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Gazeley à Dole : un concentré de solutions environnementales

A l’automne dernier était inaugurée à Dole la nouvelle plateforme de Gazeley pour StanleyBlack&Decker. Marie-Laure Lebrat, Procurement and Sustainability Manager chez Gazeley, détaille pour Blog-durable les spécificités environnementales et sociales de cet entrepôt certifié HQE.

Afin de mettre en perspective ce nouveau bâtiment, pouvez-vous rappeler en deux mots la stratégie de Gazeley ?

Notre société a intégré le développement durable dans sa stratégie en 2002 avec une ambition de devenir un leader sur les bâtiments durables. Nous avons depuis mené de nombreuses études et expérimenté de multiples procédés afin d’accroitre la performance environnementale et sociale de nos bâtiments. La plateforme de Dole est finalement le résultat de ces travaux.

Quels sont les points remarquables en matière de performance environnementale ?

Cet entrepôt bénéficie de plusieurs atouts visant à réduire la consommation de ressources, prioritaire pour notre client. Et par voie de conséquence, la performance environnementale s’en trouve améliorée. Ci-dessous quelques exemples :

  • L’enveloppe du bâtiment : nous avons mis en œuvre des solutions éprouvées en matière d’isolation afin d’optimiser le recours aux matériaux par rapport aux gains de chauffage. Par ailleurs, l’éclairage a été particulièrement soigné dès le début du projet compte tenu de ses impacts économiques mais aussi pour le confort des utilisateurs. Nous avons donc largement privilégié l’éclairage naturel, opté pour des lampes fluorescentes économes et disposé des capteurs de présence dans les bureaux et de luminosité dans les cellules d’activités.
  • Les équipements : ce bâtiment bénéficie d’un système de gestion technique centralisé pour le chauffage et l’éclairage. Notre client peut piloter l’éclairage grâce à la programmation de plages d’éclairage et suivre ses consommations en continu. Nous avons également placé des panneaux solaires thermiques pour l’eau chaude des sanitaires et des réservoirs pour la récupération des eaux de pluie (objectif de réduction de 50 %). Enfin, un parking à vélos a été créé pour encourager la mobilité douce.

D’une manière générale, nous avons une approche globale pour limiter la consommation de ressources (énergie, eau) et permettre au bâtiment de produire une partie de ses besoins énergétiques. Nous avons par exemple implanté sur certains bâtiments une éolienne ou des panneaux photovoltaïques pour contribuer à l’alimentation énergétique du local sprinkler.

Qu’en est-il de l’intégration paysagère ?

Le programme de ce projet définissait une allocation de 30 % de la surface aux espaces verts. Cette exigence nous a permis d’imaginer une intégration paysagère et architecturale ambitieuse, qui a été saluée par les parties prenantes (riverains et élus locaux). A titre d’exemple, les bassins de rétention ont été limités et en partie substitué par le parking qui remplit cette fonction de rétention grâce à des bordures rehaussées (NDLR). D’autres détails marquent notre intérêt pour la biodiversité avec la présence de nichoirs et « d’hôtels à insectes ».

D’autres points à noter sur cet entrepôt ?

Pour nos clients comme pour nous, le confort des utilisateurs est prépondérant. Pour ce bâtiment, l’acoustique a été améliorée grâce à des cloisons en verre pour confiner le bruit à des espaces plus petits. Par ailleurs, l’éclairage naturel dans les bureaux et les larges ouvertures sur les espaces verts ont fortement contribué au confort visuel des utilisateurs.

Un mot sur le choix de la certification HQE ?

Le choix de la certification est pris en concertation avec les exploitants : s’ils mettent l’accent sur le rayonnement national, ils portent leur voix sur la certification HQE qui est très reconnue en France. A contrario, nous avons le cas d’entreprises étrangères (américaines ou britanniques) qui optent pour LEED ou BREEAM pour que leur engagement soit reconnu auprès des collaborateurs de leur groupe.
Pour notre part, nous avons été impliqués très tôt auprès d’Afilog pour contribuer à la naissance de la norme HQE et nous faisons certifier un grand nombre de bâtiments sous les trois référentiels : nous nous adaptons donc aux besoins de nos clients.

Au cœur d’un quartier résidentiel, une plateforme logistique durable (partie 2)

Après avoir évoqué les solutions mises en œuvre pour réduire les nuisances sonores et améliorer l’intégration paysagère (voir article),  Ben Burke, architecte et chef du projet « Chapelle International »* chez SAGL décrypte les innovations environnementales et sociales de ce projet.

Quelles sont les autres exigences de ce projet ?

La construction d’un bâtiment en ville répond à une obligation d’optimisation du foncier. En outre, les porteurs du projet (Sogaris et SNCF) sont engagés dans des démarches de développement durable : le programme portait donc des exigences fortes en matière de protection de l’environnement (réduction des émissions de CO2) et de soutien social.

Quelles opportunités économiques offrent ce bâtiment ?

La création d’un sous-sol de 17.758 m2 permet de doubler la surface utile sans obérer l’intégration paysagère. Cette surface supplémentaire va permettre à Sogaris de proposer des boxs de stockage pour les artisans et commerçants du quartier. Innovant aussi et porteur d’économies la localisation en sous-sol de l’activité d’entretien des camions. Dans les deux cas, la base fret permet d’éviter des trajets coûteux financièrement et écologiquement : des arguments supplémentaires pour attirer les exploitants.

Quels sont les atouts environnementaux de ce projet ?

D’abord, l’embranchement fer permettra d’acheminer des marchandises au cœur de Paris avec le train, beaucoup moins polluant que les camions. Sogaris a réalisé une étude sur l’impact environnemental de ce projet pour 260 jours d’exploitation par an et voici les résultats :
–    Economie de 1.100.000 km effectués par des véhicules industriels diesels (transfert modal de la route vers le fer pour l’approche des marchandises sur Paris) sur la voirie d’Ile-de-France,
–    13.700 camions en moins entrant dans Paris (transfert modal de la route vers le fer pour l’approche des marchandises sur Paris),
–    560 tonnes de CO2 économisées (transfert modal de la route vers le fer pour l’approche des marchandises sur Paris et utilisation de véhicules électriques),
–    50% de polluants atmosphériques en moins, principalement les NOx et les particules (transfert modal + utilisation de véhicules GNV et électriques),
Toujours en matière de transport, Sogaris a souhaité valoriser l’offre de véhicules peu polluants : camions électriques et vélos cargos (espace de 500 m2 dédié).
Notez enfin que la présence de la base fret au cœur de Paris facilite l’accès des salariés et des visiteurs par les transports en commun.

Côté architecture, la végétalisation de la façade et surtout du toit offre un réel atout environnemental (+récupération des eaux de pluie pour l’arrosage). La présence de panneaux photovoltaïques est à l’étude. Bref, l’ensemble de ces actions contribuent à la performance environnementale du bâtiment. Nous visons d’ailleurs pour ce projet une certification environnementale (HQE).

Qu’en est-il du volet social ?

Plusieurs aspects du programme sont tournés vers l’ancrage territorial et social. Par exemple, la présence de boxs pour les artisans et commerçants du quartier soutient leur activité. Par ailleurs, sous les arcades, Sogaris a souhaité héberger une pépinière d’entreprises, qui œuvre notamment dans le commerce équitable. Enfin, sur le toit, plusieurs projets sont à l’étude : jardins publics ou équipements sportifs pouvant bénéficier aux écoles et associations de quartier.

En guise de conclusion ?

Nous sommes convaincus qu’il est possible de concevoir des bâtiments logistiques au cœur des villes. Les contraintes de bruit, d’intégration paysagère, économiques, environnementales et sociales peuvent s’avérer de réelles opportunités. Ce projet témoigne de la créativité des parties prenantes pour intégrer un outil à grande échelle dans un lieu entouré de résidences. En tout cas, c’est très stimulant de travailler sur de tels enjeux.

Philippe Gallois, architecte : « Logistique urbaine, économie d’énergie et réhabilitation des bâtiments existants : 3 défis pour 2012 »

Avant d’évoquer 2012, quelles réalisations ont retenu votre attention en 2011 ?

Philippe Gallois : Deux projets resteront marquants pour nous en 2011: la Zac des Aiguilles et Chapelle International.
Le premier parce que nous avons été lauréat d’un concours qui a duré trois ans et qui nous impactera pour les cinq ans à venir (parc d’activités d’Ensues-la-Redonne (13) sur 200.000 m2 avec une démarche globale HQE et une intégration paysagère approfondie).
Le second projet parce qu’il est le fruit d’une étroite collaboration avec Sogaris sur le premier concours en logistique urbaine, qui plus est dans la Capitale.

Plus globalement, quel bilan dressez-vous de l’année 2011 en matière de logistique durable ?

Philippe Gallois : 
2011 marquera sans aucun doute la prise de conscience des enjeux de la logistique urbaine avec les premiers projets en cours de concrétisation. Si le secteur en parlait beaucoup jusqu’ici, peu de projets sortaient.
Les innovations imaginées pour le projet Chapelle International marquent le début d’une nouvelle tendance qui devrait vite devenir une référence.
Mais souvenez-vous aussi que j’évoquais l’an passé le défi énergétique comme un enjeu majeur pour les années à venir.
Nous avons pu constater que cette tendance s’affirme chaque jour davantage par des bâtiments de plus en plus performants sur ce point.
Pour SAGL, plus de 90 % des bâtiments livrés ou étudiés en 2011 visent une certification HQE ou BREEAM, témoignage des exigences environnementales et énergétiques de nos clients. 
On ne regrettera que d’autant plus le coup d’arrêt porté aux installations photovoltaïques qui ralentira l’émergence de bâtiments à énergie positive.

Quelles perspectives se dessinent pour 2012 ?

Philippe Gallois : Les certifications environnementales (HQE) sont en cours de déploiement et demeurent à présent bien intégrées à nos processus de conception, tout comme la RT 2012 qui vient d’entrer en vigueur.
Des normalisations qui viendront désormais s’appliquer à ce que je considère comme le principal défi de demain et donc de 2012 : la logistique urbaine.
Le nombre de projets demeure encore très faible car ce sujet reste difficile à aborder par les collectivités locales qui réservent peu d’espaces pour cette nouvelle activité.
Mais les acteurs de la logistique se mobilisent pour faire évoluer les points de vue, à l’instar d’Afilog qui va publier d’ici la fin du mois un livre blanc consacré à cette thématique primordiale pour le dynamisme économique des régions et l’accompagnement des nouveaux modes de consommation.
Cette réflexion est indispensable pour accélérer la mise en œuvre de nouveaux bâtiments permettant d’accompagner le développement croissant de la livraison en ville, dopée notamment par le e-commerce.

La seconde tendance portera sur la réhabilitation des bâtiments. La qualité du foncier de certains bâtiments ainsi que les exigences en matière de réactivité et d’optimisation des coûts imposent d’améliorer les performances des entrepôts. SAGL travaille déjà sur plusieurs projets de réhabilitation. L’intégration l’an passé d’un BET (thermique, CVC, ICPE) au sein de l’agence, qui porte notre équipe à 40 collaborateurs,  nous permet de répondre plus rapidement et avec davantage de maîtrise à cette nouvelle tendance.

Au cœur d’un quartier résidentiel, une plateforme logistique innovante (partie 1)

Le projet de plateforme logistique urbaine «Chapelle International»* a été dévoilé par Sogaris et la SNCF. Ce projet, au cœur du XVIII arrondissement de Paris, est innovant à plusieurs niveaux : son intégration paysagère dans un milieu résidentiel et sa contribution globale à la préservation de l’environnement. Ben Burke, architecte et chef du projet « Chapelle International » chez SAGL, nous livre les spécificités de ce bâtiment.

Quels défis doivent relever un bâtiment logistique dans une zone résidentielle ?

Pour le confort des habitants, le premier enjeu est la réduction des nuisances sonores que peuvent occasionner une activité logistique, surtout lorsque le bâtiment est embranché fer, comme c’est le cas avec Chapelle International.
Le deuxième défi repose sur le confort visuel : il faut trouver des solutions pour que les riverains n’aient pas sous leurs fenêtres un énorme cube.

Quelles solutions architecturales avez-vous proposées pour réduire les nuisances sonores ?

Tout d’abord, le plan d’aménagement du quartier, crée par le cabinet AUC, a prévu l’implantation de la base fret a été positionnée entre le faisceau ferroviaire et le quartier résidentiel pour protéger les habitants du bruit occasionné par les trains.

Ensuite, le programme exigeait d’intégrer à l’intérieur du bâtiment le chargement et le déchargement des camions et des trains. Nous avons donc imaginé un bâtiment pouvant accueillir des trains et des camions, ce qui est plutôt rare ! Cette innovation a été possible grâce à des systèmes de ventilation et de sécurité incendie renforcés et surtout à une structure étudiée pour résister au poids et aux vibrations liés aux trains. Cette structure massive en béton formera aussi une enveloppe étanche au bruit.

A l’extérieur du bâtiment, sur la façade Ouest longée par la voie ferrée, nous avons disposé des lames en béton associé à des granulés bois. Outre l’aspect visuel rappelant les traverses des trains, ce matériau absorbe le bruit, créant ainsi un écran tampon avec les bâtiments résidentiels alentours. La toiture végétalisée contribuera aussi à l’absorbation sonore.
Rappelons également que le planning du projet prévoit la construction de la base fret avant le chantier de l’ensemble immobilier (projet global avec 100.000 m2 de logements) : les futurs résidents seront épargnés des perturbations liées au chantier.

Du côté logistique, Sogaris a élaboré un cahier des charges visant à réduire le bruit :
– la voirie d’accès à la base fret sera recouverte d’un revêtement absorbant le bruit ;
– les chargeurs devront s’équiper de véhicules électriques et de moyens de manutention silencieux (NormesPIEK), limiter leur vitesse d’accès à 15 km/h, ne pas stationner sur la voie d’accès et exploiter la base fret portes fermées.

Qu’avez-vous proposé pour l’intégration paysagère ?

Nous avons opté pour un entrepôt peu élevé afin de ne pas couper la vue. Pour maintenir une surface de stockage importante, une solution avec un niveau en sous-sol a été retenue.

Ensuite, la façade la plus visible des riverains a été particulièrement soignée : nous avons cassé l’importante volumétrie de l’entrepôt par des arcades. Ces dernières rappellent les anciennes voies de chemin de fer ou les oléoducs, un clin d’œil à la coulée verte près de la gare de Lyon. Les matériaux choisis pour les arcades (briques pour les murs et probablement zinc pour la toiture) sont à la fois authentiques et modernes. Notre objectif est d’offrir un visage subtil et plus humain à cet outil de travail industriel.

Enfin, pour adoucir l’intégration de la base fret, nous avons consacré un espace important à l’environnement avec un mur végétalisé (en continuité des arcades) et avec des espaces verts sur la cinquième façade (le toit) : c’est un « poumon vert » qui se déploie sur près de 18.000 m2.

Comment parvient-on à créer un bâtiment si singulier ?

L’un des facteurs de succès majeurs est sans doute de travailler en équipe avec Sogaris. En nouant cette relation de partenariat, nous avons pu bâtir un projet répondant précisément à leurs attentes.
Plus globalement, ce projet à été construit sous le sceau du partenariat, notamment entre Sogaris et la SNCF. L’ensemble des partenaires a dès le départ imaginé un programme ambitieux empreint d’une réflexion innovante.

Pour en savoir plus sur le projet : voir le communiqué de presse de Sogaris
*SAGL est l’agence d’architecture lauréate pour ce projet

L’architecture logistique exaltée par le défi environnemental

Pour certains promoteurs, le développement durable fait partie de leurs gènes. Après le parc d’activités des Bréguières certifié iso 14001 (certification environnementale – voir l’article du 12/01/11), Barjane va créer un nouveau parc sur la commune d’Ensues-la-Redonne (13) avec une volonté affichée de faire dialoguer le végétal avec le bâti : illustration en images.

Intégration paysagère

Un soin particulier a été porté à l’intégration paysagère du parc logistique.
En effet, l’implantation des différentes typologies de bâtiments a tenu compte du voisinage immédiat : les bâtiments d’activités (plus soignés et moins hauts) ont été positionnés à proximité des zones d’habitations alors que les plates-formes aux gabarits plus importants ont été placées en bordure des voies rapides (protégeant le site des nuisances sonores) avec une intégration au milieu d’arbres à hautes tiges.
Par ailleurs, une coulée verte a été prévue depuis l’autoroute A55 jusqu’au bassin d’orage qui borde la route départementale. Cet aménagement paysagé a plusieurs buts : créer une « percée » visuelle à travers tout le site afin de dégager une perspective d’ensemble, masquer l’ensemble des installations de sprinklage et générer un espace fortement boisé au cœur même de l’opération.

Démarche globale HQE

–    Confort : le pôle de vie marquant l’entrée du parc a été particulièrement étudié afin d’offrir un confort aux utilisateurs ;
–    Eco-construction : les choix de produits, systèmes et procédés de construction ont été effectués en rapport avec la démarche environnementale (chantier à faibles nuisances). Par exemple : recours à la préfabrication, mise en place de ventelles sur toutes les ouvertures exposées au rayonnement solaire, trame végétale composée de bosquets ou de mails selon les essences, arbres plantés en cohérence avec l’altimétrie générale;
–    Eco-gestion : des efforts ont été consentis en matière de gestion de l’énergie, de l’eau, des déchets d’activités ainsi que pour la maintenance et la pérennité des performances environnementales.

Nota : l’agence d’architecture SAGL a réalisé ce projet et termine lauréat du concours pour l’aménagement de ce parc d’activités.

GSE challenge les étudiants sur la logistique urbaine

Impliquer les parties prenantes pour imaginer les contours de la ville de demain est le témoignage d’une démarche de développement durable ouverte. GSE s’inscrit dans cette logique en invitant les étudiants à réfléchir sur la conception d’un ensemble immobilier logistique en milieu urbain. A la clé, des opportunités professionnelles pour les étudiants (outre une récompense financière) et des pistes audacieuses pour le développement de bâtiments logistiques urbains.

Le concours

Le développement rapide du commerce électronique, la réapparition des commerces de proximité et la demande croissante de livraisons à domicile placent la logistique urbaine au cœur des enjeux d’aménagement.
Dans le cadre du projet urbain « Carré de Soie » de la Communauté Urbaine de Lyon, le thème du concours imposé aux équipes en compétition visait à concevoir un ensemble immobilier cohérent avec son environnement dédié principalement à la logistique avec pour fonctionnalités : un stockage mutualisé, des services de réception-stockage-remise-livraison-retour mutualisés de commandes Internet, un « drive » et, de façon optionnelle, un marché forain, des bureaux, ateliers, commerces et logements. Les bâtiments projetés et leur desserte devaient présenter une haute qualité environnementale.

Lauréat : INSA de Lyon

Le projet défendu par l’INSA de Lyon a été remarqué pour sa « compréhension des enjeux au travers des fonctionnalités proposées comme la mutualisation des flux, la convergence des circulations avec les transports urbains, et les nombreuses solutions privilégiant les mobilités douces. »

Les 2 autres projets récompensés

La seconde équipe lauréate de l’Ecole des Ponts Paris Tech a été saluée pour « la remarquable insertion urbaine du projet grâce à l’apanelage des bâtiments qui permet de garder les caractéristiques du quartier avoisinant »

Enfin, les étudiants de l’Ecole Nationale d’Achitecture Val de Seine se sont vus décernés le troisième prix avec mention Architecture, reconnaissant « un plan masse original et une qualité architecturale audacieuse ».

Pour plus de détails : voir le site dédié au concours : contexte, vidéos (interviews des lauréats, de GSE) et photos

Sécurité : le cas de la non ruine en chaîne

Le minimum exigé en matière de développement durable est le respect des règlementations. Et en matière de sécurité, les écarts peuvent coûter cher. Dans le maquis des textes de loi, un arrêté ministériel 1510 du 5 août 2002 (et autres textes s’y référant) est aujourd’hui l’objet d’une attention particulière. Il concerne les impacts d’un incendie sur un entrepôt couvert.

Des risques

Un incendie qui se déclare dans un entrepôt couvert peut rapidement causer des dégâts majeurs : humains (c’est une évidence) et matériels. De ce point de vue, le risque est évidemment que le feu se propage de cellules en cellules, entrainant une ruine en chaîne de la structure du bâtiment, une mise en échec des dispositifs séparatifs coupe-feu et pour finir un effondrement de la structure vers l’extérieur représentant un risque pour le personnel de secours.

Les principes de prévention

Pour prévenir ces risques, le législateur a retenu les principes suivants :
–    Réduire la quantité de produits pouvant être impliquée dans un incendie par la limitation de la taille des cellules de stockage (compartimentage avec murs coupe-feu) ;
–    Faciliter l’accessibilité des pompiers sur toutes les façades de l’entrepôt,
–    Rendre la disponibilité effective de moyens en eau (et des rétentions correspondantes).

Les solutions

A ce jour, une étude de non ruine en chaîne permet aux exploitants de garantir la mise en œuvre des dispositions appropriées.
Cette étude est obligatoire depuis le 15 avril 2010 pour les entrepôts relevant du régime E. Elle est en revanche fortement conseillée pour les autres bâtiments depuis 2002 car ils ont l’obligation de résultat. En effet, pour les entrepôts déjà construits, l’étude  permet de vérifier si la structure est compatible avec les scénarii d’incendie.

Pour en savoir plus sur la non ruine en chaîne, voir le document produit par l’agence SAGL

Certivéa innove avec un référentiel enrichi et un affichage gradué

La concurrence féroce entre les labels environnementaux des bâtiments pousse les acteurs à innover. Certivéa propose en cette rentrée 2011 deux innovations pour rester parmi les opérateurs référents : un référentiel bâtiments tertiaires remodelé et plus complet ainsi qu’un passeport HQE.

Un référentiel « Nouvelle génération »

Le nouveau millésime de référentiel de certification pour la construction des bâtiments tertiaires a été conçu pour répondre à deux attentes du marché :
–    La simplification. A présent, un seul et même référentiel « générique » s’applique à tout type de bâtiment non résidentiel.
–   L’internationalisation. Pour contrer les critiques d’un outil trop franco français, le nouveau référentiel devient compatible avec les exigences de la norme EN TC 350 (cf. Certivéa) et avec les indicateurs internationaux portés par la Sustainable Building Alliance (www.sballiance.org). Certivéa affiche également la volonté de suivre les évolutions règlementaires nationales et internationales en matière d’énergie, d’environnement, de santé et de confort. Enfin, pour être certifié, un bâtiment devra atteindre à minima le niveau BBC sur l’énergie.
Pour en savoir plus sur ce nouveau millésime, voir le communiqué de presse

Le nouvel affichage environnemental HQE

Nous l’avions évoqué lors d’un précédent article (voir le billet du 21 juillet), la certification HQE ne permettait pas de rendre visible les différents niveaux de performance d’un bâtiment certifié, contrairement à la certification BREEAM. L’association HQE et Certivéa viennent de corriger cette lacune en proposant le Passeport Bâtiment Durable.
L’objectif est de présenter les performances des bâtiments sur 4 grands thèmes (l’énergie, l’environnement, le confort, la santé) avec une échelle de 4 étoiles. Le nombre d’étoiles est ensuite agrégé pour calculer l’évaluation globale du bâtiment sur 4 niveaux (bon, très bon, excellent, exceptionnel). On se rapproche donc fortement de l’évaluation BREEAM.
Plus de détails sur les modalités de calculs de l’évaluation, voir le dossier Certivéa. Pour connaître les premiers bâtiments détenteurs du passeport, voir l’article sur cleantechrepublic.

Ces évolutions vous semblent-elles convaincantes ? Sont-elles suffisantes pour que vous puissiez arbitrer en faveur de l’HQE sur des projets internationaux ? Faîtes-nous part de vos avis et commentaires.

Sélection d’innovations pour un bâtiment intelligent

Le site Internet Cleantech Republic recense les innovations technologiques « propres ». Si la production d’énergie alternative est régulièrement au cœur des nouveautés, le secteur du bâtiment n’est pas en reste.
Découverte des dernières solutions innovantes repérées lors d’une journée dédiée au bâtiment intelligent.

La triple certification environnementale des bâtiments

Alors que l’offre de certification environnementale se focalise sur 3 principaux acteurs (HQE, BREEAM et LEED), le cabinet d’ingénierie Sinteo propose la triple certification. Ce cabinet propose en outre la mesure de l’énergie « grise » nécessaire à la construction d’un bâtiment.  www.sinteo.fr

Anticiper les besoins d’énergie en intégrant la météo

Les bâtiments intelligents ont recours à la gestion pilotée du chauffage. La jeune start-up Effigénie propose une solution logicielle qui permet d’intégrer les prévisions météo au système de gestion. Des variations climatiques anticipées permettent de mieux gérer la température du bâtiment. Une promesse d’efficacité énergétique de 20%. www.effigenie.com

Connaître la consommation d’énergie dès l’esquisse

Les logiciels de conception de bâtiments s’enrichissent de fonctions de calcul d’impact énergétique. Sylvain Marie, d’Archiwizard, a présenté son logiciel de simulation thermique 3D adapté à la RT 2012 et assure pouvoir évaluer l’impact énergétique dès l’esquisse. www.archiwizard.fr

L’impact environnemental des matériaux

Afin de faciliter le calcul de l’impact environnemental global d’un bâtiment, les producteurs de matériaux apportent leur pierre à l’édifice. Par exemple, Lafarge travaille sur l’impact CO2 de leurs produits. Ces données fiables, selon Alain Birault (directeur de la prospective construction durable) implémentent l’outil « Bilan Carbone » de l’Ademe. Suite à ces calculs d’impact, L’Ademe a réajusté l’impact CO2 du béton à la baisse, et même fortement (divisé par 4). A ce sujet, selon une étude Ademe / CSTB pour une maison individuelle, l’impact en Kg de CO2 / m2 construit est de 140 Kg pour le bois, 150 Kg pour le bloc béton comme la brique. Voir l’interview.

Pour voir toutes les interviews et les autres thèmes de la journée : voir webTV Théma bâtiments intelligents

Les spécificités de la logistique urbaine japonaise

Hôtel logistique (Japon)De retour du Japon, Christophe Ripert, Directeur Etudes et Prospective chez Sogaris, revient pour blog-durable sur les points marquants liés à la logistique urbaine.

Quelles sont les contraintes de l’immobilier logistique urbain nippon?

La première spécificité du Japon repose sur une forte population concentrée sur une petite superficie. Il en découle une très forte densité d’habitants dans de grandes agglomérations côtières :  Tokyo, par exemple, abrite plus de 35 millions d’âmes.
Cette concentration de population se traduit par un prix foncier très élevé, qui représente environ 80 % du coût global d’un projet, contre seulement 20 % pour le prix du bâtiment. L’optimisation du foncier est donc un vrai défi.
L’autre différence importante par rapport à la France est liée au mode de vie et de consommation : le commerce sur Internet comme les échanges de biens entre particuliers sont extrêmement développés, tout comme l’utilisation régulière du transport de bagages (vers l’aéroport ou intra territoire). Les flux représentent des volumes considérables.
Et pour finir, les agglomérations mixent une grande diversité d’activités : les zones industrielles côtoient des espaces tertiaires et des habitations. A la clé, l’urbanisation doit être harmonieuse et répondre aux attentes des différentes parties prenantes.

Comment l’immobilier logistique répond-il à ces contraintes ?

On distingue deux types d’entrepôts : les grandes unités dans les zones périphériques qui sont vraiment spécifiques et les petites cellules « de transfert » (500 à 3000 m2) dans les quartiers qui ressemblent davantage à celles que nous avons en France.
Les bâtiments de grande envergure sont des hôtels logistiques. Celui que j’ai eu l’occasion de visiter sur Osaka était sur 6 niveaux avec deux rampes d’accès. Ce bâtiment inclut des zones de stockage de 5 mètres de haut, des voies de circulation de véhicules, des bureaux et des espaces de vie mutualisés comme le restaurant. Ce type de bâtiment est visuellement très épuré de l’extérieur et jouit d’une très bonne intégration urbaine parmi un musée, un centre commercial et un hôtel. Cette intégration est rendue possible grâce à des règles d’urbanisation assez souples (plus qu’en France) mais aussi par des règles d’exploitation très strictes : encadrement des itinéraires, vitesse des camions limitée à 15 km / h, revêtement de voies absorbant les bruits.

A propos des transports, quelles sont les réponses aux défis logistiques urbains ?

D’abord l’offre de petits véhicules électriques est très importante. Ensuite, on a découvert des véhicules très ingénieux avec des systèmes de « caisse de chargement » de différents volumes, avec des parois montantes (voir ci-contre). Autre exemple, les véhicules desservant les distributeurs automatiques de boissons disposent également d’un espace pour récolter les déchets.

Quels autres exemples de bonne pratique pourriez-vous citer ?

Dans la messagerie, un réseau très dense a été bâtit par l’entreprise YAMATO autour des « convenient stores » 7-Eleven*. A la clé, un maillage de 12.000 points relais qui permettent aux japonais de déposer ou de retirer un colis n’importe où au Japon.
Pour les livraisons dans un quartier commerçant (Motomachi à Yokohama) ou un centre d’affaires (Shinjuku à Tokyo) où se concentre un très grand nombre d’acteurs économiques, la mise en place de centre de consolidation illustre l’intérêt d’associer les parties prenantes à la construction d’un système performant. L’originalité repose sur la participation active des associations de commerçants, de riverains et de transporteurs : ce sont elles qui ont porté ces projets.

Une transposition de ces solutions est-elle envisageable en France ?

Nous avions en France des bâtiments logistiques à étages, mais nous les détruisons car ils sont à présent trop vétustes. On voit aussi que sur les petites cellules de quartier, nos modèles se rapprochent. Mais par ailleurs, nos modes de vie et de comportement sont trop différents pour que nous puissions appliquer de manière unilatérale les solutions japonaises. Ce voyage est donc surtout une occasion de comprendre les défis extrêmes de la logistique urbaine et de puiser des bonnes idées à adapter.

Avez-vous noté une autre particularité nippone ?

L’impression d’une fluidité de la circulation au Japon m’a frappé. Cette sensation éprouvée à plusieurs reprises est assez étonnante pour des villes qui comptent un nombre de véhicules phénoménal.


* NDLR : 7-eleven, sorte d’épiceries ouvertes de 7 heures le matin à 11 heures le soir