Rubrique : Fin de vie

Home»Archive by Category "Fin de vie"

L’économie circulaire s’invite dans les parcs logistiques

Parmi les défis de la loi sur la transition énergétique, le traitement de plus de la moitié des déchets ménagers et de 70 % des matériaux de construction d’ici 2020 s’avère une véritable opportunité pour les acteurs de la logistique, avec de réelles synergies à la clé. L’aménagement de l’éco-parc LOGIPARC 03 à Moulins dans l’Allier en est la parfaite illustration.

Le transport, le maillon stratégique à mutualiser

Que l’on parle de logistique ou de traitement de déchets, limiter le poids du transport est un objectif central, aussi bien pour les économies financières qu’il engendre que pour son impact environnemental. Sur le territoire de Moulins, la « reverse logistique » est déjà pratiquée par SCA Centre, membre du groupe Leclerc, qui collecte chaque année près de 7.000 tonnes de carton, plastique, bois et emballages lors de ses tournées de livraison, sur environ 30.000 t générées par la communauté. Si ces déchets ne sont pas traités sur place pour le moment, leur valorisation sur le parc serait très prometteur.
Enfin, à côté des déchets banals, les déchets spéciaux pourront bénéficier du fret ferroviaire puisque le parc est embranché fer. Un appel à candidature est en cours pour sélectionner un exploitant sur ce type d’activité.

Le traitement de déchets, un levier de croissance et d’emplois

Dès sa conception, LOGIPARC 03 s’est positionné sur la protection de l’environnement avec une démarche conforme à l’iso 14001 et SEVESO. En découle une offre foncière cohérente pour les entreprises du recyclage, qui bénéficient d’une quinzaine d’hectares, une aubaine compte tenu de la pénurie sur ce segment particulier. La qualité foncière est amplifiée par une desserte routière riche (au carrefour des axes N7, A77 et RCEA) et ferrée.
En contribuant à l’économie du territoire, à l’emploi de proximité et à la préservation de l’environnement (moins de CO2 lors du transport, valorisation des déchets), le recyclage est une activité complémentaire d’avenir au sein des parcs logistiques.

LOGIPARC 03 en bref

  • La Communauté d’agglomération de Moulins regroupe 26 communes d’une superficie de 750 km², et un bassin de vie de 100 000 habitants.
  • compétitif, le prix du foncier sur LOGIPARC 03 : 15 €HT/m²
  • un investissement de plus de 30 M€
  • à terme, création de 1 500 à 2 000 emplois directs

Pour en savoir plus : logiparc03.com

Crédit Photo : mbeo – Flick’r

 

HQE®, BBC, recyclage : l’environnement choyé pour l’entrepôt d’Argan

Argan confirme son engagement pour le développement durable avec la livraison d’un bâtiment respectueux de l’environnement. Cet entrepôt, implanté sur un ancien site industriel à Trappes, est exploité par Auchan.

Performance énergétique

La plateforme de 52.217 m2 est composée de 8 cellules dont les 3 premières ont été livrées en octobre. Les 5 cellules restantes sont prévues pour début 2013. Le bâtiment, sur-isolé et doté d’un système de chauffage performant, vise la certification HQE (et des bureaux BBC).

Valorisation des déchets

La reconversion d’un site industriel génère une quantité importante de déchets liés à la démolition des installations vétustes et à la dépollution (sols, chantier). Dans le cas de ce projet, les déchets ont été limités par la valorisation des aciers (charpente) et par l’utilisation du béton (après concassage) pour les remblais.

Sans oublier le confort des utilisateurs

Enfin, les toits des locaux techniques accolés aux bureaux ont été en partie végétalisés et aménagés en « espace de détente ». Les collaborateurs pourront utiliser ces espaces pendant les beaux jours pour prendre leur déjeuner en terrasse !

Crédit Photo : SAGL

Réhabiliter un site industriel en plate-forme logistique

Prologis vient de boucler un projet immobilier de 230 000 m2 à Moissy-Cramayel, avec une livraison prévue pour 2014. La spécificité de ce programme : requalifier un ancien site industriel de PSA en plate-forme logistique.

Cette réhabilitation présente de nombreux atouts économiques et environnementaux :

  • un foncier de qualité (emplacement stratégique, surface importante),
  • le projet ne consomme pas de terres cultivables supplémentaires,
  • certains bâtiments existants sont conservés (poste de garde, une partie des locaux techniques, de la voirie et du réseau d’assainissement)
  • la sauvegarde d’espaces arborés (arbres de grande taille) permettant également une bonne intégration paysagère,
  • la possibilité de valoriser les matériaux de démolition (acier, dalle béton) sur le site et donc d’alléger la consommation de nouvelles ressources,
  • un embranchement fer possible sur 3 bâtiments.

 

Un festival de reconversions de conteneurs (part 2)

Une zone commerciale piétonne 

Toujours en Nouvelle Zélande, après un tremblement de terre dans la ville de Christchurch, la société RE:Start a créé un centre commercial à ciel ouvert avec des conteneurs. Un très beau projet présenté sous toutes ses coutures avec des photos, films et visions 360°. Pour en savoir plus sur le projet

 

Une clinique mobile

Comment transformer des conteneurs en cliniques pour les livrer dans des parties du monde où les soins sont devenus une urgence, comme par exemple en Haïti. C’est le défi que relève l’association américaine Containers2clinics. Pour en savoir plus sur l’activité de l’association et voir la vidéo de la transformation ci-dessous :

Un restaurant « dépliable » et solaire

Du côté du Canada, Muvbox s’attaque à l’ouverture d’un restaurant en 90 secondes. De l’imagination, un peu de soleil et hop, les clients s’attablent pour déguster du homard ! Pour en savoir plus ou voir le film ci-dessous

Un festival de reconversions de conteneurs (part 1)

L’été est une occasion de laisser vagabonder notre regard sur l’inspiration créative des rois de la récup. Tour d’horizon des détournements de conteneurs pour des fonctionnalités parfois originales.

Une champignonnière au cœur de Paris

U-farm, c’est le nom du projet fou mené par Upcycle. Dans un conteneur, l’entreprise dispose du marc de café et des déchets verts pour faire pousser des pleurotes. Une personne en réinsertion gèrera la production, distribuée via des AMAP. Et le saviez-vous, un conteneur de 30 M2 pourrait générer jusqu’à 10 tonnes de champignons par an ! Voir le détail du projet

 

Une épicerie mobile au cœur des quartiers

Aux États-Unis, certains quartiers sont désertés par les commerçants. La solution ? des épiceries mobiles et temporaires intégrées dans des conteneurs. A la clé, une dynamique de territoire et sociale. Pour en savoir plus ou visionner la vidéo ci-dessous

Un cinéma en Nouvelle-Zélande

A l’occasion de la coupe du Monde de rugby l’an passé, les villes d’Aukland et de Wellington ont proposé une exposition avec des écrans vidéo dans des conteneurs. Voir le projet en détail

 

 

Série d’été : Que faire avec des palettes ?

La France s’arrête au mois d’août ? En tout cas, elle marque une pause. L’occasion d’évoquer des sujets décalés et innovants.
L’été dernier nous avions publié un projet original d’étudiants qui avaient recyclé des palettes pour créer un petit espace de vie.
Cette année, deux projets de recyclage ont attiré notre attention.

Aménagement intérieur : tendance et récup’

Comment aménager 245 m2 de bureaux avec des palettes ? La réponse en images (+ toutes les autres prises de vues à voir en cliquant ici). Mobilier, escaliers et aménagements ont nécessité 270 palettes et un budget de 50.000 euros.

Besoin d’une chaise longue ?


fabriquer une chaise longue en palette par espritcabane

« La réhabilitation va devenir un véritable enjeu »

Selon l’enquête de Kurt Salomon/Generix, la performance de l’activité logistique est plutôt bien mesurée avec des indicateurs économiques (réductions des coûts de transport, baisse des stocks, etc.) mais souffre d’indicateurs sur le volet environnemental.

Olivier Barge, Head of Technical de la société Goodman, nous livre son point de vue sur l’immobilier logistique durable. Il illustre notamment le lien nécessaire entre l’économie et l’environnement.

Quelle est l’approche de Goodman en matière de développement durable ?

Olivier Barge : Nous menons systématiquement une réflexion environnementale sur tous les entrepôts logistiques, même si nos clients n’en formulent pas la demande, à savoir la plupart du temps. Avec la crise, les besoins se focalisent principalement sur des bâtiments fonctionnels et bien localisés. Mais si les attentes environnementales restent encore marginales, nous sommes persuadés que le bâtiment vert sera incontournable dans quelques années.

Comment convaincre vos clients de vous suivre dans cette voie ?

O.B. : le retour sur investissement d’un bâtiment performant économiquement et écologiquement est encore difficile à mesurer. Nous savons que ce type d’entrepôts coûte de 5 à 15 % plus cher. Nos clients hésitent donc à investir sur des bâtiments environnementaux sans avoir de visibilité sur les économies futures. C’est pourquoi Goodman mène une réflexion sur la garantie d’un coût énergétique au m2 à l’utilisation. Dans cette démarche, nous en sommes à la phase d’investigation sur des bâtiments performants : le suivi de leur consommation nous permettra de comprendre les impacts des solutions apportées. Nous pourrons alors bâtir des outils de gestion des consommations et garantir le gain économique lié à l’efficacité énergétique.

La certification est-elle un levier supplémentaire pour motiver les parties prenantes ?

O.B. : Les groupes positionnés sur le luxe par exemple sont attentifs à leur image et la certification répond à leurs attentes. Mais pour la majorité des acteurs, la certification n’est pas prioritaire. Goodman a pour sa part une expérience réussie sur la certification HQE. Pourtant, notre rayonnement international nous amène à étudier d’autres labels. La certification BREEAM retient notre attention puisqu’elle est assez proche de l’HQE tout en ayant une reconnaissance internationale.

Les nouveaux bâtiments captent l’essentiel de l’attention alors que la fin de vie des bâtiments est rarement évoquée, pouvez-vous illustrer votre démarche sur ce cycle un peu oublié ?

O.B. : Nous pensons que la réhabilitation va devenir un enjeu majeur dans la mesure où le foncier se raréfie et que certains entrepôts vieillissants méritent d’être optimisés. Goodman vient de livrer un nouveau bâtiment* (45000 m2) issu de la réhabilitation de deux bâtiments anciens (15000 m2 chacun). L’approche environnementale a été plébiscitée sur ce projet puisque les matériaux de la démolition des deux bâtiments existants ont été recyclés dans le nouveau bâtiment (recyclage du béton pour les fondations et voiries, réutilisation de la charpente métallique et des briques en terre cuite). Cette solution de recyclage des matériaux s’est traduite par une réduction des coûts. Nous avons également mis en place un éclairage mixte (blanc et jaune alterné) pour concilier confort d’utilisation et maîtrise des coûts.  La réhabilitation présente donc de multiples atouts.

*Note de la rédaction : bâtiment réalisé avec le concours de SAGL

Bilan carbone d’une plateforme logistique mené par GSE

L’accès aux données sur le bilan carbone d’un entrepôt logistique est rare et parcellaire. Alors la présentation de GSE sur une expérience carbone menée sur un entrepôt en Rhône Alpes fait figure d’exception. Synthèse de ce que l’on peut retenir sur l’évaluation des émissions d’équivalent carbone d’un bâtiment à partir du Bilan Carbone de l’Ademe :

1 : Phase « construction »

> la construction d’un bâtiment logistique peu isolé génère environ 300 Kg éq CO2/m2,
> pour le lot gros œuvre, le poste fondations pèse presque 70 % des émission de GES, les voiles et longrines sont le deuxième poste avec près de 18 %,
> au sein des fondations, l’utilisation de béton (intrant) pour la structure armée a l’impact majeur (un peu moins des 2/3) et viennent ensuite les armatures en aciers pour un peu moins d’un quart,
>dès lors, l’utilisation d’une charpente en bois à la place du béton vient réduire le poids des émissions d’Eq. Carbone.

2 : Phase « durée de vie »

> la vie de ce bâtiment (sur 30 ans et chauffé à 5°C en région lyonnaise) se traduit par une émission d’environ 700 Kg éq CO2/m2, avec une réduction de 10 % si ce bâtiment est bien isolé (RT 2005),
> dans le cas de ce bâtiment, l’éclairage représente un peu moins de la moitié des émissions d’Eq carbone par rapport à celles liées au chauffage (pour un bâtiment chauffé à 5°C).

3 : Phase « fin de vie »

> selon l’hypothèse de Ademe, l’impact en fin de vie est de 4 Kg eq carbone / tonne de déchet (basée sur l’hypothèse d’une simple mise en décharge).

Pour en savoir plus : voir le document de GSE

La construction durable vue par les américains

Mi-novembre se déroulait le salon GreenBuild à Chicago. Nathalie Mettling d’Ubifrance a observé deux tendances majeures en matière de bâtiments verts qu’elle livre sur le site cleantech-republic. Ci-dessous ce qu’il faut retenir :

–    Les enjeux énergétiques sont la priorité des industriels comme des états outre-atlantique. L’offre en matière d’efficacité énergétique (isolants et compteurs intelligents électriques) est largement représentée voire même plébiscitée. Paradoxalement, la réglementation thermique américaine est moins exigeante que celle qui s’applique en Europe. La norme va néanmoins se renforcer : les bâtiments fédéraux devront être à énergie positive en 2030. L’auteur de l’article en conclut qu’aux Etats-Unis, l’image et le positionnement marketing sont des stimuli plus puissants que les normes. L’auteur note également que le savoir-faire français pourrait permettre à de nombreuses entreprises de tirer leur épingle du jeu, notamment via le France Green Building Council.

–    Dans le cycle de vie du bâtiment, la fin de vie n’est pas négligée. Une conférence de Mark Lennon de l’Institution Recycling Network révèle que « l’efficacité et le taux de recyclage sur un chantier de démantèlement peuvent être très élevés, la clé de réussite reposant en grande partie sur la formation des ouvriers ». Nous avions déjà évoqué la création du site D-Build dans le secteur du recyclage. Ci-dessous un exemple de recyclage « artisanal » de granit aux US :

Lire l’article complet sur cleantech republic

Les tonnes de déchets du bâtiment

Le ministère de l’écologie a publié fin octobre une étude sur la production de déchets en France. Le Moniteur a repris cette étude et consacre une sélection de tableaux chiffrés sur le secteur du bâtiment, premier producteur de déchets avec 254 millions de tonnes (soit 73,6 % des déchets produits par le secteur marchand). Revue de ce qu’il faut retenir des tableaux :

Quantités de déchets par secteur et par taille de l’entreprise

Sans surprise, c’est le secteur des travaux publics qui produit le plus de déchets (le double) par rapport au secteur du bâtiment. En revanche, plus surprenant, le volume de déchets des entreprises de TP de moins de 10 salariés reste élevé par rapport aux autres tailles d’entreprises.

Type de déchets et recyclage

Le secteur produit dans sa grande majorité des déchets non dangereux (99%). Aussi, parmi ces déchets, seuls 32% sont réutilisés ou recyclés par une autre entreprise, et 17% sont valorisés pour combler des carrières.  C’est sans doute de ce côté-là que des efforts restent à faire. Aux états Unis comme en France, des entreprises se créent pour répondre à cet objectif. Citons notamment D-Build qui est une place de marché pour les matériaux recyclés.
En France, cet été, une filière de recyclage des DEEE pour le bâtiment s’est créée (Récylum).

Voir le dossier complet : Le Moniteur

Philippe Gallois