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Posts Tagged ‘certification HQE’

Bâtiments HQE : le point sur leurs performances

31 mai

L’association HQE a publié en mars dernier un bilan de la performance des bâtiments HQE en France. Ce bilan a été établi sur un retour d’expériences de 74 bâtiments, dont 14 dédiés à l’activité tertiaire. Bien que nous n’ayons pas de données directement liées aux plateformes logistiques, certains résultats méritent notre attention, ne serait-ce que pour valider s’ils sont pertinents dans le cadre des entrepôts.

HQE Performance 2011 dresse un bilan sur 3 grands thèmes : énergie – environnement, économie, santé – confort. Ci-dessous les points qui ont retenu notre attention :

  • Pour un même bâtiment, réduire la durée de vie de 100 a 50 ans, n’augmente que marginalement (entre 5 % et 10 %) les consommations d’énergie primaire,
  • Dans un bâtiment de bureaux basse consommation, les usages “réglementés” (le chauffage, les auxiliaires, l’eau chaude sanitaire, l’éclairage et la climatisation) représentent seulement 24 % de l’énergie primaire totale,
  • Prévoir une gestion technique centralisée des consommations et assurer un suivi régulier,
  • Les produits et équipements de construction pèsent au moins pour la moitié des émissions de Gaz à Effet de Serre,
  • Les bétons utilisant du ciment à taux réduits en CO2 ont un impact significatif sur les émissions de CO2 pour l’infrastructure et la superstructure du bâtiment,
  • Les produits de construction représentent au moins 70 % de la production de déchets inertes du bâtiment,
  • Environ 80 % des déchets dangereux du bâtiment sont liés au traitement des rejets d’eaux usées.

Des retours d’expériences et des pistes d’amélioration illustrent ces éléments.

Retrouvez le document complet Performance HQE en cliquant ici

 

Comparatif des certifications environnementales des bâtiments, et plus encore

23 mai

Le rapport « Construction durable : panorama des solutions techniques », produit par l’agence de conseil en développement durable Utopies, recense un éventail de solutions à mettre en œuvre pour un bâtiment performant sur le plan environnemental.

Ce document aborde les grands enjeux du bâtiment à travers 7 thèmes : la qualité de l’air extérieur, l’empreinte carbone du bâtiment, les Energies Nouvelles et Renouvelables (ENR), la gestion des eaux de pluie, la gestion durable des espaces extérieurs, les toitures végétalisées et les certifications. Sur ce dernier thème, le rapport présente (pages 12-13) une analyse comparative de sept labels environnementaux : HQE, Breeam, Leed, Minergie Eco (Suisse), Green Star (Australie), Casbee (Japon), SBTool (Canada). Les critères du comparatif reprennent les types de cibles, les enjeux couverts et les spécificités des labels.

Plus globalement, le rapport propose une approche pédagogique et pragmatique de la construction durable, étayée par des retours d’expériences. Nous suivrons avec intérêt la mise à jour de ce rapport édité en 2009.

Pour lire le rapport complet : cliquer ici

 
 

Un entrepôt froid, performant et évolutif

20 fév

Le nouvel entrepôt froid de Pitch Promotion à Wissous vient d’être livré. Cette plateforme développe environ 28000 m2 dédiés à la logistique (dont 2000 m2 de bureaux), répond à de nombreuses contraintes et s’inscrit dans une démarche HQE. Revue de détails avec Philippe Lauzanne, Responsable de programme Pitch Promotion.

Pour commencer, parlez-nous des atouts du foncier de ce projet ?

Cette plateforme est située à Orly, sur les terrains appartenant à Aéroport De Paris. Ce foncier présente de nombreux atouts pour les activités logistiques : Surfaces importantes et planes, proximité de Paris et desserte par les autoroutes A6 et A10.

La construction en zone aéroportuaire est néanmoins contraignante ?

Effectivement, la conception et la construction du bâtiment doivent prendre en compte des contraintes spécifiques. En l’occurrence, il a fallu tenir compte des servitudes radio-électriques (radars) pour implanter le bâtiment et définir son gabarit. De même, pendant les travaux, nous avons travaillé avec les services de la navigation aérienne afin de valider le procédé de construction du bâtiment et les moyens de levage utilisés.

Quelles sont les spécificités du bâtiment ?

Le premier challenge a été de réaliser ce bâtiment en un temps record : 7 mois et 1 semaine  entre le premier coup de pelle et la livraison.
Nous avons ensuite réalisé un entrepôt « banalisable » : il est aujourd’hui exploité en froid positif (+2°C) mais il peut évoluer en entrepôt sec selon les besoins de l’exploitant.
Enfin, l’accent a été mis sur la performance énergétique : une priorité pour un bâtiment froid par nature énergivore.

Plateforme logistique Pitch Promotion - Image SAGL

Justement, comment avez-vous procédé pour doper l’efficacité énergétique ?

La production de froid est réalisée en utilisant de l’ammoniac comme fluide frigorigène, qui a un excellent rendement. Cette installation de production de froid est également utilisée pour climatiser les bureaux l’été et pour les chauffer l’hiver via un système de récupération des calories : on optimise ainsi ses performances et son rendement.
Cette installation de « froid »  est par ailleurs dotée d’un système de supervision qui permet le suivi des consommations en temps réel et le pilotage à distance. Le suivi des consommations d’électricité et d’eau est également centralisé sur une GTB. L’eau nécessaire à la production du froid est puisée dans une nappe à 150 m de profondeur.

Pour conclure, un mot sur la certification HQE ?  

Il est important pour nous d’inscrire nos projets dans une démarche responsable sur le plan environnemental. C’est d’ailleurs une attente forte de nos clients et de leurs collaborateurs qui utilisent les entrepôts.
Enfin, c’est une réelle satisfaction de concevoir et de réaliser des programmes dont les réflexions environnementales sont abouties.

Focus sur les façades par Cécile Audino, responsable de ce projet chez SAGL :

« Les différentes teintes et sens de pose des vêtures de façades ont permis de souligner le jeu des volumétries du bâtiment, minimisant l’impact visuel d’ensemble et dynamisant le projet. Le rendu esthétique a été apprécié tant par les utilisateurs que par l’ensemble de l’équipe, du promoteur aux entreprises titulaires des lots de façade (FACE & INDUSTISOL) ».

 

Gazeley à Dole : un concentré de solutions environnementales

30 jan

Gazeley - Dole

A l’automne dernier était inaugurée à Dole la nouvelle plateforme de Gazeley pour StanleyBlack&Decker. Marie-Laure Lebrat, Procurement and Sustainability Manager chez Gazeley, détaille pour Blog-durable les spécificités environnementales et sociales de cet entrepôt certifié HQE.

Afin de mettre en perspective ce nouveau bâtiment, pouvez-vous rappeler en deux mots la stratégie de Gazeley ?

Notre société a intégré le développement durable dans sa stratégie en 2002 avec une ambition de devenir un leader sur les bâtiments durables. Nous avons depuis mené de nombreuses études et expérimenté de multiples procédés afin d’accroitre la performance environnementale et sociale de nos bâtiments. La plateforme de Dole est finalement le résultat de ces travaux.

Quels sont les points remarquables en matière de performance environnementale ?

Cet entrepôt bénéficie de plusieurs atouts visant à réduire la consommation de ressources, prioritaire pour notre client. Et par voie de conséquence, la performance environnementale s’en trouve améliorée. Ci-dessous quelques exemples :

  • L’enveloppe du bâtiment : nous avons mis en œuvre des solutions éprouvées en matière d’isolation afin d’optimiser le recours aux matériaux par rapport aux gains de chauffage. Par ailleurs, l’éclairage a été particulièrement soigné dès le début du projet compte tenu de ses impacts économiques mais aussi pour le confort des utilisateurs. Nous avons donc largement privilégié l’éclairage naturel, opté pour des lampes fluorescentes économes et disposé des capteurs de présence dans les bureaux et de luminosité dans les cellules d’activités.
  • Les équipements : ce bâtiment bénéficie d’un système de gestion technique centralisé pour le chauffage et l’éclairage. Notre client peut piloter l’éclairage grâce à la programmation de plages d’éclairage et suivre ses consommations en continu. Nous avons également placé des panneaux solaires thermiques pour l’eau chaude des sanitaires et des réservoirs pour la récupération des eaux de pluie (objectif de réduction de 50 %). Enfin, un parking à vélos a été créé pour encourager la mobilité douce.

D’une manière générale, nous avons une approche globale pour limiter la consommation de ressources (énergie, eau) et permettre au bâtiment de produire une partie de ses besoins énergétiques. Nous avons par exemple implanté sur certains bâtiments une éolienne ou des panneaux photovoltaïques pour contribuer à l’alimentation énergétique du local sprinkler.

Qu’en est-il de l’intégration paysagère ?

Le programme de ce projet définissait une allocation de 30 % de la surface aux espaces verts. Cette exigence nous a permis d’imaginer une intégration paysagère et architecturale ambitieuse, qui a été saluée par les parties prenantes (riverains et élus locaux). A titre d’exemple, les bassins de rétention ont été limités et en partie substitué par le parking qui remplit cette fonction de rétention grâce à des bordures rehaussées (NDLR). D’autres détails marquent notre intérêt pour la biodiversité avec la présence de nichoirs et « d’hôtels à insectes ».

Gazeley (Dole) : nichoirs, bordures rehaussées - hôtel à insectes

D’autres points à noter sur cet entrepôt ?

Pour nos clients comme pour nous, le confort des utilisateurs est prépondérant. Pour ce bâtiment, l’acoustique a été améliorée grâce à des cloisons en verre pour confiner le bruit à des espaces plus petits. Par ailleurs, l’éclairage naturel dans les bureaux et les larges ouvertures sur les espaces verts ont fortement contribué au confort visuel des utilisateurs.

Un mot sur le choix de la certification HQE ?

Le choix de la certification est pris en concertation avec les exploitants : s’ils mettent l’accent sur le rayonnement national, ils portent leur voix sur la certification HQE qui est très reconnue en France. A contrario, nous avons le cas d’entreprises étrangères (américaines ou britanniques) qui optent pour LEED ou BREEAM pour que leur engagement soit reconnu auprès des collaborateurs de leur groupe.
Pour notre part, nous avons été impliqués très tôt auprès d’Afilog pour contribuer à la naissance de la norme HQE et nous faisons certifier un grand nombre de bâtiments sous les trois référentiels : nous nous adaptons donc aux besoins de nos clients.

Gazeley (Dole) : profil HQE

 
 

Philippe Gallois, architecte : « Logistique urbaine, économie d’énergie et réhabilitation des bâtiments existants : 3 défis pour 2012 »

04 jan

Avant d’évoquer 2012, quelles réalisations ont retenu votre attention en 2011 ?

Philippe Gallois : Deux projets resteront marquants pour nous en 2011: la Zac des Aiguilles et Chapelle International.
Le premier parce que nous avons été lauréat d’un concours qui a duré trois ans et qui nous impactera pour les cinq ans à venir (parc d’activités d’Ensues-la-Redonne (13) sur 200.000 m2 avec une démarche globale HQE et une intégration paysagère approfondie).
Le second projet parce qu’il est le fruit d’une étroite collaboration avec Sogaris sur le premier concours en logistique urbaine, qui plus est dans la Capitale.

Plus globalement, quel bilan dressez-vous de l’année 2011 en matière de logistique durable ?

Philippe Gallois : 
2011 marquera sans aucun doute la prise de conscience des enjeux de la logistique urbaine avec les premiers projets en cours de concrétisation. Si le secteur en parlait beaucoup jusqu’ici, peu de projets sortaient.
Les innovations imaginées pour le projet Chapelle International marquent le début d’une nouvelle tendance qui devrait vite devenir une référence.
Mais souvenez-vous aussi que j’évoquais l’an passé le défi énergétique comme un enjeu majeur pour les années à venir.
Nous avons pu constater que cette tendance s’affirme chaque jour davantage par des bâtiments de plus en plus performants sur ce point.
Pour SAGL, plus de 90 % des bâtiments livrés ou étudiés en 2011 visent une certification HQE ou BREEAM, témoignage des exigences environnementales et énergétiques de nos clients. 
On ne regrettera que d’autant plus le coup d’arrêt porté aux installations photovoltaïques qui ralentira l’émergence de bâtiments à énergie positive.

Quelles perspectives se dessinent pour 2012 ?

Philippe Gallois : Les certifications environnementales (HQE) sont en cours de déploiement et demeurent à présent bien intégrées à nos processus de conception, tout comme la RT 2012 qui vient d’entrer en vigueur.
Des normalisations qui viendront désormais s’appliquer à ce que je considère comme le principal défi de demain et donc de 2012 : la logistique urbaine.
Le nombre de projets demeure encore très faible car ce sujet reste difficile à aborder par les collectivités locales qui réservent peu d’espaces pour cette nouvelle activité.
Mais les acteurs de la logistique se mobilisent pour faire évoluer les points de vue, à l’instar d’Afilog qui va publier d’ici la fin du mois un livre blanc consacré à cette thématique primordiale pour le dynamisme économique des régions et l’accompagnement des nouveaux modes de consommation.
Cette réflexion est indispensable pour accélérer la mise en œuvre de nouveaux bâtiments permettant d’accompagner le développement croissant de la livraison en ville, dopée notamment par le e-commerce.

La seconde tendance portera sur la réhabilitation des bâtiments. La qualité du foncier de certains bâtiments ainsi que les exigences en matière de réactivité et d’optimisation des coûts imposent d’améliorer les performances des entrepôts. SAGL travaille déjà sur plusieurs projets de réhabilitation. L’intégration l’an passé d’un BET (thermique, CVC, ICPE) au sein de l’agence, qui porte notre équipe à 40 collaborateurs,  nous permet de répondre plus rapidement et avec davantage de maîtrise à cette nouvelle tendance.

 
 

Certivéa innove avec un référentiel enrichi et un affichage gradué

28 sept

La concurrence féroce entre les labels environnementaux des bâtiments pousse les acteurs à innover. Certivéa propose en cette rentrée 2011 deux innovations pour rester parmi les opérateurs référents : un référentiel bâtiments tertiaires remodelé et plus complet ainsi qu’un passeport HQE.

Un référentiel « Nouvelle génération »

Le nouveau millésime de référentiel de certification pour la construction des bâtiments tertiaires a été conçu pour répondre à deux attentes du marché :
-    La simplification. A présent, un seul et même référentiel « générique » s’applique à tout type de bâtiment non résidentiel.
-   L’internationalisation. Pour contrer les critiques d’un outil trop franco français, le nouveau référentiel devient compatible avec les exigences de la norme EN TC 350 (cf. Certivéa) et avec les indicateurs internationaux portés par la Sustainable Building Alliance (www.sballiance.org). Certivéa affiche également la volonté de suivre les évolutions règlementaires nationales et internationales en matière d’énergie, d’environnement, de santé et de confort. Enfin, pour être certifié, un bâtiment devra atteindre à minima le niveau BBC sur l’énergie.
Pour en savoir plus sur ce nouveau millésime, voir le communiqué de presse

Le nouvel affichage environnemental HQE

Nous l’avions évoqué lors d’un précédent article (voir le billet du 21 juillet), la certification HQE ne permettait pas de rendre visible les différents niveaux de performance d’un bâtiment certifié, contrairement à la certification BREEAM. L’association HQE et Certivéa viennent de corriger cette lacune en proposant le Passeport Bâtiment Durable.
L’objectif est de présenter les performances des bâtiments sur 4 grands thèmes (l’énergie, l’environnement, le confort, la santé) avec une échelle de 4 étoiles. Le nombre d’étoiles est ensuite agrégé pour calculer l’évaluation globale du bâtiment sur 4 niveaux (bon, très bon, excellent, exceptionnel). On se rapproche donc fortement de l’évaluation BREEAM.
Plus de détails sur les modalités de calculs de l’évaluation, voir le dossier Certivéa. Pour connaître les premiers bâtiments détenteurs du passeport, voir l’article sur cleantechrepublic.

Ces évolutions vous semblent-elles convaincantes ? Sont-elles suffisantes pour que vous puissiez arbitrer en faveur de l’HQE sur des projets internationaux ? Faîtes-nous part de vos avis et commentaires.

 

Sélection d’innovations pour un bâtiment intelligent

12 sept

Le site Internet Cleantech Republic recense les innovations technologiques « propres ». Si la production d’énergie alternative est régulièrement au cœur des nouveautés, le secteur du bâtiment n’est pas en reste.
Découverte des dernières solutions innovantes repérées lors d’une journée dédiée au bâtiment intelligent.

La triple certification environnementale des bâtiments

Alors que l’offre de certification environnementale se focalise sur 3 principaux acteurs (HQE, BREEAM et LEED), le cabinet d’ingénierie Sinteo propose la triple certification. Ce cabinet propose en outre la mesure de l’énergie « grise » nécessaire à la construction d’un bâtiment.  www.sinteo.fr

Anticiper les besoins d’énergie en intégrant la météo

Les bâtiments intelligents ont recours à la gestion pilotée du chauffage. La jeune start-up Effigénie propose une solution logicielle qui permet d’intégrer les prévisions météo au système de gestion. Des variations climatiques anticipées permettent de mieux gérer la température du bâtiment. Une promesse d’efficacité énergétique de 20%. www.effigenie.com

Connaître la consommation d’énergie dès l’esquisse

Les logiciels de conception de bâtiments s’enrichissent de fonctions de calcul d’impact énergétique. Sylvain Marie, d’Archiwizard, a présenté son logiciel de simulation thermique 3D adapté à la RT 2012 et assure pouvoir évaluer l’impact énergétique dès l’esquisse. www.archiwizard.fr

L’impact environnemental des matériaux

Afin de faciliter le calcul de l’impact environnemental global d’un bâtiment, les producteurs de matériaux apportent leur pierre à l’édifice. Par exemple, Lafarge travaille sur l’impact CO2 de leurs produits. Ces données fiables, selon Alain Birault (directeur de la prospective construction durable) implémentent l’outil « Bilan Carbone » de l’Ademe. Suite à ces calculs d’impact, L’Ademe a réajusté l’impact CO2 du béton à la baisse, et même fortement (divisé par 4). A ce sujet, selon une étude Ademe / CSTB pour une maison individuelle, l’impact en Kg de CO2 / m2 construit est de 140 Kg pour le bois, 150 Kg pour le bloc béton comme la brique. Voir l’interview.

Pour voir toutes les interviews et les autres thèmes de la journée : voir webTV Théma bâtiments intelligents

 

«La certification BREEAM offre davantage de lisibilité qu’HQE»

21 juil

bâtiment Pitch Promotion vise "good" (Breeam)

Le paysage de la certification environnementale français est de plus en plus marqué par la certification anglaise BREEAM, alors que la certification américaine LEED peine à percer. La position de force de la certification HQE s’atténue.
Témoin de ces évolutions, Thierry Griveaux, architecte à l’agence SAGL, nous fait part de son point de vue et relaye également le sentiment des exploitants et maîtres d’ouvrages sur les certifications BREEAM / HQE.

Pouvez-vous rapidement retracer le contexte de ces certifications ?

Historiquement, BREEAM a l’antériorité et son rayonnement va au-delà du territoire britannique. D’ailleurs BREEAM se positionne comme la norme européenne des bâtiments environnementaux.
De son côté, la certification HQE est la plus couramment utilisée en France. Son périmètre d’application est exclusivement le territoire français, c’est la première différence avec BREEAM. Et malgré des tentatives de rapprochements ou d’équivalence entre BREEAM et HQE, ces dernières peinent à aboutir. Ce qui contraint certains  exploitants à rechercher une double certification.

Cette différence d’application géographique a-t-elle un impact important ?

Au-delà d’un avantage pour BREEAM, c’est surtout un point très pénalisant pour HQE. Des entreprises internationales, comme des transporteurs, exigent une visibilité équivalente à leur rayonnement mondial. Le cantonnement franco français de l’HQE est alors rédhibitoire car il ne faut pas oublier que la certification est un levier de valorisation.

Quelles sont les autres divergences ?

La philosophie des deux référentiels est très différente :
-    HQE offre la possibilité de choisir parmi 14 cibles, il s’agit donc d’un référentiel ouvert où chacun fait son marché. Cette souplesse permet éventuellement de sélectionner des cibles moins contraignantes pour l’obtention de la certification. Au final, deux bâtiments qui bénéficient d’une même certification HQE n’auront pas le même niveau d’efficacité environnementale en fonction des cibles choisies. La comparabilité n’est donc pas possible.
-    A contrario, BREEAM propose une grille plus standardisée qui permet une évaluation graduelle d’un bâtiment. Ce côté très formel peut être perçu comme une lourdeur mais au final on a une meilleure visibilité de l’efficacité d’un bâtiment, d’autant qu’elle est évaluée sur une échelle de performance de «passable» à «excellent». C’est selon moi plus transparent.

L’audit des certifications est par conséquent lui aussi différent ?

Effectivement, à partir du moment où le référentiel HQE est ouvert, on a le sentiment que l’approche de l’auditeur HQE peux être plus subjective qu’un audit BREEAM, axé autour d’une grille plus stricte d’évaluation. Ce sentiment est renforcé par le fait que les auditeurs HQE ne sont pas forcément issus du bâtiment. On peut ajouter à ce stade que les audits BREEAM sont très exigeants, avec des vérifications in-situ.

Voyez-vous d’autres différences entre les deux certifications ?

Le volet social, avec notamment les cibles « confort », est mieux évalué avec HQE.
Par ailleurs, si les 2 référentiels sont pauvres sur les aspects gestion des espaces verts (dont déchets) ou l’intégration paysagère, une réflexion d’HQE commence à émerger sur la préservation de la biodiversité, ce qui va dans le bon sens. Autre thème peu présent dans les référentiels, la fin de vie du bâtiment. Cette phase du cycle de vie n’a pas un impact marginal. Mais là encore, il est possible d’évaluer certaines démarches via l’HQE, mais de manière indirecte (valorisation de matériaux recyclés par l’utilisation de «ressources sur place», «absence de transport»).

Un mot de conclusion sur les certifications environnementales ?

L’évaluation des démarches de développement durable est une bonne chose. Cela permet de guider nos efforts sur certains thèmes.
Néanmoins, je profite de cet espace de débat pour en soulever un. Selon moi, certaines cibles ou critères environnementaux sont de faux amis, à savoir qu’ils n’ont rien de durables lorsqu’ils sont étudiés de manière globale. Prenons par exemple le cas de la récupération des eaux pluviales. D’une part, la viabilité économique (retour sur investissement) est peu certaine compte tenu des aménagements importants et des installations couteuses. D’autre part, ces mêmes aménagements et installations ont également un impact environnemental fort : au niveau de la fabrication, de l’exploitation, de l’entretien et maintenance et en fin de vie. Ce cout écologique est sans doute supérieur aux gains de m3 d’eau du réseau non consommés. Le bilan économique et écologique de la récupération des eaux pluviales n’est probablement pas si favorable à la solution dite «durable». Et cet exemple n’est pas unique : le cas de la production d’eau chaude sanitaire solaire en est un autre.
Il est donc sans doute plus pertinent économiquement et écologiquement de traiter à la source les problèmes des consommations d’eau, intégrer des plantations nécessitant peu ou pas d’arrosage, mettre en œuvre des équipements sanitaires hydro-économes. Bref, proposer une démarche de Développement Durable raisonnée.

Dernière interrogation sur les critères environnementaux HQE et BREEAM : comment et avec quelle réactivité vont-ils évoluer pour suivre les progrès technologiques (nouveaux matériaux), les nouvelles filières ou les enjeux écologiques naissants ?

 
 

« La réhabilitation va devenir un véritable enjeu »

31 mai

Hartmann (Belleville), par Goodman

Selon l’enquête de Kurt Salomon/Generix, la performance de l’activité logistique est plutôt bien mesurée avec des indicateurs économiques (réductions des coûts de transport, baisse des stocks, etc.) mais souffre d’indicateurs sur le volet environnemental.

Olivier Barge, Head of Technical de la société Goodman, nous livre son point de vue sur l’immobilier logistique durable. Il illustre notamment le lien nécessaire entre l’économie et l’environnement.

Quelle est l’approche de Goodman en matière de développement durable ?

Olivier Barge : Nous menons systématiquement une réflexion environnementale sur tous les entrepôts logistiques, même si nos clients n’en formulent pas la demande, à savoir la plupart du temps. Avec la crise, les besoins se focalisent principalement sur des bâtiments fonctionnels et bien localisés. Mais si les attentes environnementales restent encore marginales, nous sommes persuadés que le bâtiment vert sera incontournable dans quelques années.

Comment convaincre vos clients de vous suivre dans cette voie ?

O.B. : le retour sur investissement d’un bâtiment performant économiquement et écologiquement est encore difficile à mesurer. Nous savons que ce type d’entrepôts coûte de 5 à 15 % plus cher. Nos clients hésitent donc à investir sur des bâtiments environnementaux sans avoir de visibilité sur les économies futures. C’est pourquoi Goodman mène une réflexion sur la garantie d’un coût énergétique au m2 à l’utilisation. Dans cette démarche, nous en sommes à la phase d’investigation sur des bâtiments performants : le suivi de leur consommation nous permettra de comprendre les impacts des solutions apportées. Nous pourrons alors bâtir des outils de gestion des consommations et garantir le gain économique lié à l’efficacité énergétique.

La certification est-elle un levier supplémentaire pour motiver les parties prenantes ?

O.B. : Les groupes positionnés sur le luxe par exemple sont attentifs à leur image et la certification répond à leurs attentes. Mais pour la majorité des acteurs, la certification n’est pas prioritaire. Goodman a pour sa part une expérience réussie sur la certification HQE. Pourtant, notre rayonnement international nous amène à étudier d’autres labels. La certification BREEAM retient notre attention puisqu’elle est assez proche de l’HQE tout en ayant une reconnaissance internationale.

Les nouveaux bâtiments captent l’essentiel de l’attention alors que la fin de vie des bâtiments est rarement évoquée, pouvez-vous illustrer votre démarche sur ce cycle un peu oublié ?

O.B. : Nous pensons que la réhabilitation va devenir un enjeu majeur dans la mesure où le foncier se raréfie et que certains entrepôts vieillissants méritent d’être optimisés. Goodman vient de livrer un nouveau bâtiment* (45000 m2) issu de la réhabilitation de deux bâtiments anciens (15000 m2 chacun). L’approche environnementale a été plébiscitée sur ce projet puisque les matériaux de la démolition des deux bâtiments existants ont été recyclés dans le nouveau bâtiment (recyclage du béton pour les fondations et voiries, réutilisation de la charpente métallique et des briques en terre cuite). Cette solution de recyclage des matériaux s’est traduite par une réduction des coûts. Nous avons également mis en place un éclairage mixte (blanc et jaune alterné) pour concilier confort d’utilisation et maîtrise des coûts.  La réhabilitation présente donc de multiples atouts.

*Note de la rédaction : bâtiment réalisé avec le concours de SAGL

 

La géolocalisation des bâtiments HQE par Certivéa

19 jan

Certivéa vient de mettre à jour la cartographie des bâtiments certifiés HQE. Sur la « google map » ci-dessous, vous pourrez visualiser toutes les opérations certifiées NF Bâtiments Tertiaires – Démarche HQE avec ou sans label HPE. En violet, vous retrouverez les bâtiments logistiques.

Plus de détail sur cette carte et les bâtiments en légende : voir l’actualité de certivéa


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