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Les nouveaux défis de la logistique urbaine

Selon Daniel Boudouin, du cabinet Jonction et membre du CRET-LOG (Centre de REcherche sur le Transport et la LOGistique), la logistique urbaine se développe de manière hétérogène : les transports propres sont en pleine croissance alors que les projets immobiliers peinent à décoller. Il nous livre son point de vue sur les mutations de la logistique en ville.

Quelles évolutions modifient la logistique urbaine ?

Tout d’abord, l’essor du e-commerce a densifié le trafic urbain : il représente aujourd’hui dans certaines zones jusqu’à 30% des mouvements. Les particuliers sont devenus une nouvelle cible significative à livrer, aux côtés des commerçants et des sociétés de services. Parallèlement, chaque catégorie de client exprime des exigences souvent contradictoires en terme d’horaires de livraison : les commerçants veulent être livrés entre 10h et midi, les sociétés de services tôt le matin et les particuliers en horaires décalés. De quoi faire exploser le système actuel de livraisons « géographiques », fondé sur une optimisation des tournées.

La règlementation accompagne-t-elle ce mouvement ?

Côté transports, la logistique en ville est la source de 20 à 30 % des problèmes d’engorgement et de pollution (dans l’air, de bruit). Les pouvoirs publics répondent à ces nuisances par des règlementations toujours plus dures. La mission des messagers et livreurs devient difficile à tenir.
Côté plateforme, il n’y a pas de réelle volonté politique d’allouer du foncier à un prix abordable pour l’immobilier logistique. Ce qui pénalise ce secteur.

D’autres évolutions à relever ?

En employant davantage les transports propres et doux (camionnettes électriques, tricycles), les livreurs ont besoin de points de relais dans les zones centrales compte tenu de la plus faible autonomie des dits transports. Les institutionnels doivent tenir compte des avantages procurés par les transports propres et offrir dans le même temps le foncier nécessaire à leur développement.

La logistique en ville est à bout de souffle ?

C’est plutôt l’absence de gestion logistique en ville qui n’est plus tenable : on touche les limites du système. Aux pouvoirs publics d’intégrer dans leur plan d’urbanisme et de transport les flux de marchandises, avec les arbitrages indispensables en matière de foncier.
Certaines villes ont compris que la logistique était un enjeu stratégique, comme Monaco. La Principauté gère la rareté de l’espace et met en œuvre des solutions pour optimiser sa logistique : centre de distribution urbain, zones logistiques déportées, hôtel logistique en cours de réflexion.
Bref, chaque ville peut trouver des solutions logistiques adaptées à ses spécificités, à condition d’associer les acteurs de la logistique à la réflexion.

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