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« La qualité d’une plateforme logistique est un critère de durabilité »

Frédéric Larroumets, Directeur du patrimoine de la société Argan, revient sur les actions durables menées sur les projets logistiques. Il souligne notamment comment équilibrer le triptyque économique, environnemental et social . Interview.

Comment présenter le développement durable en atout pour la logistique ?

La démarche de développement durable d’Argan est avant tout pragmatique. Les parties prenantes, dont au premier chef nos clients, attendent des solutions pérennes et adaptées à leurs besoins. C’est pourquoi nous cherchons à réaliser des ouvrages qui s’inscrivent sur le long terme en fonction de leur utilisation. La qualité de la conception tout comme le choix des matériaux sont des gages de durabilité du bâtiment.
Le pragmatisme se décline également en matière d’investissement : il est important de présenter l’intérêt économique d’une solution écologique. C’est pourquoi nous évaluons le retour sur investissement de chaque option environnementale en tenant compte des conditions d’utilisation. C’est un exercice qui n’est pas toujours facile mais c’est une manière de sensibiliser l’utilisateur et de l’aider dans ces choix.

Arrêtons-nous sur le volet économique : quelle est votre approche pour limiter les coûts, voire les surcoûts ?

Le premier levier décisif pour réaliser des bâtiments performants est d’étudier un projet très en amont. A ce stade, le choix de l’implantation du bâtiment offre des perspectives d’économies non négligeables.
Ensuite, nous étudions chaque poste de coût avec un objectif d’optimisation économique et écologique. Pour certains postes, nous arrivons à la neutralité économique mais dans tous les cas l’impact environnemental est réduit de manière significative.
Il faut noter enfin que le manque de recul sur la mise en œuvre de solutions innovantes ne permet pas encore de garantir un retour sur investissement précis. Mais nous créons de l’expérience et sommes partie prenante du groupe de travail mené par Afilog sur la mise en place d’une plateforme d’informations sur les consommations des bâtiments. Cet outil permettra d’avoir un benchmark large sur lequel nous pourrons nous appuyer lors de nos préconisations d’optimisation.

A ce propos, comment faites-vous le lien entre efficacité énergétique et performance environnementale ?

Dans notre démarche d’efficacité énergétique, nous traduisons les économies d’énergie en économies d’émissions de CO2. C’est un des volets de notre approche environnementale qui aborde d’autres dimensions : gestion de l’eau, intégration paysagère, etc. A ce propos, nous menons une réflexion approfondie qui peut nous amener à mettre en œuvre des actions innovantes, comme par exemple l’intégration d’un potager, apprécié des utilisateurs.
Nous avions enfin des projets d’équipements de panneaux photovoltaïques, qui constituaient une alternative viable en matière énergétique. Ces projets ont été suspendus faute de visibilité. Je regrette cette évolution de la réglementation car les bâtiments logistiques offraient de réels atouts pour le développement de cette énergie verte (pas de nuisance visuelle, grande surface de toiture, acteurs très impliqués).

Pour finir, un mot sur l’aspect social ?

Nous sommes persuadés que le bâtiment et son intégration contribuent au bien-être des utilisateurs. C’est pourquoi nous portons nos efforts sur les cibles de confort du référentiel HQE ( comme par exemple la clarté des entrepôts) mais aussi sur des points plus spécifiques tels que les voies de circulation des personnes.

« La réhabilitation va devenir un véritable enjeu »

Selon l’enquête de Kurt Salomon/Generix, la performance de l’activité logistique est plutôt bien mesurée avec des indicateurs économiques (réductions des coûts de transport, baisse des stocks, etc.) mais souffre d’indicateurs sur le volet environnemental.

Olivier Barge, Head of Technical de la société Goodman, nous livre son point de vue sur l’immobilier logistique durable. Il illustre notamment le lien nécessaire entre l’économie et l’environnement.

Quelle est l’approche de Goodman en matière de développement durable ?

Olivier Barge : Nous menons systématiquement une réflexion environnementale sur tous les entrepôts logistiques, même si nos clients n’en formulent pas la demande, à savoir la plupart du temps. Avec la crise, les besoins se focalisent principalement sur des bâtiments fonctionnels et bien localisés. Mais si les attentes environnementales restent encore marginales, nous sommes persuadés que le bâtiment vert sera incontournable dans quelques années.

Comment convaincre vos clients de vous suivre dans cette voie ?

O.B. : le retour sur investissement d’un bâtiment performant économiquement et écologiquement est encore difficile à mesurer. Nous savons que ce type d’entrepôts coûte de 5 à 15 % plus cher. Nos clients hésitent donc à investir sur des bâtiments environnementaux sans avoir de visibilité sur les économies futures. C’est pourquoi Goodman mène une réflexion sur la garantie d’un coût énergétique au m2 à l’utilisation. Dans cette démarche, nous en sommes à la phase d’investigation sur des bâtiments performants : le suivi de leur consommation nous permettra de comprendre les impacts des solutions apportées. Nous pourrons alors bâtir des outils de gestion des consommations et garantir le gain économique lié à l’efficacité énergétique.

La certification est-elle un levier supplémentaire pour motiver les parties prenantes ?

O.B. : Les groupes positionnés sur le luxe par exemple sont attentifs à leur image et la certification répond à leurs attentes. Mais pour la majorité des acteurs, la certification n’est pas prioritaire. Goodman a pour sa part une expérience réussie sur la certification HQE. Pourtant, notre rayonnement international nous amène à étudier d’autres labels. La certification BREEAM retient notre attention puisqu’elle est assez proche de l’HQE tout en ayant une reconnaissance internationale.

Les nouveaux bâtiments captent l’essentiel de l’attention alors que la fin de vie des bâtiments est rarement évoquée, pouvez-vous illustrer votre démarche sur ce cycle un peu oublié ?

O.B. : Nous pensons que la réhabilitation va devenir un enjeu majeur dans la mesure où le foncier se raréfie et que certains entrepôts vieillissants méritent d’être optimisés. Goodman vient de livrer un nouveau bâtiment* (45000 m2) issu de la réhabilitation de deux bâtiments anciens (15000 m2 chacun). L’approche environnementale a été plébiscitée sur ce projet puisque les matériaux de la démolition des deux bâtiments existants ont été recyclés dans le nouveau bâtiment (recyclage du béton pour les fondations et voiries, réutilisation de la charpente métallique et des briques en terre cuite). Cette solution de recyclage des matériaux s’est traduite par une réduction des coûts. Nous avons également mis en place un éclairage mixte (blanc et jaune alterné) pour concilier confort d’utilisation et maîtrise des coûts.  La réhabilitation présente donc de multiples atouts.

*Note de la rédaction : bâtiment réalisé avec le concours de SAGL

Mobilisation autour de la logistique urbaine

La logistique urbaine est un des enjeux majeurs de la prochaine décennie. Pour répondre aux multiples attentes, de nombreux acteurs se mobilisent en groupes de travail et autres commissions. Focus sur deux initiatives.

Le club du dernier kilomètre de livraison (CDKL)

Le 4 mai dernier, le CDKL était lancé à l’initiative du Club des voitures écologiques et du Groupement des autorités responsables de transport (Gart). Il est co-présidé par Roland Ries, sénateur-maire de Strasbourg et président du Gart, et Jean-Louis Léonard, député de Charente-Maritime et président du Predit (Programme de recherche et d’innovation dans les transports terrestres). Selon ce club, 25% des émissions de gaz à effet de serre émis par les différentes formes de mobilité urbaine émanent des livraisons et seules 25% des réalisations en matière de logistique urbaine dans les plans de déplacements urbains sont mises en œuvre alors que la loi SRU les a rendues obligatoires.
Pour en savoir « un peu » plus : cliquer ici

Turblog

Les français ne sont pas les seuls à se pencher sur la logistique urbaine et Turblog est une plateforme d’échanges de connaissances internationales sur ce sujet. Ce centre de ressources organise également des ateliers de travail, dont le dernier s’est déroulé  à Paris le 28 avril 2011. Les présentations des différents acteurs européens sont en ligne. Sur l’exposé présenté par Hervé Levifve, APUR, on peut y lire les chiffres sur le fret parisien (par exemple : les flux de marchandises s’élèvent à 32 millions de tonnes, dont 1 million par rail et 2,5 millions en fluvial), les évolutions de régulation et les exemples de coopération public – privé illustrés par de nombreuses expérimentations (Chronopost, Monoprix, etc.).
Pour en savoir plus, voir le site www.turblog.eu

La géolocalisation des bâtiments HQE par Certivéa

  • Posté le 19 janvier 2011
  • Dans les rubriques Foncier
  • Auteur

Certivéa vient de mettre à jour la cartographie des bâtiments certifiés HQE. Sur la « google map » ci-dessous, vous pourrez visualiser toutes les opérations certifiées NF Bâtiments Tertiaires – Démarche HQE avec ou sans label HPE. En violet, vous retrouverez les bâtiments logistiques.

Plus de détail sur cette carte et les bâtiments en légende : voir l’actualité de certivéa


Afficher Opérations certifiées NF Bâtiments Tertiaires – Démarche HQE avec ou sans label HPE sur une carte plus grande

La valeur verte de l’immobilier : un argument pour les promoteurs

  • Posté le 14 décembre 2010
  • Dans les rubriques Foncier
  • Auteur

Novethic, avec le soutien de l’Ademe, a publié en novembre dernier la quatrième édition de son baromètre sur la communication de l’éco-performance des bâtiments.

L’étude montre que les promoteurs et les foncières ont majoritairement intégré dans leur reporting les efforts entrepris en matière de performance environnementale (efficacité énergétique et réduction des émissions de CO2). Ces démarches sont notamment motivées par une pression réglementaire plus forte.

En revanche, Novethic souligne que les gestionnaires d’actifs restent encore à séduire. Pour eux, la performance environnementale n’est pas forcément synonyme de performance économique. Ils font valoir qu’il n’y a à ce jour aucune visibilité sur la revente de bâtiments HQE, et donc d’arguments tangibles.

Véronique Smée, l’auteur de l’article, souligne néanmoins que le durcissement du Grenelle 2 ainsi que le lancement du « bail vert » vont renforcer la pertinence de la démarche environnementale, qui sera alors adaptée au contexte. Cela sera-t-il suffisant pour convaincre les gestionnaires d’actifs à mieux intégrer la valeur verte dans leurs choix ?

Pour lire l’article complet : voir Novethic

Télécharger : le baromètre du reporting sur l’éco-performance des bâtiments (Novethic)

Gazeley met les moyens pour sa future plateforme logistique

C’est un peu la marque de fabrique de Gazeley : réaliser des bâtiments «verts» avec une promotion puissante. La future plateforme de 74.000 m2 dédiée à B&Q, au cœur de G.Park Swindon (dans le sud-ouest de l’Angleterre) ne déroge pas à la règle.

Des atouts environnementaux

La plateforme, livrée en juin 2011, s’inscrit dans une démarche environnementale forte. L’ouvrage s’illustre grâce à un volet recyclage / déchets suffisamment important pour être souligné : réseau de collecte des eaux de pluie, surface d’environ 1500 m2 dédiée au recyclage et au tri des déchets, utilisation de matériaux recyclés. L’intégration environnementale n’est pas négligée : 500 arbres seront plantés. Côté énergie, un mur solaire sera en place. Au final, Gazeley promet une réduction des coûts d’exploitation tout comme une diminution des émissions de CO2.

Un marketing puissant

Il faut bien le reconnaître, le site promotionnel dédié à cette plateforme est intéressant : suivi du chantier en temps réel avec un graphique de progression du programme mais surtout avec 2 webcams sur le chantier ! Des séquences vidéos et la documentation technique complètent le dispositif.

A voir sur www.gparkswindon.com

L’enregistrement : procédure simplifiée, délais raccourcis

Afilog organisait le 29 septembre dernier un colloque sur le Régime d’enregistrement appliqué à la logistique. SAGL était présent et dresse en quelques lignes ce qu’il faut en retenir.

Un nouveau régime de classement ICPE vient de voir le jour : L’ENREGISTREMENT, intermédiaire entre le régime de DECLARATION et d’AUTORISATION. Sept rubriques de la Nomenclature des ICPE sont aujourd’hui concernées, dont les plus couramment utilisées en bâtiment entrepôts, les 1510, 1511, 1530, 2662 et 2663, bien connues des logisticiens. D’autres rubriques à l’étude verront le jour prochainement sous ce nouveau régime.

L’objectif affiché est de simplifier la procédure par rapport au régime d’Autorisation. Il devrait concerner 90 % des futurs projets d’entrepôts logistiques et permettre ainsi aux inspecteurs d’augmenter leur fréquence de visite de contrôle des sites en exploitation.

Ce nouveau régime, outre qu’il devrait réduire le délai d’instruction (environ 5 mois au lieu des 12 / 15 mois courant), réduit le délai de recours contentieux. Il impose l’utilisation de FLUMILOG pour déterminer les distances de flux thermiques, modèle de calcul qui pourrait s’imposer à l’avenir en AUTORISATION.

Cette procédure permet aussi de déposer conjointement sur un même projet plusieurs demandes d’ENREGISTREMENT (et DECLARATIONS) indépendantes les unes des autres. Il permet aussi une « montée en puissance » d’un site d’ENREGISTREMENT vers l’AUTORISATION planifié dans le temps.

Néanmoins un risque subsiste, même si, en principe, encadré, du BASCULEMENT du régime d’ENREGISTREMENT vers l’AUTORISATION, d’un dossier en cours d’instruction, avec pour conséquence principale une augmentation du délai d’instruction susceptible d’invalider la faisabilité d’un projet.

Pour lire le point de vue d’autres intervenants présents lors de ce colloque : voir l’article Business Immo

Thierry Griveaux

La logistique urbaine a son guide

Problèmes

Les enjeux qui pèsent sur la ville et la logistique deviennent chaque jour plus visibles : comment livrer davantage de marchandises dans des espaces de plus en plus encombrés ? Alors que la logistique urbaine est souvent associée à des nuisances (pollution environnementale et bruit), elle est pourtant synonyme de dynamisme économique. Elle répond en effet à de nouveaux comportements d’achats (e-commerce, consommation de proximité).

Rapprocher les intérêts

Pour réconcilier les habitants, les commerçants, les communes et les acteurs de la logistique, l’ADEME et France Nature Environnement viennent d’éditer le guide de la logistique urbaine. Ce guide s’appuie sur le travail d’un groupe ouvert à de très nombreuses parties prenantes : France Nature Environnement, le Groupement des Autorités Responsables de Transport (GART), Proxiway (Veolia Transport), le Centre d’études sur les Réseaux, les Transports, l’Urbanisme et les constructions publiques (CERTU), les fédérations du transport, etc.

A la clé, un guide qui se compose de trois parties :

* un état des lieux de la logistique urbaine en France ;
* des préconisations visant à impulser une vraie dynamique auprès des Autorités Organisatrices de Transport Urbain (AOTU), des collectivités territoriales et des professionnels ;
* des exemples d’expérimentations publiques et privées.

Volonté

La lecture du guide révèle un grand nombre d’opportunités à saisir (mieux calibrer les aires de livraison, instance permanente de concertation par exemple) sans masquer les freins au changement (réglementation, surcoût).
On comprend alors très vite que sans une volonté forte des principaux acteurs, les bonnes pratiques recensées dans ce guide risquent de rester au stade d’expérimentations.

Télécharger le guide de la logistique urbaine : cliquer ici

L’immobilier logistique : des signes encourageants pour fin 2010

  • Posté le 13 septembre 2010
  • Dans les rubriques Foncier
  • Auteur

BNP Paribas Real Estate a livré en juillet dernier son étude sur l’immobilier logistique.
L’étude révèle les principaux enseignement suivants :

  • un premier semestre 2010 fragile : 710 000 m² d’entrepôts ont changé de main au cours de 50 transactions, soit 15 % de moins qu’à la même période en 2009 ;
  • l’offre de seconde main s’est imposée (+15 % depuis décembre 2009) alors que le stock de neuf se résorbe doucement ;
  • les logisticiens (comme Norbert Dentressangle) ou certains grands chargeurs (Décathlon ou Point P) ont consolidé leur maillage territorial ;
  • la région parisienne résiste mieux que les autres régions françaises : 426 000 m² commercialisés ;
  • Les loyers sont en baisse, notamment liés à une offre importante et une activité en baisse.

Retrouvez tous les détails en chiffres et en graphiques en cliquant ici

Pouvoirs publics : comment accompagner la logistique urbaine ?

Où en est-on en France et à l’étranger sur la logistique urbaine ? Quels leviers peuvent être actionnés par les pouvoirs publics pour stimuler l’essor d’une logistique en harmonie avec la ville ? Comment concilier haute qualité, création de valeur et d’emplois ?

Le Pôle interministériel de prospective et d’anticipation des mutations économiques (PIPAME) livre des réponses avec la publication de son étude prospective. Au-delà de l’état des lieux, il dresse 5 orientations d’amélioration :

  • la mutualisation : elle doit concerner les véhicules, les aires de livraison, les plates-formes de groupage-dégroupage, les moyens techniques ou les données. Bref, transport, immobilier et organisation sont appelés à être partagés ;
  • les véhicules : convertir le parc avec l’utilisation croissante de véhicules propres (carburants alternatifs ou électriques) ;
  • le foncier logistique : reconquérir la ville avec des concepts comme le city-hub, projets innovants mixant logistique, bureaux, préparation des commandes, etc. ;
  • l’accueil des véhicules de livraison : accentuer le contrôle sur les aires de livraison pour éviter l’encombrement illicite et mettre en place un système de « réservation » de ces aires ;
  • la structure commerciale : offrir une réponse plus large au besoin de livraison à domicile, porteuse de valeur ajoutée et d’emplois.

A la clé, le PIPAME propose 7 recommandations que les pouvoirs publics devraient suivre pour encourager la logistique urbaine.

Télécharger l’étude prospective du PIPAME (nov 2009) : résumé ou étude intégrale