RSS
 

Posts Tagged ‘efficacité énergétique’

Logistique et développement durable : une réalité ?

03 avr

source Afnor

Le Club Demeter associé à CPV viennent de livrer leur baromètre 2012 Environnement et Logistique. L’étude passe en revue l’engagement des membres du club dans le développement durable. Le panel est constitué majoritairement de prestataires et d’industriels, et dans une moindre mesure de distributeurs.

Des motivations et des actes

Pour le panel, les premières motivations d’engagement dans une démarche de développement durable sont la prise de conscience d’un devoir d’action (79%) et d’apporter une meilleure réponse aux clients (57%). Viennent ensuite les enjeux d’optimisation des coûts (18%) et d’image (11%), qui sont peu prioritaires sur le plan stratégique. Tout le contraire sur le plan opérationnel puisque les principaux projets durables pour 2012 sont les suivants : optimisation du transport pour les distributeurs (71%), gestion de l’énergie pour les prestataires (45%) et certification de la démarche (> 27%).

Durable = environnemental

Le questionnaire étudie les 3 dimensions du développement durable (économique, social, environnemental) et le dialogue avec les parties prenantes, mais on constate que la très grande majorité des actions réalisées concerne l’environnement : éco-conception, recyclage, réduction de CO2, gestion de l’eau, efficacité énergétique, tri des déchets. La dimension sociale / sociétale reste timidement mise en œuvre alors que le volet économique reste en filigrane de toutes les actions.

A propos du dialogue avec les parties prenantes, il se focalise sur les partenaires directs, à savoir les concurrents principalement. Dans le domaine de l’immobilier, on voit que les partenaires sont amenés à travailler davantage ensemble : promoteur, architectes et cabinets d’ingénierie, collectivité territoriales, etc.

Mesure de la performance

Là encore, les principaux indicateurs portent sur l’environnement : émissions de CO2, impact environnemental, eau, etc. Mais les entreprises éprouvent des difficultés à mesurer leur performance : manque de référentiel, complexité des indicateurs actuels. Enfin, les indicateurs économiques et sociaux sont faiblement relevés.

Le coût du développement durable

L’étude vient tordre le cou à une idée reçue qu’une démarche durable est chère puisque plus des 3/4 des personnes interrogées estiment que leurs projets « responsables » génèrent de faibles surcoûts voire aucun surcoût.

Conclusion

Cette étude montre que les entreprises s’engagent dans le développement durable mais qu’elles ont des difficultés à le mettre en œuvre sur toutes les dimensions. Elles privilégient les actions environnementales, qui se traduisent par une meilleure performance économique.
Pour les aider à mieux structurer leurs actions, le référentiel Iso 26000 peut être utilisé comme un guide. Nous présentons ci-dessous les grands thèmes (questions centrales) que doivent aborder les entreprises pour exercer leur Responsabilité Sociétale de manière globale et cohérente. Et pour voir les outils de diagnostic gratuits et les grandes lignes de l’iso 26000, cliquer ici.

Voir le détail de l’étude : cliquer ici

source Afnor
 

Une plateforme logistique « supergreen » à Chicago

19 mar

Comment un bâtiment logistique peut acquérir un niveau platinum avec le référentiel LEED ? Avec des équipements d’efficacité environnementale pléthoriques ! Découverte outre atlantique, à Chicago, d’un bâtiment logistique innovant.


Le distributeur de produits frais Testa a voulu se doter d’un entrepôt résolument « vert » pour accompagner sa stratégie durable, ancrée sur des approvisionnements de produits locaux. Le bâtiment cumule les équipements permettant de limiter son empreinte environnementale :

  • Eolienne d’une puissance de 750kW
  • Panneaux solaires, pour la recharge des véhicules électriques
  • Eclairage LED
  • Chauffe-eau solaire
  • Toiture végétalisée sur un peu plus de 4000 m2
  • Récupération des eaux de pluie

Panneaux photovoltaïques pour recharger les véhicules électriques

 

 

Voir plus de photos et un complément sur le projet : cliquer ici

Crédit Photo : Epstein

 
 

Un entrepôt froid, performant et évolutif

20 fév

Le nouvel entrepôt froid de Pitch Promotion à Wissous vient d’être livré. Cette plateforme développe environ 28000 m2 dédiés à la logistique (dont 2000 m2 de bureaux), répond à de nombreuses contraintes et s’inscrit dans une démarche HQE. Revue de détails avec Philippe Lauzanne, Responsable de programme Pitch Promotion.

Pour commencer, parlez-nous des atouts du foncier de ce projet ?

Cette plateforme est située à Orly, sur les terrains appartenant à Aéroport De Paris. Ce foncier présente de nombreux atouts pour les activités logistiques : Surfaces importantes et planes, proximité de Paris et desserte par les autoroutes A6 et A10.

La construction en zone aéroportuaire est néanmoins contraignante ?

Effectivement, la conception et la construction du bâtiment doivent prendre en compte des contraintes spécifiques. En l’occurrence, il a fallu tenir compte des servitudes radio-électriques (radars) pour implanter le bâtiment et définir son gabarit. De même, pendant les travaux, nous avons travaillé avec les services de la navigation aérienne afin de valider le procédé de construction du bâtiment et les moyens de levage utilisés.

Quelles sont les spécificités du bâtiment ?

Le premier challenge a été de réaliser ce bâtiment en un temps record : 7 mois et 1 semaine  entre le premier coup de pelle et la livraison.
Nous avons ensuite réalisé un entrepôt « banalisable » : il est aujourd’hui exploité en froid positif (+2°C) mais il peut évoluer en entrepôt sec selon les besoins de l’exploitant.
Enfin, l’accent a été mis sur la performance énergétique : une priorité pour un bâtiment froid par nature énergivore.

Plateforme logistique Pitch Promotion - Image SAGL

Justement, comment avez-vous procédé pour doper l’efficacité énergétique ?

La production de froid est réalisée en utilisant de l’ammoniac comme fluide frigorigène, qui a un excellent rendement. Cette installation de production de froid est également utilisée pour climatiser les bureaux l’été et pour les chauffer l’hiver via un système de récupération des calories : on optimise ainsi ses performances et son rendement.
Cette installation de « froid »  est par ailleurs dotée d’un système de supervision qui permet le suivi des consommations en temps réel et le pilotage à distance. Le suivi des consommations d’électricité et d’eau est également centralisé sur une GTB. L’eau nécessaire à la production du froid est puisée dans une nappe à 150 m de profondeur.

Pour conclure, un mot sur la certification HQE ?  

Il est important pour nous d’inscrire nos projets dans une démarche responsable sur le plan environnemental. C’est d’ailleurs une attente forte de nos clients et de leurs collaborateurs qui utilisent les entrepôts.
Enfin, c’est une réelle satisfaction de concevoir et de réaliser des programmes dont les réflexions environnementales sont abouties.

Focus sur les façades par Cécile Audino, responsable de ce projet chez SAGL :

« Les différentes teintes et sens de pose des vêtures de façades ont permis de souligner le jeu des volumétries du bâtiment, minimisant l’impact visuel d’ensemble et dynamisant le projet. Le rendu esthétique a été apprécié tant par les utilisateurs que par l’ensemble de l’équipe, du promoteur aux entreprises titulaires des lots de façade (FACE & INDUSTISOL) ».

 

Gazeley à Dole : un concentré de solutions environnementales

30 jan

Gazeley - Dole

A l’automne dernier était inaugurée à Dole la nouvelle plateforme de Gazeley pour StanleyBlack&Decker. Marie-Laure Lebrat, Procurement and Sustainability Manager chez Gazeley, détaille pour Blog-durable les spécificités environnementales et sociales de cet entrepôt certifié HQE.

Afin de mettre en perspective ce nouveau bâtiment, pouvez-vous rappeler en deux mots la stratégie de Gazeley ?

Notre société a intégré le développement durable dans sa stratégie en 2002 avec une ambition de devenir un leader sur les bâtiments durables. Nous avons depuis mené de nombreuses études et expérimenté de multiples procédés afin d’accroitre la performance environnementale et sociale de nos bâtiments. La plateforme de Dole est finalement le résultat de ces travaux.

Quels sont les points remarquables en matière de performance environnementale ?

Cet entrepôt bénéficie de plusieurs atouts visant à réduire la consommation de ressources, prioritaire pour notre client. Et par voie de conséquence, la performance environnementale s’en trouve améliorée. Ci-dessous quelques exemples :

  • L’enveloppe du bâtiment : nous avons mis en œuvre des solutions éprouvées en matière d’isolation afin d’optimiser le recours aux matériaux par rapport aux gains de chauffage. Par ailleurs, l’éclairage a été particulièrement soigné dès le début du projet compte tenu de ses impacts économiques mais aussi pour le confort des utilisateurs. Nous avons donc largement privilégié l’éclairage naturel, opté pour des lampes fluorescentes économes et disposé des capteurs de présence dans les bureaux et de luminosité dans les cellules d’activités.
  • Les équipements : ce bâtiment bénéficie d’un système de gestion technique centralisé pour le chauffage et l’éclairage. Notre client peut piloter l’éclairage grâce à la programmation de plages d’éclairage et suivre ses consommations en continu. Nous avons également placé des panneaux solaires thermiques pour l’eau chaude des sanitaires et des réservoirs pour la récupération des eaux de pluie (objectif de réduction de 50 %). Enfin, un parking à vélos a été créé pour encourager la mobilité douce.

D’une manière générale, nous avons une approche globale pour limiter la consommation de ressources (énergie, eau) et permettre au bâtiment de produire une partie de ses besoins énergétiques. Nous avons par exemple implanté sur certains bâtiments une éolienne ou des panneaux photovoltaïques pour contribuer à l’alimentation énergétique du local sprinkler.

Qu’en est-il de l’intégration paysagère ?

Le programme de ce projet définissait une allocation de 30 % de la surface aux espaces verts. Cette exigence nous a permis d’imaginer une intégration paysagère et architecturale ambitieuse, qui a été saluée par les parties prenantes (riverains et élus locaux). A titre d’exemple, les bassins de rétention ont été limités et en partie substitué par le parking qui remplit cette fonction de rétention grâce à des bordures rehaussées (NDLR). D’autres détails marquent notre intérêt pour la biodiversité avec la présence de nichoirs et « d’hôtels à insectes ».

Gazeley (Dole) : nichoirs, bordures rehaussées - hôtel à insectes

D’autres points à noter sur cet entrepôt ?

Pour nos clients comme pour nous, le confort des utilisateurs est prépondérant. Pour ce bâtiment, l’acoustique a été améliorée grâce à des cloisons en verre pour confiner le bruit à des espaces plus petits. Par ailleurs, l’éclairage naturel dans les bureaux et les larges ouvertures sur les espaces verts ont fortement contribué au confort visuel des utilisateurs.

Un mot sur le choix de la certification HQE ?

Le choix de la certification est pris en concertation avec les exploitants : s’ils mettent l’accent sur le rayonnement national, ils portent leur voix sur la certification HQE qui est très reconnue en France. A contrario, nous avons le cas d’entreprises étrangères (américaines ou britanniques) qui optent pour LEED ou BREEAM pour que leur engagement soit reconnu auprès des collaborateurs de leur groupe.
Pour notre part, nous avons été impliqués très tôt auprès d’Afilog pour contribuer à la naissance de la norme HQE et nous faisons certifier un grand nombre de bâtiments sous les trois référentiels : nous nous adaptons donc aux besoins de nos clients.

Gazeley (Dole) : profil HQE

 
 

Certivéa innove avec un référentiel enrichi et un affichage gradué

28 sept

La concurrence féroce entre les labels environnementaux des bâtiments pousse les acteurs à innover. Certivéa propose en cette rentrée 2011 deux innovations pour rester parmi les opérateurs référents : un référentiel bâtiments tertiaires remodelé et plus complet ainsi qu’un passeport HQE.

Un référentiel « Nouvelle génération »

Le nouveau millésime de référentiel de certification pour la construction des bâtiments tertiaires a été conçu pour répondre à deux attentes du marché :
-    La simplification. A présent, un seul et même référentiel « générique » s’applique à tout type de bâtiment non résidentiel.
-   L’internationalisation. Pour contrer les critiques d’un outil trop franco français, le nouveau référentiel devient compatible avec les exigences de la norme EN TC 350 (cf. Certivéa) et avec les indicateurs internationaux portés par la Sustainable Building Alliance (www.sballiance.org). Certivéa affiche également la volonté de suivre les évolutions règlementaires nationales et internationales en matière d’énergie, d’environnement, de santé et de confort. Enfin, pour être certifié, un bâtiment devra atteindre à minima le niveau BBC sur l’énergie.
Pour en savoir plus sur ce nouveau millésime, voir le communiqué de presse

Le nouvel affichage environnemental HQE

Nous l’avions évoqué lors d’un précédent article (voir le billet du 21 juillet), la certification HQE ne permettait pas de rendre visible les différents niveaux de performance d’un bâtiment certifié, contrairement à la certification BREEAM. L’association HQE et Certivéa viennent de corriger cette lacune en proposant le Passeport Bâtiment Durable.
L’objectif est de présenter les performances des bâtiments sur 4 grands thèmes (l’énergie, l’environnement, le confort, la santé) avec une échelle de 4 étoiles. Le nombre d’étoiles est ensuite agrégé pour calculer l’évaluation globale du bâtiment sur 4 niveaux (bon, très bon, excellent, exceptionnel). On se rapproche donc fortement de l’évaluation BREEAM.
Plus de détails sur les modalités de calculs de l’évaluation, voir le dossier Certivéa. Pour connaître les premiers bâtiments détenteurs du passeport, voir l’article sur cleantechrepublic.

Ces évolutions vous semblent-elles convaincantes ? Sont-elles suffisantes pour que vous puissiez arbitrer en faveur de l’HQE sur des projets internationaux ? Faîtes-nous part de vos avis et commentaires.

 

Sélection d’innovations pour un bâtiment intelligent

12 sept

Le site Internet Cleantech Republic recense les innovations technologiques « propres ». Si la production d’énergie alternative est régulièrement au cœur des nouveautés, le secteur du bâtiment n’est pas en reste.
Découverte des dernières solutions innovantes repérées lors d’une journée dédiée au bâtiment intelligent.

La triple certification environnementale des bâtiments

Alors que l’offre de certification environnementale se focalise sur 3 principaux acteurs (HQE, BREEAM et LEED), le cabinet d’ingénierie Sinteo propose la triple certification. Ce cabinet propose en outre la mesure de l’énergie « grise » nécessaire à la construction d’un bâtiment.  www.sinteo.fr

Anticiper les besoins d’énergie en intégrant la météo

Les bâtiments intelligents ont recours à la gestion pilotée du chauffage. La jeune start-up Effigénie propose une solution logicielle qui permet d’intégrer les prévisions météo au système de gestion. Des variations climatiques anticipées permettent de mieux gérer la température du bâtiment. Une promesse d’efficacité énergétique de 20%. www.effigenie.com

Connaître la consommation d’énergie dès l’esquisse

Les logiciels de conception de bâtiments s’enrichissent de fonctions de calcul d’impact énergétique. Sylvain Marie, d’Archiwizard, a présenté son logiciel de simulation thermique 3D adapté à la RT 2012 et assure pouvoir évaluer l’impact énergétique dès l’esquisse. www.archiwizard.fr

L’impact environnemental des matériaux

Afin de faciliter le calcul de l’impact environnemental global d’un bâtiment, les producteurs de matériaux apportent leur pierre à l’édifice. Par exemple, Lafarge travaille sur l’impact CO2 de leurs produits. Ces données fiables, selon Alain Birault (directeur de la prospective construction durable) implémentent l’outil « Bilan Carbone » de l’Ademe. Suite à ces calculs d’impact, L’Ademe a réajusté l’impact CO2 du béton à la baisse, et même fortement (divisé par 4). A ce sujet, selon une étude Ademe / CSTB pour une maison individuelle, l’impact en Kg de CO2 / m2 construit est de 140 Kg pour le bois, 150 Kg pour le bloc béton comme la brique. Voir l’interview.

Pour voir toutes les interviews et les autres thèmes de la journée : voir webTV Théma bâtiments intelligents

 

Un outil pour concilier performance énergétique et confort

29 juil

On le sait, le comportement des utilisateurs influence fortement la consommation globale d’un bâtiment. Mais une fois ce constat posé, quelles solutions mettre en œuvre pour sensibiliser et responsabiliser les utilisateurs à l’efficacité énergétique, sans pour autant limiter leur confort ?

Pour répondre à ce défi, de nombreux groupements d’entreprises se créent. Le GIE Enjeu Energie Positive a récemment présenté sa solution, nommée POEM, réalisée par Intel, Schneider Electric, Siemens et Lexmark et en collaboration avec le MIT. Le logiciel POEM, installé sur le poste de travail des collaborateurs, permet de les informer en temps réel sur l’impact de leur comportement sur la consommation globale du bâtiment. POEM est interactif : les utilisateurs peuvent transmettre au gestionnaire du bâtiment un éventuel sentiment d’inconfort.

Il reste à présent à voir l’utilité de ce type d’outil grâce à un retour d’expérience. On sait déjà que Google vient d’abandonner son projet « Powermeter » (projet assez similaire adapté aux particuliers) faute d’utilisateurs.

En savoir plus : documentation POEM ou l’article de cleantech-republic

 

«La certification BREEAM offre davantage de lisibilité qu’HQE»

21 juil

bâtiment Pitch Promotion vise "good" (Breeam)

Le paysage de la certification environnementale français est de plus en plus marqué par la certification anglaise BREEAM, alors que la certification américaine LEED peine à percer. La position de force de la certification HQE s’atténue.
Témoin de ces évolutions, Thierry Griveaux, architecte à l’agence SAGL, nous fait part de son point de vue et relaye également le sentiment des exploitants et maîtres d’ouvrages sur les certifications BREEAM / HQE.

Pouvez-vous rapidement retracer le contexte de ces certifications ?

Historiquement, BREEAM a l’antériorité et son rayonnement va au-delà du territoire britannique. D’ailleurs BREEAM se positionne comme la norme européenne des bâtiments environnementaux.
De son côté, la certification HQE est la plus couramment utilisée en France. Son périmètre d’application est exclusivement le territoire français, c’est la première différence avec BREEAM. Et malgré des tentatives de rapprochements ou d’équivalence entre BREEAM et HQE, ces dernières peinent à aboutir. Ce qui contraint certains  exploitants à rechercher une double certification.

Cette différence d’application géographique a-t-elle un impact important ?

Au-delà d’un avantage pour BREEAM, c’est surtout un point très pénalisant pour HQE. Des entreprises internationales, comme des transporteurs, exigent une visibilité équivalente à leur rayonnement mondial. Le cantonnement franco français de l’HQE est alors rédhibitoire car il ne faut pas oublier que la certification est un levier de valorisation.

Quelles sont les autres divergences ?

La philosophie des deux référentiels est très différente :
-    HQE offre la possibilité de choisir parmi 14 cibles, il s’agit donc d’un référentiel ouvert où chacun fait son marché. Cette souplesse permet éventuellement de sélectionner des cibles moins contraignantes pour l’obtention de la certification. Au final, deux bâtiments qui bénéficient d’une même certification HQE n’auront pas le même niveau d’efficacité environnementale en fonction des cibles choisies. La comparabilité n’est donc pas possible.
-    A contrario, BREEAM propose une grille plus standardisée qui permet une évaluation graduelle d’un bâtiment. Ce côté très formel peut être perçu comme une lourdeur mais au final on a une meilleure visibilité de l’efficacité d’un bâtiment, d’autant qu’elle est évaluée sur une échelle de performance de «passable» à «excellent». C’est selon moi plus transparent.

L’audit des certifications est par conséquent lui aussi différent ?

Effectivement, à partir du moment où le référentiel HQE est ouvert, on a le sentiment que l’approche de l’auditeur HQE peux être plus subjective qu’un audit BREEAM, axé autour d’une grille plus stricte d’évaluation. Ce sentiment est renforcé par le fait que les auditeurs HQE ne sont pas forcément issus du bâtiment. On peut ajouter à ce stade que les audits BREEAM sont très exigeants, avec des vérifications in-situ.

Voyez-vous d’autres différences entre les deux certifications ?

Le volet social, avec notamment les cibles « confort », est mieux évalué avec HQE.
Par ailleurs, si les 2 référentiels sont pauvres sur les aspects gestion des espaces verts (dont déchets) ou l’intégration paysagère, une réflexion d’HQE commence à émerger sur la préservation de la biodiversité, ce qui va dans le bon sens. Autre thème peu présent dans les référentiels, la fin de vie du bâtiment. Cette phase du cycle de vie n’a pas un impact marginal. Mais là encore, il est possible d’évaluer certaines démarches via l’HQE, mais de manière indirecte (valorisation de matériaux recyclés par l’utilisation de «ressources sur place», «absence de transport»).

Un mot de conclusion sur les certifications environnementales ?

L’évaluation des démarches de développement durable est une bonne chose. Cela permet de guider nos efforts sur certains thèmes.
Néanmoins, je profite de cet espace de débat pour en soulever un. Selon moi, certaines cibles ou critères environnementaux sont de faux amis, à savoir qu’ils n’ont rien de durables lorsqu’ils sont étudiés de manière globale. Prenons par exemple le cas de la récupération des eaux pluviales. D’une part, la viabilité économique (retour sur investissement) est peu certaine compte tenu des aménagements importants et des installations couteuses. D’autre part, ces mêmes aménagements et installations ont également un impact environnemental fort : au niveau de la fabrication, de l’exploitation, de l’entretien et maintenance et en fin de vie. Ce cout écologique est sans doute supérieur aux gains de m3 d’eau du réseau non consommés. Le bilan économique et écologique de la récupération des eaux pluviales n’est probablement pas si favorable à la solution dite «durable». Et cet exemple n’est pas unique : le cas de la production d’eau chaude sanitaire solaire en est un autre.
Il est donc sans doute plus pertinent économiquement et écologiquement de traiter à la source les problèmes des consommations d’eau, intégrer des plantations nécessitant peu ou pas d’arrosage, mettre en œuvre des équipements sanitaires hydro-économes. Bref, proposer une démarche de Développement Durable raisonnée.

Dernière interrogation sur les critères environnementaux HQE et BREEAM : comment et avec quelle réactivité vont-ils évoluer pour suivre les progrès technologiques (nouveaux matériaux), les nouvelles filières ou les enjeux écologiques naissants ?

 
 

En bref :chauffage économique et écologique grâce aux façades

09 juin

Le concept n’est pas nouveau mais il s’inscrit dans les technologies de production d’énergies renouvelables : le mur solaire.
Pour répondre aux besoins de chauffage tout en limitant l’empreinte carbone, le bois est une solution assez classique. Le soleil, préféré pour la production et la vente d’électricité via le photovoltaïque, présente également des atouts pour tempérer un bâtiment.

L’entreprise canadienne Conserval Engineering propose d’équiper les façades des bâtiments avec un bardage particulier auquel s’ajoute un système de ventilation distribuant l’air chaud au sein du bâtiment.
Le fabricant revendique un retour sur investissement court et présente de nombreux témoignages de clients comme Auchan en Hongrie qui révèle avoir économisé plus de 245 000 kWh d’énergie par an et évité l’émission de plus de 59 tonnes de CO2 grâce à 522,5m² de Solar-Wall®.

 

« Préserver la biodiversité sur les plateformes logistiques »

29 avr

Biodiversité - Plateforme logistique

bLOG-durable.net poursuit ses entretiens avec les acteurs de la logistique durable et publie l’interview avec Laurent Payet, Directeur Général de Dauchez Payet, agence conseil spécialisée dans la construction durable (property management et ingénierie de la performance environnementale).

Quelles sont les caractéristiques majeures que doivent intégrer un bâtiment logistique «environnemental» ?

Le débat actuel porte essentiellement sur l’arbitrage entre l’efficacité thermique et l’éclairage naturel. Le premier poste étant celui qui accapare les budgets majeurs en matière d’études aux dépens de l’éclairage, qui offre également de réels leviers d’économies grâce à des solutions techniques avérées. Sur ces deux postes, les gains en terme d’efficacité énergétique varient entre 30 à 50 %, grâce à une automatisation des systèmes de contrôle.
Une fois ces postes optimisés, la production d’énergie pour les sites industriels reste la troisième voie intéressante à envisager, pour compenser les consommations restantes. Cela permet de viser des objectifs de basse consommation ou tendre vers la neutralité carbone. Attention sur ce dernier point, si la production d’électricité est vendue à un tarif subventionné, les « certificats d’émissions de CO2 » seront crédités à celui qui achète l’électricité « verte ». Il faut donc être prudent quant aux effets d’annonce sur les bâtiments à énergie positive ou « carbone neutre ».

La traduction de la performance énergétique en terme de réduction d’émissions de CO2 est-elle une attente de marché ?

Plusieurs acteurs, notamment des chargeurs, expriment aujourd’hui des demandes en ce sens. Ce n’est certes pas fréquent, mais certains clients fixent des objectifs précis, comme l’émission de 100 tonnes d’Eq. CO2 / an alors que la référence de marché tourne plutôt à 1000 tonnes. Ces 100 tonnes reviennent aux usages électriques incompressibles : l’éclairage, les auxiliaires, la ventilation et le chauffage des bureaux. Les autres 900 tonnes peuvent être « effacées » grâce à un bouquet bien pensé d’initiatives techniques puis par la substitution du gaz par le bois pour le chauffage de la zone de stockage.
L’approche carbone appelle une réflexion plus globale. En effet, l’envolée récente des prix des énergies fossiles plaide pour d’autres choix énergétiques moins carbonés. Et parallèlement, le coup de frein sur le photovoltaïque montre que le développement d’énergies alternatives sous perfusion de subventions n’est pas viable durablement. Une solution écologique doit être une solution rentable et autonome.

Quel point mériterait selon vous d’être davantage développé dans la construction logistique ?

La préservation de la biodiversité me tient à cœur car on peut faire beaucoup avec très peu de moyens. Et malheureusement, le sujet est souvent négligé même si les collectivités locales se préoccupent progressivement de la biodiversité dans leurs cahiers des charges, comme par exemple l’intégration paysagère. Il faut avoir à l’esprit que la perméabilité des sols est le premier impact sur la biodiversité. Ensuite l’entretien des espaces verts avec des produits phytosanitaires peut poser de problèmes. Bien sûr, préserver la biodiversité offre de multiples avantages : rupture de la monotonie paysagère et donc confort des utilisateurs, entretien plus économique. A titre d’exemple, un aménageur a souhaité mettre en place des nichoirs : si l’opération reste anecdotique, elle témoigne de l’intérêt pour l’environnement particulièrement apprécié des utilisateurs, qui y sont très sensibles.

Plus de détail sur les réalisations de Dauchez Payet : www.dauchezpayet.fr