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Posts Tagged ‘biodiversité’

Environnement, économie, social : les actions responsables de BARJANE

13 avr

ZAC BREGUIERES - BARJANE

Le développement de BARJANE a été ponctué en 2011 par le Grand Prix du SIMI pour la plateforme MARLOG développée clef en main pour DAHER et Eurocopter et par le prix de l’innovation au SITL pour le parc d’activités des Bréguières. Acteur engagé et responsable, BARJANE déploie sur l’ensemble de ses projets la démarche durable mise en œuvre aux Bréguières. Revue des clés de succès avec Hasna Berkia Guez, Directrice Qualité et Développement Durable.

Quels sont les points remarquables et durables sur le volet économique de vos projets ?

La réussite d’un projet dépend bien sûr d’un choix foncier stratégique, avec un nœud routier, autoroutier et ferroviaire. A ce premier atout, nous apportons une conception novatrice avec la mutualisation d’un grand nombre d’équipements:  dessertes, parkings poids lourds et véhicules légers, réseaux incendie, bassins de rétention.

Cette mutualisation permet aux utilisateurs de se concentrer sur leur cœur de métier et de se reposer sur un professionnel pour leur problématique immobilière, mais bénéficie également au volet environnemental : moins d’équipements dépensés, intégration paysagère plus douce (bassins de rétention par bâtiment remplacés par des bassins de plus grande taille qui sont végétalisés, des noues végétalisées en remplacement des canalisations enterrées, et des bassins de pré-traitement des eaux pluviales plantés de rhizomes absorbants les hydrocarbures en lieu et place de séparateurs hydrocarbures manufacturés).

Pour le Parc des Bréguières, la mutualisation porte également sur l’entretien et la maintenance du Parc, avec une équipe (5 personnes) dédiée et présente sur site 7 jours sur 7 : un plus apprécié par les exploitants.

Enfin, dernier point important du volet économique de nos projets : la création d’emplois pour le territoire. En effet, le développement de nos parcs d’activités industriels et logistiques est pourvoyeur d’emploi. A titre d’exemple, sur le Parc des Bréguières, l’objectif de création de postes était de 1000 personnes et nous avons revu nos prévisions à 1500 emplois, ce qui nous réjouit.

A propos de social, quelles actions sont mises en œuvre ?

Notre volonté est d’apporter du confort et de « la vie » sur le parc. La qualité architecturale et paysagère du projet assure un cadre de travail agréable, l’engagement environnemental de la zone est valorisant pour les usagers, et des services sont mis à leur disposition pour faciliter la vie des employés : par exemple, sur le Parc des Bréguières, une crèche de 20 à 30 berceaux est à l’étude  ainsi qu’un restaurant inter entreprises.  Une banque, un bâtiment d’accueil pour les chauffeurs routiers et un bureau de poste ont été implantés. Par ailleurs, nous proposons une relation de proximité forte entre les exploitants et notre équipe avec des animations telles que des formations sur la prévention incendies avec les pompiers ou sur la sécurité routière avec les gendarmes.

La présence permanente de l’équipe de gestion du parc assure également, pour les entreprises et pour leurs salariés, une sécurité des biens et des personnes, mais également une réactivité immédiate de BARJANE en cas d’urgence (accident, feu, dégâts des eaux, pollution,…).

Une autre action peut être notée :
Le partenariat avec des associations locales pour l’emploi. A titre d’exemple, sur le Parc des Bréguières, qui est implanté dans le Var, nous avons noué un partenariat avec une association des retraités de l’armée afin d’aider les militaires à retrouver un emploi.

ZAC BREGUIERES - BARJANE

Vous avez une réelle sensibilité environnementale, marquée par la certification Iso 14001  de vos parcs.

Effectivement, le volet environnemental est pour nous majeur puisque l’impact de notre activité n’est pas négligeable. Outre la qualité architecturale et paysagère de nos projets, la surveillance rigoureuse sur nos rejets, nous portons également nos efforts sur la faune et la flore en travaillant avec des spécialistes avec des résultats probants : corridors écologiques, inventaire de la biodiversité et reproduction, préservation des arbres remarquables, réaménagement de zones de crues naturelles…

Nous avons par ailleurs mis en place une charte lumière appliquée à tous nos parcs : la « pollution lumineuse » s’en trouve limitée (réduction d’intensité la nuit, flux cantonnés à la zone intérieure).

La certification ISO 14001 offre un cadre de travail intéressant pour développer des projets qualitatifs, et nous avons décidé en 2012 de faire certifier tous les métiers de BARJANE : Aménageur, Développeur et Gestionnaire.

Une démarche durable n’épargne pas le dialogue avec les parties prenantes, comment le mettez-vous en œuvre ?

Ce dialogue est la clé de voûte d’un projet immobilier ! Nous menons très en amont un dialogue avec les collectivités locales, les maires, les associations de riverains, les associations environnementales, etc. Et tout au long du projet comme lors du chantier puis de l’exploitation du parc, des réunions sont menées une à deux fois par an pour écouter leurs attentes et ainsi progresser.

 

Gazeley à Dole : un concentré de solutions environnementales

30 jan

Gazeley - Dole

A l’automne dernier était inaugurée à Dole la nouvelle plateforme de Gazeley pour StanleyBlack&Decker. Marie-Laure Lebrat, Procurement and Sustainability Manager chez Gazeley, détaille pour Blog-durable les spécificités environnementales et sociales de cet entrepôt certifié HQE.

Afin de mettre en perspective ce nouveau bâtiment, pouvez-vous rappeler en deux mots la stratégie de Gazeley ?

Notre société a intégré le développement durable dans sa stratégie en 2002 avec une ambition de devenir un leader sur les bâtiments durables. Nous avons depuis mené de nombreuses études et expérimenté de multiples procédés afin d’accroitre la performance environnementale et sociale de nos bâtiments. La plateforme de Dole est finalement le résultat de ces travaux.

Quels sont les points remarquables en matière de performance environnementale ?

Cet entrepôt bénéficie de plusieurs atouts visant à réduire la consommation de ressources, prioritaire pour notre client. Et par voie de conséquence, la performance environnementale s’en trouve améliorée. Ci-dessous quelques exemples :

  • L’enveloppe du bâtiment : nous avons mis en œuvre des solutions éprouvées en matière d’isolation afin d’optimiser le recours aux matériaux par rapport aux gains de chauffage. Par ailleurs, l’éclairage a été particulièrement soigné dès le début du projet compte tenu de ses impacts économiques mais aussi pour le confort des utilisateurs. Nous avons donc largement privilégié l’éclairage naturel, opté pour des lampes fluorescentes économes et disposé des capteurs de présence dans les bureaux et de luminosité dans les cellules d’activités.
  • Les équipements : ce bâtiment bénéficie d’un système de gestion technique centralisé pour le chauffage et l’éclairage. Notre client peut piloter l’éclairage grâce à la programmation de plages d’éclairage et suivre ses consommations en continu. Nous avons également placé des panneaux solaires thermiques pour l’eau chaude des sanitaires et des réservoirs pour la récupération des eaux de pluie (objectif de réduction de 50 %). Enfin, un parking à vélos a été créé pour encourager la mobilité douce.

D’une manière générale, nous avons une approche globale pour limiter la consommation de ressources (énergie, eau) et permettre au bâtiment de produire une partie de ses besoins énergétiques. Nous avons par exemple implanté sur certains bâtiments une éolienne ou des panneaux photovoltaïques pour contribuer à l’alimentation énergétique du local sprinkler.

Qu’en est-il de l’intégration paysagère ?

Le programme de ce projet définissait une allocation de 30 % de la surface aux espaces verts. Cette exigence nous a permis d’imaginer une intégration paysagère et architecturale ambitieuse, qui a été saluée par les parties prenantes (riverains et élus locaux). A titre d’exemple, les bassins de rétention ont été limités et en partie substitué par le parking qui remplit cette fonction de rétention grâce à des bordures rehaussées (NDLR). D’autres détails marquent notre intérêt pour la biodiversité avec la présence de nichoirs et « d’hôtels à insectes ».

Gazeley (Dole) : nichoirs, bordures rehaussées - hôtel à insectes

D’autres points à noter sur cet entrepôt ?

Pour nos clients comme pour nous, le confort des utilisateurs est prépondérant. Pour ce bâtiment, l’acoustique a été améliorée grâce à des cloisons en verre pour confiner le bruit à des espaces plus petits. Par ailleurs, l’éclairage naturel dans les bureaux et les larges ouvertures sur les espaces verts ont fortement contribué au confort visuel des utilisateurs.

Un mot sur le choix de la certification HQE ?

Le choix de la certification est pris en concertation avec les exploitants : s’ils mettent l’accent sur le rayonnement national, ils portent leur voix sur la certification HQE qui est très reconnue en France. A contrario, nous avons le cas d’entreprises étrangères (américaines ou britanniques) qui optent pour LEED ou BREEAM pour que leur engagement soit reconnu auprès des collaborateurs de leur groupe.
Pour notre part, nous avons été impliqués très tôt auprès d’Afilog pour contribuer à la naissance de la norme HQE et nous faisons certifier un grand nombre de bâtiments sous les trois référentiels : nous nous adaptons donc aux besoins de nos clients.

Gazeley (Dole) : profil HQE

 
 

Une plateforme logistique fait de la compensation «biodiversité», une première

26 oct
Clesud à Grans-Miramas (13)

Clesud à Grans-Miramas (13)

L’aménagement d’une plateforme logistique peut occasionner une perte de biodiversité rare. Le cas s’est produit pour la zone logistique Clesud à Grans-Miramas (13). Benjamin GILORMINI, de l’Epad (aménageur public de la plate forme), détaille le projet de compensation innovant.

Pourquoi l’Epad s’est penché sur la compensation «biodiversité» ?

L’implantation de la zone logistique Clesud a été réalisée, à l’issue d’une recherche foncière élargie à l’ensemble de l’aire métropolitaine marseillaise et à l’issue d’une analyse multicritères, sur une zone incluant des vignes, prairies et vergers, ainsi que quelques dizaines d’hectares de friches susceptibles d’accueillir les espèces endémiques du coussoul de Crau,  steppe rase unique en Europe. La zone de Clesud se trouve en bordure d’un espace classé Natura 2000, constitué principalement de coussoul. L’aménagement a eu une incidence sur cet écosystème rare et fragile. Bien que ce projet ait reçu l’ensemble des autorisations requises dans le cadre du droit français applicable à la fin des années 90 (avant transcription des directives européennes, notamment par le décret « Natura 2000 » de décembre 2001), la commission européenne a porté une action contre la France pour défaut de zonage. Ce différend portant notamment sur la prise en compte des impacts de la plateforme logistique sur la biodiversité des coussouls de Crau, l’Epad s’est donc engagé à trouver une solution pour contribuer à régler le précontentieux entre l’état français et l’Europe, bien qu’aucun texte règlementaire ne l’oblige à mettre en œuvre une opération de compensation.

Pouvez-vous nous rappeler les règles d’aménagement en milieu naturel ?

Dès qu’un aménagement a une incidence sur un site Natura 2000 et la biodiversité qu’il abrite, deux cas de figure se présentent :
1 : Impossibilité de construire : c’est la sanctuarisation du patrimoine naturel.
2 : Possibilité d’aménager sous réserve de compensation (décret de décembre 2001) si le projet répond à des enjeux de sécurité, de santé publique ou d’hygiène, ou de protection environnementale globale. C’est ce dernier cas qui a rendu le projet Clesud acceptable au titre de la règlementation Natura 2000 (sous réserve de compensation des incidences sur la biodiversité) puisque la zone, qui accueille un chantier de transport combiné et contribue au report modal vers le rail du transport de fret sur l’axe Nord – Sud, permettant une réduction non négligeable des émissions de CO2 liées au transport de marchandises.

Comment avez-vous procédé pour ce projet de compensation ?

Dans un premier temps, il a fallu évaluer les incidences de la zone logistique sur la biodiversité. Un cabinet d’études a été missionné et a porté ses conclusions : 100 hectares d’écosystème agropastoral (prairie sèche comparable au coussoul en termes de potentiel d’accueil de biodiversité) devaient être recréés pour compenser les dommages environnementaux liés à Clesud. Cette estimation validée par l’état, l’Epad a cherché un partenaire pour mettre en œuvre ce projet de compensation, qui nécessite des compétences techniques très spécifiques : c’est la proposition de CDC Biodiversité qui a été retenue. Sa mission a été de reconstituer un écosystème (le coussoul) à partir d’un terrain agricole : achat d’un terrain (verger), prise en charge des travaux de réhabilitation de l’écosystème (suppression des arbres, préparation du sol, etc.) et service d’entretien / suivi scientifique pendant 30 ans. Le cout de cette opération, ramené à l’hectare réhabilité, s’élève à 35 000 €.
Au final, l’écosystème reconstitué s’étend sur 350 hectares et l’Epad y a participé à hauteur de 1,65 M€ (pour une contribution totale de 2 M € pour des actions en faveur de la biodiversité), soit un peu moins de 50 ha.  Tel est le prix de notre compensation biodiversité pour la zone de Clesud. Les services de l’Etat, conscients de ce que l’objectif de reconstitution de 100 ha d’écosystème ne garantissait pas un résultat de qualité, ont accepté de réduire l’objectif quantitatif initial de 100 ha à 50 ha dans le cadre de l’opération Cossure menée par CDC Biodiversité, dont les résultats ont pu être mesurés et sont jugés très satisfaisants en termes écologiques.

Quelles ont été vos motivations pour ce projet ?

Si du point de vue de la réglementation française nous étions conformes, l’Epad a pour ambition de réaliser des opérations exemplaires. Ce projet de compensation vient donc donner du sens à cette ambition, et inscrire notre territoire dans une démarche durable dans laquelle l’ensemble des projets impliquant une consommation d’espace naturels et un impact sur la biodiversité devront être compensés efficacement.

Néanmoins, vous communiquez assez peu sur ce projet ?

Effectivement, la compensation biodiversité répond à un enjeu d’image que nous pourrions exploiter. Mais bien d’autres enjeux méritent également notre implication, à commencer ceux de la supply chain globale. Nous concentrons nos efforts sur la performance des fonctionnalités logistiques, sur le plan économique et environnemental. Comment développer le report modale vers le rail à partir des infrastructures que nous avons créées et de l’offre immobilière que nous avons développée sur Clesud, comment améliorer le taux de remplissage des camions sont par exemple des réflexions majeures, reliées directement à la durabilité de notre métier et du développement économique de notre territoire.

Pour en savoir plus sur Clesud
Pour en savoir plus sur CDC Biodiversité, interview du directeur de CDC biodiversité
Dans cette thématique : « Préserver la biodiversité sur les plateformes logistiques »

 
 

« Préserver la biodiversité sur les plateformes logistiques »

29 avr

Biodiversité - Plateforme logistique

bLOG-durable.net poursuit ses entretiens avec les acteurs de la logistique durable et publie l’interview avec Laurent Payet, Directeur Général de Dauchez Payet, agence conseil spécialisée dans la construction durable (property management et ingénierie de la performance environnementale).

Quelles sont les caractéristiques majeures que doivent intégrer un bâtiment logistique «environnemental» ?

Le débat actuel porte essentiellement sur l’arbitrage entre l’efficacité thermique et l’éclairage naturel. Le premier poste étant celui qui accapare les budgets majeurs en matière d’études aux dépens de l’éclairage, qui offre également de réels leviers d’économies grâce à des solutions techniques avérées. Sur ces deux postes, les gains en terme d’efficacité énergétique varient entre 30 à 50 %, grâce à une automatisation des systèmes de contrôle.
Une fois ces postes optimisés, la production d’énergie pour les sites industriels reste la troisième voie intéressante à envisager, pour compenser les consommations restantes. Cela permet de viser des objectifs de basse consommation ou tendre vers la neutralité carbone. Attention sur ce dernier point, si la production d’électricité est vendue à un tarif subventionné, les « certificats d’émissions de CO2 » seront crédités à celui qui achète l’électricité « verte ». Il faut donc être prudent quant aux effets d’annonce sur les bâtiments à énergie positive ou « carbone neutre ».

La traduction de la performance énergétique en terme de réduction d’émissions de CO2 est-elle une attente de marché ?

Plusieurs acteurs, notamment des chargeurs, expriment aujourd’hui des demandes en ce sens. Ce n’est certes pas fréquent, mais certains clients fixent des objectifs précis, comme l’émission de 100 tonnes d’Eq. CO2 / an alors que la référence de marché tourne plutôt à 1000 tonnes. Ces 100 tonnes reviennent aux usages électriques incompressibles : l’éclairage, les auxiliaires, la ventilation et le chauffage des bureaux. Les autres 900 tonnes peuvent être « effacées » grâce à un bouquet bien pensé d’initiatives techniques puis par la substitution du gaz par le bois pour le chauffage de la zone de stockage.
L’approche carbone appelle une réflexion plus globale. En effet, l’envolée récente des prix des énergies fossiles plaide pour d’autres choix énergétiques moins carbonés. Et parallèlement, le coup de frein sur le photovoltaïque montre que le développement d’énergies alternatives sous perfusion de subventions n’est pas viable durablement. Une solution écologique doit être une solution rentable et autonome.

Quel point mériterait selon vous d’être davantage développé dans la construction logistique ?

La préservation de la biodiversité me tient à cœur car on peut faire beaucoup avec très peu de moyens. Et malheureusement, le sujet est souvent négligé même si les collectivités locales se préoccupent progressivement de la biodiversité dans leurs cahiers des charges, comme par exemple l’intégration paysagère. Il faut avoir à l’esprit que la perméabilité des sols est le premier impact sur la biodiversité. Ensuite l’entretien des espaces verts avec des produits phytosanitaires peut poser de problèmes. Bien sûr, préserver la biodiversité offre de multiples avantages : rupture de la monotonie paysagère et donc confort des utilisateurs, entretien plus économique. A titre d’exemple, un aménageur a souhaité mettre en place des nichoirs : si l’opération reste anecdotique, elle témoigne de l’intérêt pour l’environnement particulièrement apprécié des utilisateurs, qui y sont très sensibles.

Plus de détail sur les réalisations de Dauchez Payet : www.dauchezpayet.fr