Mais pour la majorité des acteurs, la certification n’est pas prioritaire. Goodman a pour sa part une expérience réussie sur la certification HQE. Pourtant, notre rayonnement international nous amène à étudier d’autres labels. La certification BREEAM retient notre attention puisqu’elle est assez proche de l’HQE tout en ayant une reconnaissance internationale.

Les nouveaux bâtiments captent l’essentiel de l’attention alors que la fin de vie des bâtiments est rarement évoquée, pouvez-vous illustrer votre démarche sur ce cycle un peu oublié ?

O.B. : Nous pensons que la réhabilitation va devenir un enjeu majeur dans la mesure où le foncier se raréfie et que certains entrepôts vieillissants méritent d’être optimisés. Goodman vient de livrer un nouveau bâtiment* (45000 m2) issu de la réhabilitation de deux bâtiments anciens (15000 m2 chacun). L’approche environnementale a été plébiscitée sur ce projet puisque les matériaux de la démolition des deux bâtiments existants ont été recyclés dans le nouveau bâtiment (recyclage du béton pour les fondations et voiries, réutilisation de la charpente métallique et des briques en terre cuite). Cette solution de recyclage des matériaux s’est traduite par une réduction des coûts. Nous avons également mis en place un éclairage mixte (blanc et jaune alterné) pour concilier confort d’utilisation et maîtrise des coûts.  La réhabilitation présente donc de multiples atouts.

*Note de la rédaction : bâtiment réalisé avec le concours de SAGL