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Archive for the ‘3- Construction’ Category

Bâtiments HQE : le point sur leurs performances

31 mai

L’association HQE a publié en mars dernier un bilan de la performance des bâtiments HQE en France. Ce bilan a été établi sur un retour d’expériences de 74 bâtiments, dont 14 dédiés à l’activité tertiaire. Bien que nous n’ayons pas de données directement liées aux plateformes logistiques, certains résultats méritent notre attention, ne serait-ce que pour valider s’ils sont pertinents dans le cadre des entrepôts.

HQE Performance 2011 dresse un bilan sur 3 grands thèmes : énergie – environnement, économie, santé – confort. Ci-dessous les points qui ont retenu notre attention :

  • Pour un même bâtiment, réduire la durée de vie de 100 a 50 ans, n’augmente que marginalement (entre 5 % et 10 %) les consommations d’énergie primaire,
  • Dans un bâtiment de bureaux basse consommation, les usages “réglementés” (le chauffage, les auxiliaires, l’eau chaude sanitaire, l’éclairage et la climatisation) représentent seulement 24 % de l’énergie primaire totale,
  • Prévoir une gestion technique centralisée des consommations et assurer un suivi régulier,
  • Les produits et équipements de construction pèsent au moins pour la moitié des émissions de Gaz à Effet de Serre,
  • Les bétons utilisant du ciment à taux réduits en CO2 ont un impact significatif sur les émissions de CO2 pour l’infrastructure et la superstructure du bâtiment,
  • Les produits de construction représentent au moins 70 % de la production de déchets inertes du bâtiment,
  • Environ 80 % des déchets dangereux du bâtiment sont liés au traitement des rejets d’eaux usées.

Des retours d’expériences et des pistes d’amélioration illustrent ces éléments.

Retrouvez le document complet Performance HQE en cliquant ici

 

Comment valoriser un bâtiment certifié ?

27 avr

Si encore quelques promoteurs hésitent à réaliser des bâtiments éco performants et à les faire certifier, voilà un exemple qui pourra les motiver. Patagonia, marque mondialement reconnue pour son engagement responsable, détaille par le menu (par le cycle de vie devrait-on dire) l’ensemble de ses actions durables réalisées. Parmi elles, on peut lire les efforts menés sur son centre à Réno, aux Etats Unis, certifié LEED (niveau gold).

A travers les atouts du bâtiment, Patagonia met davantage en valeur l’aspect pédagogique que l’innovation et rend accessible sa réflexion au plus grand nombre.

Sur le bâtiment étudié (15900 m2), les points clés valorisés sont les suivants :

  • Eau : traitement et récupération des eaux de pluie, optimisation des quantités d’eau utilisées (réduction)
  • Intégration paysagère et végétalisation avec des espèces locales
  • Optimisation énergétique, avec maximisation de l’éclairage naturel par exemple
  • Gestion centralisée de l’eau et de l’énergie avec « monitoring »
  • Réduction des déchets de construction
  • Matériaux : utilisation de matériaux locaux ou recyclés et du bois issus de forêts certifiées
  • Compensation carbone
  • Utilisation de détergents biodégradables et encouragement de modes de transports doux (avec équipements à la clé).

 

A l’heure où les grandes entreprises travaillent leur positionnement responsable, les solutions immobilières logistiques vertes constituent des preuves supplémentaires de leur engagement.

Pour plus de détails sur les atouts du bâtiment, ou sur la norme LEED revisitée par Patagonia : cliquer ici

 

Certivéa innove avec un référentiel enrichi et un affichage gradué

28 sept

La concurrence féroce entre les labels environnementaux des bâtiments pousse les acteurs à innover. Certivéa propose en cette rentrée 2011 deux innovations pour rester parmi les opérateurs référents : un référentiel bâtiments tertiaires remodelé et plus complet ainsi qu’un passeport HQE.

Un référentiel « Nouvelle génération »

Le nouveau millésime de référentiel de certification pour la construction des bâtiments tertiaires a été conçu pour répondre à deux attentes du marché :
-    La simplification. A présent, un seul et même référentiel « générique » s’applique à tout type de bâtiment non résidentiel.
-   L’internationalisation. Pour contrer les critiques d’un outil trop franco français, le nouveau référentiel devient compatible avec les exigences de la norme EN TC 350 (cf. Certivéa) et avec les indicateurs internationaux portés par la Sustainable Building Alliance (www.sballiance.org). Certivéa affiche également la volonté de suivre les évolutions règlementaires nationales et internationales en matière d’énergie, d’environnement, de santé et de confort. Enfin, pour être certifié, un bâtiment devra atteindre à minima le niveau BBC sur l’énergie.
Pour en savoir plus sur ce nouveau millésime, voir le communiqué de presse

Le nouvel affichage environnemental HQE

Nous l’avions évoqué lors d’un précédent article (voir le billet du 21 juillet), la certification HQE ne permettait pas de rendre visible les différents niveaux de performance d’un bâtiment certifié, contrairement à la certification BREEAM. L’association HQE et Certivéa viennent de corriger cette lacune en proposant le Passeport Bâtiment Durable.
L’objectif est de présenter les performances des bâtiments sur 4 grands thèmes (l’énergie, l’environnement, le confort, la santé) avec une échelle de 4 étoiles. Le nombre d’étoiles est ensuite agrégé pour calculer l’évaluation globale du bâtiment sur 4 niveaux (bon, très bon, excellent, exceptionnel). On se rapproche donc fortement de l’évaluation BREEAM.
Plus de détails sur les modalités de calculs de l’évaluation, voir le dossier Certivéa. Pour connaître les premiers bâtiments détenteurs du passeport, voir l’article sur cleantechrepublic.

Ces évolutions vous semblent-elles convaincantes ? Sont-elles suffisantes pour que vous puissiez arbitrer en faveur de l’HQE sur des projets internationaux ? Faîtes-nous part de vos avis et commentaires.

 

Sélection d’innovations pour un bâtiment intelligent

12 sept

Le site Internet Cleantech Republic recense les innovations technologiques « propres ». Si la production d’énergie alternative est régulièrement au cœur des nouveautés, le secteur du bâtiment n’est pas en reste.
Découverte des dernières solutions innovantes repérées lors d’une journée dédiée au bâtiment intelligent.

La triple certification environnementale des bâtiments

Alors que l’offre de certification environnementale se focalise sur 3 principaux acteurs (HQE, BREEAM et LEED), le cabinet d’ingénierie Sinteo propose la triple certification. Ce cabinet propose en outre la mesure de l’énergie « grise » nécessaire à la construction d’un bâtiment.  www.sinteo.fr

Anticiper les besoins d’énergie en intégrant la météo

Les bâtiments intelligents ont recours à la gestion pilotée du chauffage. La jeune start-up Effigénie propose une solution logicielle qui permet d’intégrer les prévisions météo au système de gestion. Des variations climatiques anticipées permettent de mieux gérer la température du bâtiment. Une promesse d’efficacité énergétique de 20%. www.effigenie.com

Connaître la consommation d’énergie dès l’esquisse

Les logiciels de conception de bâtiments s’enrichissent de fonctions de calcul d’impact énergétique. Sylvain Marie, d’Archiwizard, a présenté son logiciel de simulation thermique 3D adapté à la RT 2012 et assure pouvoir évaluer l’impact énergétique dès l’esquisse. www.archiwizard.fr

L’impact environnemental des matériaux

Afin de faciliter le calcul de l’impact environnemental global d’un bâtiment, les producteurs de matériaux apportent leur pierre à l’édifice. Par exemple, Lafarge travaille sur l’impact CO2 de leurs produits. Ces données fiables, selon Alain Birault (directeur de la prospective construction durable) implémentent l’outil « Bilan Carbone » de l’Ademe. Suite à ces calculs d’impact, L’Ademe a réajusté l’impact CO2 du béton à la baisse, et même fortement (divisé par 4). A ce sujet, selon une étude Ademe / CSTB pour une maison individuelle, l’impact en Kg de CO2 / m2 construit est de 140 Kg pour le bois, 150 Kg pour le bloc béton comme la brique. Voir l’interview.

Pour voir toutes les interviews et les autres thèmes de la journée : voir webTV Théma bâtiments intelligents

 

Les spécificités de la logistique urbaine japonaise

01 sept

Hôtel logistique (Japon)De retour du Japon, Christophe Ripert, Directeur Etudes et Prospective chez Sogaris, revient pour blog-durable sur les points marquants liés à la logistique urbaine.

Quelles sont les contraintes de l’immobilier logistique urbain nippon?

La première spécificité du Japon repose sur une forte population concentrée sur une petite superficie. Il en découle une très forte densité d’habitants dans de grandes agglomérations côtières :  Tokyo, par exemple, abrite plus de 35 millions d’âmes.
Cette concentration de population se traduit par un prix foncier très élevé, qui représente environ 80 % du coût global d’un projet, contre seulement 20 % pour le prix du bâtiment. L’optimisation du foncier est donc un vrai défi.
L’autre différence importante par rapport à la France est liée au mode de vie et de consommation : le commerce sur Internet comme les échanges de biens entre particuliers sont extrêmement développés, tout comme l’utilisation régulière du transport de bagages (vers l’aéroport ou intra territoire). Les flux représentent des volumes considérables.
Et pour finir, les agglomérations mixent une grande diversité d’activités : les zones industrielles côtoient des espaces tertiaires et des habitations. A la clé, l’urbanisation doit être harmonieuse et répondre aux attentes des différentes parties prenantes.

Comment l’immobilier logistique répond-il à ces contraintes ?

On distingue deux types d’entrepôts : les grandes unités dans les zones périphériques qui sont vraiment spécifiques et les petites cellules « de transfert » (500 à 3000 m2) dans les quartiers qui ressemblent davantage à celles que nous avons en France.
Les bâtiments de grande envergure sont des hôtels logistiques. Celui que j’ai eu l’occasion de visiter sur Osaka était sur 6 niveaux avec deux rampes d’accès. Ce bâtiment inclut des zones de stockage de 5 mètres de haut, des voies de circulation de véhicules, des bureaux et des espaces de vie mutualisés comme le restaurant. Ce type de bâtiment est visuellement très épuré de l’extérieur et jouit d’une très bonne intégration urbaine parmi un musée, un centre commercial et un hôtel. Cette intégration est rendue possible grâce à des règles d’urbanisation assez souples (plus qu’en France) mais aussi par des règles d’exploitation très strictes : encadrement des itinéraires, vitesse des camions limitée à 15 km / h, revêtement de voies absorbant les bruits.

A propos des transports, quelles sont les réponses aux défis logistiques urbains ?

D’abord l’offre de petits véhicules électriques est très importante. Ensuite, on a découvert des véhicules très ingénieux avec des systèmes de « caisse de chargement » de différents volumes, avec des parois montantes (voir ci-contre). Autre exemple, les véhicules desservant les distributeurs automatiques de boissons disposent également d’un espace pour récolter les déchets.

Quels autres exemples de bonne pratique pourriez-vous citer ?

Dans la messagerie, un réseau très dense a été bâtit par l’entreprise YAMATO autour des « convenient stores » 7-Eleven*. A la clé, un maillage de 12.000 points relais qui permettent aux japonais de déposer ou de retirer un colis n’importe où au Japon.
Pour les livraisons dans un quartier commerçant (Motomachi à Yokohama) ou un centre d’affaires (Shinjuku à Tokyo) où se concentre un très grand nombre d’acteurs économiques, la mise en place de centre de consolidation illustre l’intérêt d’associer les parties prenantes à la construction d’un système performant. L’originalité repose sur la participation active des associations de commerçants, de riverains et de transporteurs : ce sont elles qui ont porté ces projets.

Une transposition de ces solutions est-elle envisageable en France ?

Nous avions en France des bâtiments logistiques à étages, mais nous les détruisons car ils sont à présent trop vétustes. On voit aussi que sur les petites cellules de quartier, nos modèles se rapprochent. Mais par ailleurs, nos modes de vie et de comportement sont trop différents pour que nous puissions appliquer de manière unilatérale les solutions japonaises. Ce voyage est donc surtout une occasion de comprendre les défis extrêmes de la logistique urbaine et de puiser des bonnes idées à adapter.

Avez-vous noté une autre particularité nippone ?

L’impression d’une fluidité de la circulation au Japon m’a frappé. Cette sensation éprouvée à plusieurs reprises est assez étonnante pour des villes qui comptent un nombre de véhicules phénoménal.


* NDLR : 7-eleven, sorte d’épiceries ouvertes de 7 heures le matin à 11 heures le soir

 

Certification BREEAM : c’est « good » pour Pitch Promotion

27 juin

Crédit Photo : SAGL

A Compans (77), un ensemble de 20.000 m2 (entrepôt + 1600 m2 de bureaux) sera livré en 2012 avec l’objectif d’obtenir le niveau «Good» de la certification BREEAM. Ce projet, porté par Pitch promotion, a été conçu par SAGL.
Pour l’obtention de la certification, trois phases du cycle de vie du bâtiment ont été particulièrement soignées, avec des réponses environnementales et sociales appropriées :


La conception

-    La qualité acoustique a été un enjeu important dans la mesure où le bâtiment sera implanté à proximité d’un aéroport. Les solutions apportées seront mesurées « in situ », comme l’exige la certification BREEAM, ce qui va au-delà des évaluations traditionnelles liées aux études.
-    Autre volet très encadré par la règlementation, la sécurité incendie, qui a fait également l’objet d’une étude spécifique. Cette dernière visait à évaluer le temps de signalisation de l’incendie aux employés, l’efficacité du désenfumage, les temps d’évacuation des personnes, etc.
-    Enfin, le confort des utilisateurs sera accentué grâce à une terrasse accessible directement à partir des bureaux. Par ailleurs, une autre terrasse (non accessible) sera végétalisée.

Crédit Photo : SAGL

Le chantier

De façon très classique pour un bâtiment qui vise une certification environnementale, le chantier sera géré de manière responsable : mesure d’impact et de consommation d’énergie, gestion des déchets, etc.

Crédit photo : SAGL


L’exploitation

Si l’on retrouvera des solutions assez habituelles en matière d’économie de ressources (production d’eau chaude solaire pour les sanitaires des bureaux, récupération des eaux pluviales, équipement de détection des fuites d’eau), c’est du côté de la gestion des installations que portera l’innovation. En effet, le contrôle des consommations sera piloté par un système de gestion technique centralisé.

 

En bref :chauffage économique et écologique grâce aux façades

09 juin

Le concept n’est pas nouveau mais il s’inscrit dans les technologies de production d’énergies renouvelables : le mur solaire.
Pour répondre aux besoins de chauffage tout en limitant l’empreinte carbone, le bois est une solution assez classique. Le soleil, préféré pour la production et la vente d’électricité via le photovoltaïque, présente également des atouts pour tempérer un bâtiment.

L’entreprise canadienne Conserval Engineering propose d’équiper les façades des bâtiments avec un bardage particulier auquel s’ajoute un système de ventilation distribuant l’air chaud au sein du bâtiment.
Le fabricant revendique un retour sur investissement court et présente de nombreux témoignages de clients comme Auchan en Hongrie qui révèle avoir économisé plus de 245 000 kWh d’énergie par an et évité l’émission de plus de 59 tonnes de CO2 grâce à 522,5m² de Solar-Wall®.

 

« La réhabilitation va devenir un véritable enjeu »

31 mai

Hartmann (Belleville), par Goodman

Selon l’enquête de Kurt Salomon/Generix, la performance de l’activité logistique est plutôt bien mesurée avec des indicateurs économiques (réductions des coûts de transport, baisse des stocks, etc.) mais souffre d’indicateurs sur le volet environnemental.

Olivier Barge, Head of Technical de la société Goodman, nous livre son point de vue sur l’immobilier logistique durable. Il illustre notamment le lien nécessaire entre l’économie et l’environnement.

Quelle est l’approche de Goodman en matière de développement durable ?

Olivier Barge : Nous menons systématiquement une réflexion environnementale sur tous les entrepôts logistiques, même si nos clients n’en formulent pas la demande, à savoir la plupart du temps. Avec la crise, les besoins se focalisent principalement sur des bâtiments fonctionnels et bien localisés. Mais si les attentes environnementales restent encore marginales, nous sommes persuadés que le bâtiment vert sera incontournable dans quelques années.

Comment convaincre vos clients de vous suivre dans cette voie ?

O.B. : le retour sur investissement d’un bâtiment performant économiquement et écologiquement est encore difficile à mesurer. Nous savons que ce type d’entrepôts coûte de 5 à 15 % plus cher. Nos clients hésitent donc à investir sur des bâtiments environnementaux sans avoir de visibilité sur les économies futures. C’est pourquoi Goodman mène une réflexion sur la garantie d’un coût énergétique au m2 à l’utilisation. Dans cette démarche, nous en sommes à la phase d’investigation sur des bâtiments performants : le suivi de leur consommation nous permettra de comprendre les impacts des solutions apportées. Nous pourrons alors bâtir des outils de gestion des consommations et garantir le gain économique lié à l’efficacité énergétique.

La certification est-elle un levier supplémentaire pour motiver les parties prenantes ?

O.B. : Les groupes positionnés sur le luxe par exemple sont attentifs à leur image et la certification répond à leurs attentes. Mais pour la majorité des acteurs, la certification n’est pas prioritaire. Goodman a pour sa part une expérience réussie sur la certification HQE. Pourtant, notre rayonnement international nous amène à étudier d’autres labels. La certification BREEAM retient notre attention puisqu’elle est assez proche de l’HQE tout en ayant une reconnaissance internationale.

Les nouveaux bâtiments captent l’essentiel de l’attention alors que la fin de vie des bâtiments est rarement évoquée, pouvez-vous illustrer votre démarche sur ce cycle un peu oublié ?

O.B. : Nous pensons que la réhabilitation va devenir un enjeu majeur dans la mesure où le foncier se raréfie et que certains entrepôts vieillissants méritent d’être optimisés. Goodman vient de livrer un nouveau bâtiment* (45000 m2) issu de la réhabilitation de deux bâtiments anciens (15000 m2 chacun). L’approche environnementale a été plébiscitée sur ce projet puisque les matériaux de la démolition des deux bâtiments existants ont été recyclés dans le nouveau bâtiment (recyclage du béton pour les fondations et voiries, réutilisation de la charpente métallique et des briques en terre cuite). Cette solution de recyclage des matériaux s’est traduite par une réduction des coûts. Nous avons également mis en place un éclairage mixte (blanc et jaune alterné) pour concilier confort d’utilisation et maîtrise des coûts.  La réhabilitation présente donc de multiples atouts.

*Note de la rédaction : bâtiment réalisé avec le concours de SAGL

 

« Préserver la biodiversité sur les plateformes logistiques »

29 avr

Biodiversité - Plateforme logistique

bLOG-durable.net poursuit ses entretiens avec les acteurs de la logistique durable et publie l’interview avec Laurent Payet, Directeur Général de Dauchez Payet, agence conseil spécialisée dans la construction durable (property management et ingénierie de la performance environnementale).

Quelles sont les caractéristiques majeures que doivent intégrer un bâtiment logistique «environnemental» ?

Le débat actuel porte essentiellement sur l’arbitrage entre l’efficacité thermique et l’éclairage naturel. Le premier poste étant celui qui accapare les budgets majeurs en matière d’études aux dépens de l’éclairage, qui offre également de réels leviers d’économies grâce à des solutions techniques avérées. Sur ces deux postes, les gains en terme d’efficacité énergétique varient entre 30 à 50 %, grâce à une automatisation des systèmes de contrôle.
Une fois ces postes optimisés, la production d’énergie pour les sites industriels reste la troisième voie intéressante à envisager, pour compenser les consommations restantes. Cela permet de viser des objectifs de basse consommation ou tendre vers la neutralité carbone. Attention sur ce dernier point, si la production d’électricité est vendue à un tarif subventionné, les « certificats d’émissions de CO2 » seront crédités à celui qui achète l’électricité « verte ». Il faut donc être prudent quant aux effets d’annonce sur les bâtiments à énergie positive ou « carbone neutre ».

La traduction de la performance énergétique en terme de réduction d’émissions de CO2 est-elle une attente de marché ?

Plusieurs acteurs, notamment des chargeurs, expriment aujourd’hui des demandes en ce sens. Ce n’est certes pas fréquent, mais certains clients fixent des objectifs précis, comme l’émission de 100 tonnes d’Eq. CO2 / an alors que la référence de marché tourne plutôt à 1000 tonnes. Ces 100 tonnes reviennent aux usages électriques incompressibles : l’éclairage, les auxiliaires, la ventilation et le chauffage des bureaux. Les autres 900 tonnes peuvent être « effacées » grâce à un bouquet bien pensé d’initiatives techniques puis par la substitution du gaz par le bois pour le chauffage de la zone de stockage.
L’approche carbone appelle une réflexion plus globale. En effet, l’envolée récente des prix des énergies fossiles plaide pour d’autres choix énergétiques moins carbonés. Et parallèlement, le coup de frein sur le photovoltaïque montre que le développement d’énergies alternatives sous perfusion de subventions n’est pas viable durablement. Une solution écologique doit être une solution rentable et autonome.

Quel point mériterait selon vous d’être davantage développé dans la construction logistique ?

La préservation de la biodiversité me tient à cœur car on peut faire beaucoup avec très peu de moyens. Et malheureusement, le sujet est souvent négligé même si les collectivités locales se préoccupent progressivement de la biodiversité dans leurs cahiers des charges, comme par exemple l’intégration paysagère. Il faut avoir à l’esprit que la perméabilité des sols est le premier impact sur la biodiversité. Ensuite l’entretien des espaces verts avec des produits phytosanitaires peut poser de problèmes. Bien sûr, préserver la biodiversité offre de multiples avantages : rupture de la monotonie paysagère et donc confort des utilisateurs, entretien plus économique. A titre d’exemple, un aménageur a souhaité mettre en place des nichoirs : si l’opération reste anecdotique, elle témoigne de l’intérêt pour l’environnement particulièrement apprécié des utilisateurs, qui y sont très sensibles.

Plus de détail sur les réalisations de Dauchez Payet : www.dauchezpayet.fr

 

Un nouveau label développement durable pour la logistique

22 avr

Le développement durable anime le secteur de la logistique. Pour preuve, le lancement récent d’un nouveau label par le Club Logistique & Gestion du Havre. Emmanuel Zervudacki, le secrétaire du Club Logistique, revient sur les spécificités de ce label.

Pourquoi lancer un nouveau label ?

Les chargeurs intègrent davantage le développement durable dans leurs appels d’offres. Pour les logisticiens, l’enjeu est donc dans un premier temps commercial. Les uns et les autres voulant aussi valoriser leur démarche responsable.
Pour répondre à ces attentes, les labels, chartes et certifications nationaux ou internationaux existent mais ne convenaient pas aux besoins de PME : ils sont soit trop complexes à mettre en œuvre, soit spécifiques à un volet de la chaine de valeur (HQE pour le bâtiment, charte de la diversité pour le social, etc.). Nous avons donc souhaité créer un outil simple, accessible aux PME et balayant les grands enjeux de la logistique : management, qualité du bâtiment (HQE), performance logistique (transport) et responsabilité sociale.

Ce label ne ressemble-t-il pas davantage à un guide de mise en œuvre du développement durable ?

La valorisation de la démarche des entreprises est un objectif à part entière mais il est vrai aussi qu’avec l’auto-évaluation et l’audit, ce label ouvre le champ de la sensibilisation et de la mise en œuvre de bonnes pratiques. D’ailleurs, l’auto-évaluation fait l’objet d’une présentation avec l’entreprise et nous réfléchissons à la mise en place d’un accompagnement de la démarche. Le Critt sera chargé de la coordination de cette aide.
Ce label peut également être perçu comme une rampe de lancement pour l’obtention de certifications nationales.

En terme de développement durable, certaines actions ont davantage d’impact que d’autres, en avez-vous tenu compte ?

Dans un premier temps, ce label est destiné à des entreprises de différents métiers et qui ont des niveaux d’implication dans le développement durable hétérogènes. Pondérer des critères par rapport à d’autres n’avait donc pas beaucoup de sens. Nous avons préféré ouvrir le champ sur des thèmes complémentaires et indispensables. Par exemple, une entreprise qui a un bâtiment HQE doit également poursuivre ses efforts sur les volets sociaux et managériaux pour obtenir le label.

Quel est le coût de ce label ?

L’auto-évaluation comme l’audit sont gratuits. C’est une volonté affirmée de voir cette démarche déployée par un grand nombre de sociétés : elles pourront concentrer leurs ressources sur les actions.

Note de la rédaction :
Point positif, ce label « généraliste » intègre un volet social, qui est en général négligé dans une démarche de développement durable. On note cependant que le comité d’audit n’intègre pas de partie prenante légitime sur ce sujet. Une lacune qui sera sans doute prochainement comblée ?

Pour en savoir plus sur le label : le communiqué de presse et le questionnaire d’auto-évaluation