Rubrique : Conception

Home»Archive by Category "Conception" (Page 7)

«La certification BREEAM offre davantage de lisibilité qu’HQE»

Le paysage de la certification environnementale français est de plus en plus marqué par la certification anglaise BREEAM, alors que la certification américaine LEED peine à percer. La position de force de la certification HQE s’atténue.
Témoin de ces évolutions, Thierry Griveaux, architecte à l’agence SAGL, nous fait part de son point de vue et relaye également le sentiment des exploitants et maîtres d’ouvrages sur les certifications BREEAM / HQE.

Pouvez-vous rapidement retracer le contexte de ces certifications ?

Historiquement, BREEAM a l’antériorité et son rayonnement va au-delà du territoire britannique. D’ailleurs BREEAM se positionne comme la norme européenne des bâtiments environnementaux.
De son côté, la certification HQE est la plus couramment utilisée en France. Son périmètre d’application est exclusivement le territoire français, c’est la première différence avec BREEAM. Et malgré des tentatives de rapprochements ou d’équivalence entre BREEAM et HQE, ces dernières peinent à aboutir. Ce qui contraint certains  exploitants à rechercher une double certification.

Cette différence d’application géographique a-t-elle un impact important ?

Au-delà d’un avantage pour BREEAM, c’est surtout un point très pénalisant pour HQE. Des entreprises internationales, comme des transporteurs, exigent une visibilité équivalente à leur rayonnement mondial. Le cantonnement franco français de l’HQE est alors rédhibitoire car il ne faut pas oublier que la certification est un levier de valorisation.

Quelles sont les autres divergences ?

La philosophie des deux référentiels est très différente :
–    HQE offre la possibilité de choisir parmi 14 cibles, il s’agit donc d’un référentiel ouvert où chacun fait son marché. Cette souplesse permet éventuellement de sélectionner des cibles moins contraignantes pour l’obtention de la certification. Au final, deux bâtiments qui bénéficient d’une même certification HQE n’auront pas le même niveau d’efficacité environnementale en fonction des cibles choisies. La comparabilité n’est donc pas possible.
–    A contrario, BREEAM propose une grille plus standardisée qui permet une évaluation graduelle d’un bâtiment. Ce côté très formel peut être perçu comme une lourdeur mais au final on a une meilleure visibilité de l’efficacité d’un bâtiment, d’autant qu’elle est évaluée sur une échelle de performance de «passable» à «excellent». C’est selon moi plus transparent.

L’audit des certifications est par conséquent lui aussi différent ?

Effectivement, à partir du moment où le référentiel HQE est ouvert, on a le sentiment que l’approche de l’auditeur HQE peux être plus subjective qu’un audit BREEAM, axé autour d’une grille plus stricte d’évaluation. Ce sentiment est renforcé par le fait que les auditeurs HQE ne sont pas forcément issus du bâtiment. On peut ajouter à ce stade que les audits BREEAM sont très exigeants, avec des vérifications in-situ.

Voyez-vous d’autres différences entre les deux certifications ?

Le volet social, avec notamment les cibles « confort », est mieux évalué avec HQE.
Par ailleurs, si les 2 référentiels sont pauvres sur les aspects gestion des espaces verts (dont déchets) ou l’intégration paysagère, une réflexion d’HQE commence à émerger sur la préservation de la biodiversité, ce qui va dans le bon sens. Autre thème peu présent dans les référentiels, la fin de vie du bâtiment. Cette phase du cycle de vie n’a pas un impact marginal. Mais là encore, il est possible d’évaluer certaines démarches via l’HQE, mais de manière indirecte (valorisation de matériaux recyclés par l’utilisation de «ressources sur place», «absence de transport»).

Un mot de conclusion sur les certifications environnementales ?

L’évaluation des démarches de développement durable est une bonne chose. Cela permet de guider nos efforts sur certains thèmes.
Néanmoins, je profite de cet espace de débat pour en soulever un. Selon moi, certaines cibles ou critères environnementaux sont de faux amis, à savoir qu’ils n’ont rien de durables lorsqu’ils sont étudiés de manière globale. Prenons par exemple le cas de la récupération des eaux pluviales. D’une part, la viabilité économique (retour sur investissement) est peu certaine compte tenu des aménagements importants et des installations couteuses. D’autre part, ces mêmes aménagements et installations ont également un impact environnemental fort : au niveau de la fabrication, de l’exploitation, de l’entretien et maintenance et en fin de vie. Ce cout écologique est sans doute supérieur aux gains de m3 d’eau du réseau non consommés. Le bilan économique et écologique de la récupération des eaux pluviales n’est probablement pas si favorable à la solution dite «durable». Et cet exemple n’est pas unique : le cas de la production d’eau chaude sanitaire solaire en est un autre.
Il est donc sans doute plus pertinent économiquement et écologiquement de traiter à la source les problèmes des consommations d’eau, intégrer des plantations nécessitant peu ou pas d’arrosage, mettre en œuvre des équipements sanitaires hydro-économes. Bref, proposer une démarche de Développement Durable raisonnée.

Dernière interrogation sur les critères environnementaux HQE et BREEAM : comment et avec quelle réactivité vont-ils évoluer pour suivre les progrès technologiques (nouveaux matériaux), les nouvelles filières ou les enjeux écologiques naissants ?

Certification BREEAM : c’est « good » pour Pitch Promotion

A Compans (77), un ensemble de 20.000 m2 (entrepôt + 1600 m2 de bureaux) sera livré en 2012 avec l’objectif d’obtenir le niveau «Good» de la certification BREEAM. Ce projet, porté par Pitch promotion, a été conçu par SAGL.
Pour l’obtention de la certification, trois phases du cycle de vie du bâtiment ont été particulièrement soignées, avec des réponses environnementales et sociales appropriées :


La conception

–    La qualité acoustique a été un enjeu important dans la mesure où le bâtiment sera implanté à proximité d’un aéroport. Les solutions apportées seront mesurées « in situ », comme l’exige la certification BREEAM, ce qui va au-delà des évaluations traditionnelles liées aux études.
–    Autre volet très encadré par la règlementation, la sécurité incendie, qui a fait également l’objet d’une étude spécifique. Cette dernière visait à évaluer le temps de signalisation de l’incendie aux employés, l’efficacité du désenfumage, les temps d’évacuation des personnes, etc.
–    Enfin, le confort des utilisateurs sera accentué grâce à une terrasse accessible directement à partir des bureaux. Par ailleurs, une autre terrasse (non accessible) sera végétalisée.

Le chantier

De façon très classique pour un bâtiment qui vise une certification environnementale, le chantier sera géré de manière responsable : mesure d’impact et de consommation d’énergie, gestion des déchets, etc.


L’exploitation

Si l’on retrouvera des solutions assez habituelles en matière d’économie de ressources (production d’eau chaude solaire pour les sanitaires des bureaux, récupération des eaux pluviales, équipement de détection des fuites d’eau), c’est du côté de la gestion des installations que portera l’innovation. En effet, le contrôle des consommations sera piloté par un système de gestion technique centralisé.

« La qualité d’une plateforme logistique est un critère de durabilité »

Frédéric Larroumets, Directeur du patrimoine de la société Argan, revient sur les actions durables menées sur les projets logistiques. Il souligne notamment comment équilibrer le triptyque économique, environnemental et social . Interview.

Comment présenter le développement durable en atout pour la logistique ?

La démarche de développement durable d’Argan est avant tout pragmatique. Les parties prenantes, dont au premier chef nos clients, attendent des solutions pérennes et adaptées à leurs besoins. C’est pourquoi nous cherchons à réaliser des ouvrages qui s’inscrivent sur le long terme en fonction de leur utilisation. La qualité de la conception tout comme le choix des matériaux sont des gages de durabilité du bâtiment.
Le pragmatisme se décline également en matière d’investissement : il est important de présenter l’intérêt économique d’une solution écologique. C’est pourquoi nous évaluons le retour sur investissement de chaque option environnementale en tenant compte des conditions d’utilisation. C’est un exercice qui n’est pas toujours facile mais c’est une manière de sensibiliser l’utilisateur et de l’aider dans ces choix.

Arrêtons-nous sur le volet économique : quelle est votre approche pour limiter les coûts, voire les surcoûts ?

Le premier levier décisif pour réaliser des bâtiments performants est d’étudier un projet très en amont. A ce stade, le choix de l’implantation du bâtiment offre des perspectives d’économies non négligeables.
Ensuite, nous étudions chaque poste de coût avec un objectif d’optimisation économique et écologique. Pour certains postes, nous arrivons à la neutralité économique mais dans tous les cas l’impact environnemental est réduit de manière significative.
Il faut noter enfin que le manque de recul sur la mise en œuvre de solutions innovantes ne permet pas encore de garantir un retour sur investissement précis. Mais nous créons de l’expérience et sommes partie prenante du groupe de travail mené par Afilog sur la mise en place d’une plateforme d’informations sur les consommations des bâtiments. Cet outil permettra d’avoir un benchmark large sur lequel nous pourrons nous appuyer lors de nos préconisations d’optimisation.

A ce propos, comment faites-vous le lien entre efficacité énergétique et performance environnementale ?

Dans notre démarche d’efficacité énergétique, nous traduisons les économies d’énergie en économies d’émissions de CO2. C’est un des volets de notre approche environnementale qui aborde d’autres dimensions : gestion de l’eau, intégration paysagère, etc. A ce propos, nous menons une réflexion approfondie qui peut nous amener à mettre en œuvre des actions innovantes, comme par exemple l’intégration d’un potager, apprécié des utilisateurs.
Nous avions enfin des projets d’équipements de panneaux photovoltaïques, qui constituaient une alternative viable en matière énergétique. Ces projets ont été suspendus faute de visibilité. Je regrette cette évolution de la réglementation car les bâtiments logistiques offraient de réels atouts pour le développement de cette énergie verte (pas de nuisance visuelle, grande surface de toiture, acteurs très impliqués).

Pour finir, un mot sur l’aspect social ?

Nous sommes persuadés que le bâtiment et son intégration contribuent au bien-être des utilisateurs. C’est pourquoi nous portons nos efforts sur les cibles de confort du référentiel HQE ( comme par exemple la clarté des entrepôts) mais aussi sur des points plus spécifiques tels que les voies de circulation des personnes.

« La réhabilitation va devenir un véritable enjeu »

Selon l’enquête de Kurt Salomon/Generix, la performance de l’activité logistique est plutôt bien mesurée avec des indicateurs économiques (réductions des coûts de transport, baisse des stocks, etc.) mais souffre d’indicateurs sur le volet environnemental.

Olivier Barge, Head of Technical de la société Goodman, nous livre son point de vue sur l’immobilier logistique durable. Il illustre notamment le lien nécessaire entre l’économie et l’environnement.

Quelle est l’approche de Goodman en matière de développement durable ?

Olivier Barge : Nous menons systématiquement une réflexion environnementale sur tous les entrepôts logistiques, même si nos clients n’en formulent pas la demande, à savoir la plupart du temps. Avec la crise, les besoins se focalisent principalement sur des bâtiments fonctionnels et bien localisés. Mais si les attentes environnementales restent encore marginales, nous sommes persuadés que le bâtiment vert sera incontournable dans quelques années.

Comment convaincre vos clients de vous suivre dans cette voie ?

O.B. : le retour sur investissement d’un bâtiment performant économiquement et écologiquement est encore difficile à mesurer. Nous savons que ce type d’entrepôts coûte de 5 à 15 % plus cher. Nos clients hésitent donc à investir sur des bâtiments environnementaux sans avoir de visibilité sur les économies futures. C’est pourquoi Goodman mène une réflexion sur la garantie d’un coût énergétique au m2 à l’utilisation. Dans cette démarche, nous en sommes à la phase d’investigation sur des bâtiments performants : le suivi de leur consommation nous permettra de comprendre les impacts des solutions apportées. Nous pourrons alors bâtir des outils de gestion des consommations et garantir le gain économique lié à l’efficacité énergétique.

La certification est-elle un levier supplémentaire pour motiver les parties prenantes ?

O.B. : Les groupes positionnés sur le luxe par exemple sont attentifs à leur image et la certification répond à leurs attentes. Mais pour la majorité des acteurs, la certification n’est pas prioritaire. Goodman a pour sa part une expérience réussie sur la certification HQE. Pourtant, notre rayonnement international nous amène à étudier d’autres labels. La certification BREEAM retient notre attention puisqu’elle est assez proche de l’HQE tout en ayant une reconnaissance internationale.

Les nouveaux bâtiments captent l’essentiel de l’attention alors que la fin de vie des bâtiments est rarement évoquée, pouvez-vous illustrer votre démarche sur ce cycle un peu oublié ?

O.B. : Nous pensons que la réhabilitation va devenir un enjeu majeur dans la mesure où le foncier se raréfie et que certains entrepôts vieillissants méritent d’être optimisés. Goodman vient de livrer un nouveau bâtiment* (45000 m2) issu de la réhabilitation de deux bâtiments anciens (15000 m2 chacun). L’approche environnementale a été plébiscitée sur ce projet puisque les matériaux de la démolition des deux bâtiments existants ont été recyclés dans le nouveau bâtiment (recyclage du béton pour les fondations et voiries, réutilisation de la charpente métallique et des briques en terre cuite). Cette solution de recyclage des matériaux s’est traduite par une réduction des coûts. Nous avons également mis en place un éclairage mixte (blanc et jaune alterné) pour concilier confort d’utilisation et maîtrise des coûts.  La réhabilitation présente donc de multiples atouts.

*Note de la rédaction : bâtiment réalisé avec le concours de SAGL

Concours ADP, les réflexions sur un entrepôt durable

Aéroport De Paris a lancé un concours pour un bâtiment entrepôt d’environ 13 500 m² (+ bureaux et parking) en bordure des pistes de décollage de l’aéroport Charles de Gaulle. Parmi les projets, nous faisons le point sur celui proposé par SAGL, et notamment les axes durables qui ont été esquissés.

Vue aérienne - SAGL
•    Intégration paysagère : la parcelle paysagée respecte les espèces autorisées en zone aéroport et nécessite un entretien limité. Les arbres existants ont été conservés et la clôture Sud doublée de haie bocagère
•    la zone des déchets a été équipée d’une aire de compostage

Vue de l'entrepôt SAGL
•    le recours au bois a été plébiscité : charpente bois lamellé collé, façade en bois naturel non traité (maintenance aisée) pour les 4 noyaux formant auvent et protection solaire
•    une partie de l’étanchéité de la toiture de l’entrepôt est de type végétalisée
•    le parking a été équipé de murs végétaux : grillages métalliques pour plantes grimpantes dépolluantes
•    l’accent a été mis sur la lumière naturelle : escaliers, hall, entrepôt, fond de plateau
•    pour le confort des utilisateurs, une zone détente – restauration a été proposée

Vue parking SAGL

« Préserver la biodiversité sur les plateformes logistiques »

bLOG-durable.net poursuit ses entretiens avec les acteurs de la logistique durable et publie l’interview avec Laurent Payet, Directeur Général de Dauchez Payet, agence conseil spécialisée dans la construction durable (property management et ingénierie de la performance environnementale).

Quelles sont les caractéristiques majeures que doivent intégrer un bâtiment logistique «environnemental» ?

Le débat actuel porte essentiellement sur l’arbitrage entre l’efficacité thermique et l’éclairage naturel. Le premier poste étant celui qui accapare les budgets majeurs en matière d’études aux dépens de l’éclairage, qui offre également de réels leviers d’économies grâce à des solutions techniques avérées. Sur ces deux postes, les gains en terme d’efficacité énergétique varient entre 30 à 50 %, grâce à une automatisation des systèmes de contrôle.
Une fois ces postes optimisés, la production d’énergie pour les sites industriels reste la troisième voie intéressante à envisager, pour compenser les consommations restantes. Cela permet de viser des objectifs de basse consommation ou tendre vers la neutralité carbone. Attention sur ce dernier point, si la production d’électricité est vendue à un tarif subventionné, les « certificats d’émissions de CO2 » seront crédités à celui qui achète l’électricité « verte ». Il faut donc être prudent quant aux effets d’annonce sur les bâtiments à énergie positive ou « carbone neutre ».

La traduction de la performance énergétique en terme de réduction d’émissions de CO2 est-elle une attente de marché ?

Plusieurs acteurs, notamment des chargeurs, expriment aujourd’hui des demandes en ce sens. Ce n’est certes pas fréquent, mais certains clients fixent des objectifs précis, comme l’émission de 100 tonnes d’Eq. CO2 / an alors que la référence de marché tourne plutôt à 1000 tonnes. Ces 100 tonnes reviennent aux usages électriques incompressibles : l’éclairage, les auxiliaires, la ventilation et le chauffage des bureaux. Les autres 900 tonnes peuvent être « effacées » grâce à un bouquet bien pensé d’initiatives techniques puis par la substitution du gaz par le bois pour le chauffage de la zone de stockage.
L’approche carbone appelle une réflexion plus globale. En effet, l’envolée récente des prix des énergies fossiles plaide pour d’autres choix énergétiques moins carbonés. Et parallèlement, le coup de frein sur le photovoltaïque montre que le développement d’énergies alternatives sous perfusion de subventions n’est pas viable durablement. Une solution écologique doit être une solution rentable et autonome.

Quel point mériterait selon vous d’être davantage développé dans la construction logistique ?

La préservation de la biodiversité me tient à cœur car on peut faire beaucoup avec très peu de moyens. Et malheureusement, le sujet est souvent négligé même si les collectivités locales se préoccupent progressivement de la biodiversité dans leurs cahiers des charges, comme par exemple l’intégration paysagère. Il faut avoir à l’esprit que la perméabilité des sols est le premier impact sur la biodiversité. Ensuite l’entretien des espaces verts avec des produits phytosanitaires peut poser de problèmes. Bien sûr, préserver la biodiversité offre de multiples avantages : rupture de la monotonie paysagère et donc confort des utilisateurs, entretien plus économique. A titre d’exemple, un aménageur a souhaité mettre en place des nichoirs : si l’opération reste anecdotique, elle témoigne de l’intérêt pour l’environnement particulièrement apprécié des utilisateurs, qui y sont très sensibles.

Plus de détail sur les réalisations de Dauchez Payet : www.dauchezpayet.fr

Mega plateforme logistique de Nike en Chine

La multinationale Nike vient d’ouvrir en Chine, à Taicang (à proximité de Shanghaï), sa plus imposante plateforme logistique en Asie : 200 000 m2. Le site prévoit l’emploi de 1500 personnes.

Sustainable

Le centre logistique fait la part belle au développement durable et vise l’accréditation LEED : une première en Chine. La technologie mise en œuvre porte sur le chauffage (dispositif solaire en toiture), l’éclairage (système de management énergétique automatique et lumière naturelle), et sur la récupération des eaux de pluie. A la clé, Nike compte réduire de 80 % ses besoins en eau et diminuer sa consommation de 4 400 000 kilowatts, ce qui reviennent à 4,2 tonnes de CO2.

Par ailleurs, la dimension et l’innovation de ce site sont mises en valeur par un convoyeur de 9 Km et par l’utilisation « massive » d’automatisation.

Pour en savoir plus : lire le communiqué de presse

Prologis signe une plateforme durable à Saragosse (Espagne)

Aller au-delà de la réglementation est toujours un gage d’engagement dans le développement durable. C’est avec cet esprit que Prologis a construit son entrepôt à Saragosse pour le compte de BSH. Cet entrepôt est allé au-delà des normes espagnoles et a même reçu la pré-certification LEED Platinium. Alors bien sûr, la réglementation environnementale en Espagne est moins élevée qu’en France. Néanmoins, cette démarche est intéressante et prouve que les besoins des clients et la stratégie d’une entreprise sont de biens meilleurs moteurs de développement que la conformité réglementaire.

Équipements « classiques »

Pour répondre aux exigences environnementales dans une région chaude et plutôt aride, le bâtiment a été équipé de récupérateurs d’eaux pluviales qui est l’unique système d’irrigation de l’espace paysager (réalisé avec des espèces végétales peu gourmandes en eau).
L’ensoleillement de la région a été également mis à profit : chauffage solaire des eaux sanitaires et éclairage zénithal. A ce sujet, ce choix de lumière naturelle a permis de réduire de 40 % le coût des équipements d’éclairage et se traduira par une limitation des besoins énergétiques (21% d’économie).
Enfin, de nombreuses actions ont été menées pour optimiser l’usage des matériaux (déchets, matériaux recyclés) et favoriser les transports alternatifs (vélos, recharges véhicules électriques).

Plus rare : les cellules gigantesques

La réglementation espagnole « sécurité incendie » n’impose pas comme en France un découpage en cellules de 6000 m2 maximum. Les ingénieurs de Prologis ont alors découpé l’entrepôt de 80000 m2 en 3 cellules de 23 à 29000 m2, grâce aux conclusions d’une étude d’ingénierie incendie. A la clé, une économie de matériaux  substantielle (béton en tête) et une exploitation facilitée (important pour des colis volumineux). Cette optimisation s’est couplée avec des efforts sur les risques d’incendies : évacuation rapide du personnel, séparation des eaux incendie , taux de désenfumage de près de 5% grâce aux équipements d’éclairages naturels (norme française 2%).

Retrouver tous les détails du projet : le communiqué de presse

La supply chain verte : tendances décryptées

Le cabinet BearingPoint, avec le concours de Novamétrie, vient de publier les résultats de son 4 ème observatoire de la supply chain. Cette étude, menée auprès de 600 décideurs européens, présente le nouveau visage de la supply chain verte et décrypte les éléments de tendances.

De nouvelles motivations

En 2008, la conformité aux réglementations environnementales poussait plus de 95% des personnes interrogées à investir le champ écologique. Aujourd’hui, ce sont l’amélioration de l’image (>80%) et les décisions du comité de direction qui motivent le verdissement de la supply chain. Paradoxalement, les décideurs estiment que ces actions n’ont pas vocation première à contribuer à la conquête de nouveaux clients ou à répondre à la pression concurrentielle.

Convergence environnement et économique

Une écrasante majorité des personnes interrogées (70%) pense que les critères environnementaux se traduisent en levier de performance économique. Et près de la moitié des décideurs pense que le retour sur investissement d’une démarche environnementale est inférieur à trois ans. Ils estiment néanmoins que la démarche environnementale doit s’inscrire dans une stratégie à long terme. Et pour « tenir la distance », plus de 50% des entreprises ont mis en place des indicateurs de performance environnementale.
Evidemment, le constat est aussi vrai dans l’autre sens : les économies financières réalisées grâce à une moindre dépense énergétique sont un levier de performance environnementale ! Et bien sûr, cet enjeu est d’autant plus vrai avec l’envolée des prix des carburants et autres matières premières.
Enfin, la vertu écologique est également un moyen de mobiliser les troupes internes sur les réductions de coûts (carburants, gaspillages).

Une supply chain plus ouverte

L’étude révèle enfin que la supply chain s’ouvre davantage aux modèles « collaboratifs ». Les différents acteurs peuvent par exemple dialoguer pour optimiser les flux. Néanmoins, si l’étude ne présente pas de cas concrets de démarche participative, nous avions cité un exemple de logistique collaborative dans l’article : De la logistique urbaine à la logistique collaborative

Pour télécharger l’étude : bearingpoint.fr

Crédit Photo : voir l’excellent travail du photographe américain Alex MacLean