RSS
 

Posts Tagged ‘architecte’

Logistique et développement durable : une réalité ?

03 avr

source Afnor

Le Club Demeter associé à CPV viennent de livrer leur baromètre 2012 Environnement et Logistique. L’étude passe en revue l’engagement des membres du club dans le développement durable. Le panel est constitué majoritairement de prestataires et d’industriels, et dans une moindre mesure de distributeurs.

Des motivations et des actes

Pour le panel, les premières motivations d’engagement dans une démarche de développement durable sont la prise de conscience d’un devoir d’action (79%) et d’apporter une meilleure réponse aux clients (57%). Viennent ensuite les enjeux d’optimisation des coûts (18%) et d’image (11%), qui sont peu prioritaires sur le plan stratégique. Tout le contraire sur le plan opérationnel puisque les principaux projets durables pour 2012 sont les suivants : optimisation du transport pour les distributeurs (71%), gestion de l’énergie pour les prestataires (45%) et certification de la démarche (> 27%).

Durable = environnemental

Le questionnaire étudie les 3 dimensions du développement durable (économique, social, environnemental) et le dialogue avec les parties prenantes, mais on constate que la très grande majorité des actions réalisées concerne l’environnement : éco-conception, recyclage, réduction de CO2, gestion de l’eau, efficacité énergétique, tri des déchets. La dimension sociale / sociétale reste timidement mise en œuvre alors que le volet économique reste en filigrane de toutes les actions.

A propos du dialogue avec les parties prenantes, il se focalise sur les partenaires directs, à savoir les concurrents principalement. Dans le domaine de l’immobilier, on voit que les partenaires sont amenés à travailler davantage ensemble : promoteur, architectes et cabinets d’ingénierie, collectivité territoriales, etc.

Mesure de la performance

Là encore, les principaux indicateurs portent sur l’environnement : émissions de CO2, impact environnemental, eau, etc. Mais les entreprises éprouvent des difficultés à mesurer leur performance : manque de référentiel, complexité des indicateurs actuels. Enfin, les indicateurs économiques et sociaux sont faiblement relevés.

Le coût du développement durable

L’étude vient tordre le cou à une idée reçue qu’une démarche durable est chère puisque plus des 3/4 des personnes interrogées estiment que leurs projets « responsables » génèrent de faibles surcoûts voire aucun surcoût.

Conclusion

Cette étude montre que les entreprises s’engagent dans le développement durable mais qu’elles ont des difficultés à le mettre en œuvre sur toutes les dimensions. Elles privilégient les actions environnementales, qui se traduisent par une meilleure performance économique.
Pour les aider à mieux structurer leurs actions, le référentiel Iso 26000 peut être utilisé comme un guide. Nous présentons ci-dessous les grands thèmes (questions centrales) que doivent aborder les entreprises pour exercer leur Responsabilité Sociétale de manière globale et cohérente. Et pour voir les outils de diagnostic gratuits et les grandes lignes de l’iso 26000, cliquer ici.

Voir le détail de l’étude : cliquer ici

source Afnor
 

L’Espace Logistique Urbain (ELU) a de l’avenir

13 mar

Projet d'ELU - SAGL

Comment apporter davantage d’efficience et d’écologie dans le dernier km ? Avec l’Espace Logistique Urbain (ELU) par exemple.
Un projet d’ELU est actuellement à l’étude à Paris. Objectif : réhabiliter un parc de stationnement en espace logistique. Retour sur les détails de ce projet de réhabilitation initié et porté par Sogaris.

Les grandes lignes du projet

Le site étudié pour l’implantation d’un nouvel espace logistique se trouve sous la dalle Beaugrenelle, dans le XVème arrondissement de Paris. Il s’agit de transformer deux niveaux de parking en un centre de fret (zone logistique et bureaux). L’ensemble a pour vocation d’accueillir des plis et colis de façon massifiée une fois par jour, et de les redistribuer le jour même à proximité avec des véhicules propres (flotte de véhicules tous électriques à terme). Après leur tournée de livraison, les véhicules reviennent stationner dans l’ELU, où leur batterie pourra être rechargée le cas échéant.

Les défis architecturaux

La réhabilitation dans un secteur sauvegardé est toujours un défi. Les contraintes liées à l’architecture des années soixante (visée par un Architecte des Bâtiments de France) ont donc été respectées. En outre, l’accès à la lumière naturelle a été largement étudié afin d’apporter un confort maximum aux utilisateurs. Enfin, les piétons et habitants du quartier bénéficieront d’un espace végétalisé (une partie de la dalle qui fait office de toiture).

Projet d'Espace Logistique Urbain -ELU- SAGL

 

Les bénéfices attendus

Ce dispositif permet de réduire considérablement le nombre de km parcourus entre les entrepôts situés hors de Paris et les destinataires finaux en ville. Conséquences, un trafic routier fluidifié et des émissions de CO2 (et autres gaz nocifs) limitées.

 
 

Au cœur d’un quartier résidentiel, une plateforme logistique durable (partie 2)

12 jan

Chapelle International - SAGL - Logistique urbaine

Après avoir évoqué les solutions mises en œuvre pour réduire les nuisances sonores et améliorer l’intégration paysagère (voir article),  Ben Burke, architecte et chef du projet « Chapelle International »* chez SAGL décrypte les innovations environnementales et sociales de ce projet.

Quelles sont les autres exigences de ce projet ?

La construction d’un bâtiment en ville répond à une obligation d’optimisation du foncier. En outre, les porteurs du projet (Sogaris et SNCF) sont engagés dans des démarches de développement durable : le programme portait donc des exigences fortes en matière de protection de l’environnement (réduction des émissions de CO2) et de soutien social.

Quelles opportunités économiques offrent ce bâtiment ?

La création d’un sous-sol de 17.758 m2 permet de doubler la surface utile sans obérer l’intégration paysagère. Cette surface supplémentaire va permettre à Sogaris de proposer des boxs de stockage pour les artisans et commerçants du quartier. Innovant aussi et porteur d’économies la localisation en sous-sol de l’activité d’entretien des camions. Dans les deux cas, la base fret permet d’éviter des trajets coûteux financièrement et écologiquement : des arguments supplémentaires pour attirer les exploitants.

Chapelle International - SAGL - Logistique urbaine

Quels sont les atouts environnementaux de ce projet ?

D’abord, l’embranchement fer permettra d’acheminer des marchandises au cœur de Paris avec le train, beaucoup moins polluant que les camions. Sogaris a réalisé une étude sur l’impact environnemental de ce projet pour 260 jours d’exploitation par an et voici les résultats :
-    Economie de 1.100.000 km effectués par des véhicules industriels diesels (transfert modal de la route vers le fer pour l’approche des marchandises sur Paris) sur la voirie d’Ile-de-France,
-    13.700 camions en moins entrant dans Paris (transfert modal de la route vers le fer pour l’approche des marchandises sur Paris),
-    560 tonnes de CO2 économisées (transfert modal de la route vers le fer pour l’approche des marchandises sur Paris et utilisation de véhicules électriques),
-    50% de polluants atmosphériques en moins, principalement les NOx et les particules (transfert modal + utilisation de véhicules GNV et électriques),
Toujours en matière de transport, Sogaris a souhaité valoriser l’offre de véhicules peu polluants : camions électriques et vélos cargos (espace de 500 m2 dédié).
Notez enfin que la présence de la base fret au cœur de Paris facilite l’accès des salariés et des visiteurs par les transports en commun.

Côté architecture, la végétalisation de la façade et surtout du toit offre un réel atout environnemental (+récupération des eaux de pluie pour l’arrosage). La présence de panneaux photovoltaïques est à l’étude. Bref, l’ensemble de ces actions contribuent à la performance environnementale du bâtiment. Nous visons d’ailleurs pour ce projet une certification environnementale (HQE).

Qu’en est-il du volet social ?

Plusieurs aspects du programme sont tournés vers l’ancrage territorial et social. Par exemple, la présence de boxs pour les artisans et commerçants du quartier soutient leur activité. Par ailleurs, sous les arcades, Sogaris a souhaité héberger une pépinière d’entreprises, qui œuvre notamment dans le commerce équitable. Enfin, sur le toit, plusieurs projets sont à l’étude : jardins publics ou équipements sportifs pouvant bénéficier aux écoles et associations de quartier.

Chapelle International - SAGL - Logistique urbaine

En guise de conclusion ?

Nous sommes convaincus qu’il est possible de concevoir des bâtiments logistiques au cœur des villes. Les contraintes de bruit, d’intégration paysagère, économiques, environnementales et sociales peuvent s’avérer de réelles opportunités. Ce projet témoigne de la créativité des parties prenantes pour intégrer un outil à grande échelle dans un lieu entouré de résidences. En tout cas, c’est très stimulant de travailler sur de tels enjeux.

 

Philippe Gallois, architecte : « Logistique urbaine, économie d’énergie et réhabilitation des bâtiments existants : 3 défis pour 2012 »

04 jan

Avant d’évoquer 2012, quelles réalisations ont retenu votre attention en 2011 ?

Philippe Gallois : Deux projets resteront marquants pour nous en 2011: la Zac des Aiguilles et Chapelle International.
Le premier parce que nous avons été lauréat d’un concours qui a duré trois ans et qui nous impactera pour les cinq ans à venir (parc d’activités d’Ensues-la-Redonne (13) sur 200.000 m2 avec une démarche globale HQE et une intégration paysagère approfondie).
Le second projet parce qu’il est le fruit d’une étroite collaboration avec Sogaris sur le premier concours en logistique urbaine, qui plus est dans la Capitale.

Plus globalement, quel bilan dressez-vous de l’année 2011 en matière de logistique durable ?

Philippe Gallois : 
2011 marquera sans aucun doute la prise de conscience des enjeux de la logistique urbaine avec les premiers projets en cours de concrétisation. Si le secteur en parlait beaucoup jusqu’ici, peu de projets sortaient.
Les innovations imaginées pour le projet Chapelle International marquent le début d’une nouvelle tendance qui devrait vite devenir une référence.
Mais souvenez-vous aussi que j’évoquais l’an passé le défi énergétique comme un enjeu majeur pour les années à venir.
Nous avons pu constater que cette tendance s’affirme chaque jour davantage par des bâtiments de plus en plus performants sur ce point.
Pour SAGL, plus de 90 % des bâtiments livrés ou étudiés en 2011 visent une certification HQE ou BREEAM, témoignage des exigences environnementales et énergétiques de nos clients. 
On ne regrettera que d’autant plus le coup d’arrêt porté aux installations photovoltaïques qui ralentira l’émergence de bâtiments à énergie positive.

Quelles perspectives se dessinent pour 2012 ?

Philippe Gallois : Les certifications environnementales (HQE) sont en cours de déploiement et demeurent à présent bien intégrées à nos processus de conception, tout comme la RT 2012 qui vient d’entrer en vigueur.
Des normalisations qui viendront désormais s’appliquer à ce que je considère comme le principal défi de demain et donc de 2012 : la logistique urbaine.
Le nombre de projets demeure encore très faible car ce sujet reste difficile à aborder par les collectivités locales qui réservent peu d’espaces pour cette nouvelle activité.
Mais les acteurs de la logistique se mobilisent pour faire évoluer les points de vue, à l’instar d’Afilog qui va publier d’ici la fin du mois un livre blanc consacré à cette thématique primordiale pour le dynamisme économique des régions et l’accompagnement des nouveaux modes de consommation.
Cette réflexion est indispensable pour accélérer la mise en œuvre de nouveaux bâtiments permettant d’accompagner le développement croissant de la livraison en ville, dopée notamment par le e-commerce.

La seconde tendance portera sur la réhabilitation des bâtiments. La qualité du foncier de certains bâtiments ainsi que les exigences en matière de réactivité et d’optimisation des coûts imposent d’améliorer les performances des entrepôts. SAGL travaille déjà sur plusieurs projets de réhabilitation. L’intégration l’an passé d’un BET (thermique, CVC, ICPE) au sein de l’agence, qui porte notre équipe à 40 collaborateurs,  nous permet de répondre plus rapidement et avec davantage de maîtrise à cette nouvelle tendance.

 
 

Au cœur d’un quartier résidentiel, une plateforme logistique innovante (partie 1)

12 déc

Chapelle International - SAGL - Logistique urbaine

Le projet de plateforme logistique urbaine «Chapelle International»* a été dévoilé par Sogaris et la SNCF. Ce projet, au cœur du XVIII arrondissement de Paris, est innovant à plusieurs niveaux : son intégration paysagère dans un milieu résidentiel et sa contribution globale à la préservation de l’environnement. Ben Burke, architecte et chef du projet « Chapelle International » chez SAGL, nous livre les spécificités de ce bâtiment.

Quels défis doivent relever un bâtiment logistique dans une zone résidentielle ?

Pour le confort des habitants, le premier enjeu est la réduction des nuisances sonores que peuvent occasionner une activité logistique, surtout lorsque le bâtiment est embranché fer, comme c’est le cas avec Chapelle International.
Le deuxième défi repose sur le confort visuel : il faut trouver des solutions pour que les riverains n’aient pas sous leurs fenêtres un énorme cube.

Chapelle International - SAGL - Logistique urbaine

Quelles solutions architecturales avez-vous proposées pour réduire les nuisances sonores ?

Tout d’abord, le plan d’aménagement du quartier, crée par le cabinet AUC, a prévu l’implantation de la base fret a été positionnée entre le faisceau ferroviaire et le quartier résidentiel pour protéger les habitants du bruit occasionné par les trains.

Ensuite, le programme exigeait d’intégrer à l’intérieur du bâtiment le chargement et le déchargement des camions et des trains. Nous avons donc imaginé un bâtiment pouvant accueillir des trains et des camions, ce qui est plutôt rare ! Cette innovation a été possible grâce à des systèmes de ventilation et de sécurité incendie renforcés et surtout à une structure étudiée pour résister au poids et aux vibrations liés aux trains. Cette structure massive en béton formera aussi une enveloppe étanche au bruit.

A l’extérieur du bâtiment, sur la façade Ouest longée par la voie ferrée, nous avons disposé des lames en béton associé à des granulés bois. Outre l’aspect visuel rappelant les traverses des trains, ce matériau absorbe le bruit, créant ainsi un écran tampon avec les bâtiments résidentiels alentours. La toiture végétalisée contribuera aussi à l’absorbation sonore.
Rappelons également que le planning du projet prévoit la construction de la base fret avant le chantier de l’ensemble immobilier (projet global avec 100.000 m2 de logements) : les futurs résidents seront épargnés des perturbations liées au chantier.

Du côté logistique, Sogaris a élaboré un cahier des charges visant à réduire le bruit :
- la voirie d’accès à la base fret sera recouverte d’un revêtement absorbant le bruit ;
- les chargeurs devront s’équiper de véhicules électriques et de moyens de manutention silencieux (NormesPIEK), limiter leur vitesse d’accès à 15 km/h, ne pas stationner sur la voie d’accès et exploiter la base fret portes fermées.

Chapelle International - SAGL - Logistique urbaine

Qu’avez-vous proposé pour l’intégration paysagère ?

Nous avons opté pour un entrepôt peu élevé afin de ne pas couper la vue. Pour maintenir une surface de stockage importante, une solution avec un niveau en sous-sol a été retenue.

Ensuite, la façade la plus visible des riverains a été particulièrement soignée : nous avons cassé l’importante volumétrie de l’entrepôt par des arcades. Ces dernières rappellent les anciennes voies de chemin de fer ou les oléoducs, un clin d’œil à la coulée verte près de la gare de Lyon. Les matériaux choisis pour les arcades (briques pour les murs et probablement zinc pour la toiture) sont à la fois authentiques et modernes. Notre objectif est d’offrir un visage subtil et plus humain à cet outil de travail industriel.

Enfin, pour adoucir l’intégration de la base fret, nous avons consacré un espace important à l’environnement avec un mur végétalisé (en continuité des arcades) et avec des espaces verts sur la cinquième façade (le toit) : c’est un « poumon vert » qui se déploie sur près de 18.000 m2.

Comment parvient-on à créer un bâtiment si singulier ?

L’un des facteurs de succès majeurs est sans doute de travailler en équipe avec Sogaris. En nouant cette relation de partenariat, nous avons pu bâtir un projet répondant précisément à leurs attentes.
Plus globalement, ce projet à été construit sous le sceau du partenariat, notamment entre Sogaris et la SNCF. L’ensemble des partenaires a dès le départ imaginé un programme ambitieux empreint d’une réflexion innovante.

Pour en savoir plus sur le projet : voir le communiqué de presse de Sogaris
*SAGL est l’agence d’architecture lauréate pour ce projet