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Le delivery crowdsourcing : la livraison C to C

Ecouter et anticiper les comportements des consommateurs et des citoyens est une mission essentielle assurée par les architectes pour aménager la ville et bâtir les bâtiments de demain. L’explosion du e-commerce chamboule le paysage de la logistique, notamment l’approche du dernier km. Pour relever ce défi, les commerçants cherchent de nouvelles solutions et testent à présent la livraison opérée par les particuliers : le delivery crowdsourcing.

 

Pourquoi développer la livraison collaborative ?

L’e-consommateur devient de plus en plus exigeant : il désire des horaires de livraison décalés, de plus en plus tardifs, des délais de plus en plus courts et bien sûr à un prix réduit voire nul.

Le delivery crowdsourcing, comment ça marche ?

La livraison par la foule, ou delivery crowdsourcing, revient à confier aux consommateurs présents sur le lieu de vente (en magasin) les produits à livrer à leurs voisins. En contrepartie, les livreurs-consommateurs bénéficient de réductions sur leurs achats. Ce concept est étendu à la livraison par les particuliers.

Une dynamique aux Etats-Unis

La chaine de distribution Walmart a réalisé un test de livraison collaborative auprès de 25 magasins et doit encore lever les freins règlementaires liés à cette activité. D’autres expériences sont soutenues par des start-up comme Postmates ou Zipments qui proposent aux particuliers de livrer des produits avec leurs propres moyens de transport.

Des expériences en Europe

DHL s’intéresse également au sujet et travaille avec l’université de Potsdam pour mutualiser les trajets des particuliers avec des livraisons : c’est le projet  » Bring.Buddy « . L’application « Myways » permet de mettre en relation les livreurs et les internautes pour fixer des RDV de livraison.
La France n’est pas en reste : la start-up colisvoiturage.fr a vu le jour et un hypermarché en Bretagne a réalisé une expérience similaire à celle de Walmart avec une remise de 3€ pour le livreur.
Enfin, en Suisse, Bringbee développe la livraison collaborative couronnée de premiers succès : un partenariat avec IKEA et 1500 livreurs particuliers.

Une source d’inspiration

Qu’il s’agisse de livraison, de financement, de consommation, les business collaboratifs présentent généralement tous les mêmes promesses : des coûts réduits, davantage de lien social et un impact environnemental moindre. Ils reposent sur les nouvelles technologies pour la mise en relation mais leur développement est pénalisé par des vides juridiques.
Ces expériences portent des innovations intéressantes dont la logistique pourrait s’inspirer pour construire les modèles de demain.

Pour lire l’intégralité de l’article de Jérôme Libeskind, expert en logistique urbaine et e-commerce, cliquer ici

Crédit Photo : Zipments

Démonstrateur urbain, une réponse immobilière d’avenir

Pour relever les enjeux de logistique urbaine, l’agence d’architecture SAGL / A.26 associée à Sogaris multiplient les projets de R&D. Ce « démonstrateur urbain », ou hôtel logistique, a été imaginé pour le site de Choisy le Roi. Il apporte une solution créative à un programme dense mixant activités logistiques et bureaux.

Choisy le Roi croquis

Une pluralité d’activités

Le projet regroupe une base logistique avec une zone de stockage, un centre de distribution et un espace de traitement des marchandises. Dans le même ensemble, le bâtiment accueille des cellules pour les artisans du territoire et 3 niveaux de bureaux.

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Une signature architecturale forte

Le bâtiment étant fortement exposé (proximité avec l’autoroute et la Seine), les architectes ont conçu un bâtiment résolument moderne, aux lignes douces avec des façades aérées. Le design contribue au renouvellement paysager du territoire et atténue les codes de la logistique.

Le confort des utilisateurs n’est pas en reste : les bureaux sont disposés autour d’une cour avec un accès à de nombreuses terrasses arborées.

Nota : ce projet, pensé pour l’EPA ORSA, vient complèter la vision « PROSPECTIVE SAGL / A.26 »

 

Transition énergétique : les chiffres clés

La loi de transition énergétique promulguée le 18 août dernier fixe des objectifs en matière de production et de consommation d’énergie, ainsi que sur les déchets. Les secteurs du bâtiment et de la logistique sont en première ligne et ils devront faire face à de véritables enjeux. Blog-durable fait le point sur les chiffres clés de la loi et du secteur, avec en perspective la prochaine COP 21.

Les objectifs de la loi

Gaz à effet de serre (GES)

– 40 % : réduction des émissions de GES en 2030 par rapport à 1990
÷ 4 : diviser par quatre les émissions de GES en 2050, par rapport à la référence de 1990 (facteur 4)

Consommation d’énergie

– 30 % : diminution de la consommation d’énergies fossiles en 2030 par rapport à 2012
– 50 % : réduction de la consommation énergétique finale en 2050 par rapport à 2012
32 % : part des énergies renouvelables en 2030 de la consommation énergétique finale (contre 14% en 2012)

Production d’énergie

40 % : part des énergies renouvelables dans la production d’électricité
– 50 % : baisse de la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2025

Déchets

– 50 % : diminution du volume de déchets mis en décharge à l’horizon 2050 ;
70% : objectif de recyclage des déchets du BTP
– 30 % : réduction des quantités de déchets non dangereux non inertes admis en installation de stockage en 2020 par rapport à 2010, et de 50% en 2025
20 % : part en masse des matériaux, issus du réemploi, de la réutilisation ou du recyclage de déchets utilisée dans les couches d’assise (30% à partir de 2020)

Les impacts sectoriels

Bâtiment

44 % : part du secteur du bâtiment dans la consommation énergétique française en 2012 (le plus important consommateur d’énergie et le gisement majeur d’efficacité énergétique)
123 millions : tonnes de CO2 émises par an par le secteur du bâtiment
63 % : taux de valorisation des déchets du BTP (étude CERA 2012-2014) sur 269 M de tonnes de matériaux inertes issus de la déconstruction

Transports

27 % : part des émissions de GES du secteur du transport en France en 2011 (premier émetteur de GES)

Repère : taxe carbone ou contribution climat-énergie

14,50 euros la tonne de CO2 en 2015

Prévisions
22 euros en 2016,
56 euros en 2020
100 euros en 2030

Quel sera le design des entrepôts durables de demain ?

Si quelques bâtiments logistiques « fendent l’armure » avec des designs innovants, de nouvelles voies restent encore à explorer. Prologis compte stimuler de nouvelles conceptions en créant en 2014 un concours d’open innovation design « Prologis 2030 design ». Blog-durable revient sur les trois projets distingués dont le lauréat, imaginé par l’agence Allemande Kruschina Fluxo Interaktive Architektur.

Un design innovant pour un foncier optimisé

Le vainqueur de ce concours a été remarquable pour son idée simple et ingénieuse : construire un entrepôt au-dessus d’une autoroute. Cet espace inutilisé par les exploitants des routes devient précieux grâce à l’embranchement direct des camions de livraison. Un exemple d’optimisation de foncier intéressante à l’heure de la pénurie d’emplacements stratégiques. Bien sûr, à ce stade de concept, les problèmes d’autorisation et autres études techniques pour élever un bâtiment lourd sur des piliers n’ont pas été évoqués.

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Un entrepôt presqu’invisible

La densification de l’espace a été à nouveau récompensée pour le deuxième prix du concours. Après l’entrepôt surélevé, place à l’entrepôt sous-terrain. Ce projet, conçu également par une agence allemande (Antonis Perpatidis des OFFICETWENTYFIVEARCHITECTS O25), propose d’intégrer la majeure partie du bâtiment sous terre, y compris les quais de chargement, pour laisser en surface les bureaux. Ce concept s’intègre naturellement dans l’environnement (sa principale force) et ses concepteurs indiquent que des efforts ont été imaginés pour réduire la consommation d’énergie pour l’éclairage et la ventilation grâce à des systèmes d’énergie passive et renouvelable, tels que les panneaux solaires ou une piscine pour refroidir l’air des bureaux. Ce bâtiment pose par ailleurs d’autres questions quant au confort des utilisateurs.

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Un design durable en guise de coup de coeur

Si la forme du bâtiment est plus conventionnelle, ce sont les façades du bâtiment conçu par les architectes allemands rose Architektur qui ont conquis le jury. Ce projet a reçu la mention d’honneur grâce à l’utilisation de feuilles de bois et de parois transparentes offrant une utilisation maximale de la lumière naturelle. Paradoxalement, c’est de nuit que le bâtiment affirme sa singularité.

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Crédit photo : Prologis, O25,  Planungsbüro Kruschina, Fluxo Interaktive Architektur, Sébastien Bernard

Logistique urbaine : l’immobilier hybride décolle

L’essor de la ville durable et la concrétisation des métropoles redonnent un second souffle à la logistique urbaine. Si les déplacements doux s’imposent petit à petit dans les agglomérations, avec les flottes de véhicules électriques, le fret fluvial ou les tricycles, qu’en est-il des concepts immobiliers présentés comme innovants tels que les entrepôts à étages ou les hôtels logistriels ? Philippe Gallois, PDG de l’agence d’architecture SAGL et directeur associé de A26, apporte un éclairage de spécialiste sur ces bâtiments hybrides.

Des enjeux plus que jamais d’actualité

Au fil des dix dernières années, l’immobilier logistique urbain a dû faire face à des enjeux majeurs : un prix de foncier très élevé, un taux de rentabilité plus bas que d’autres industries, une explosion de l’e-commerce et par ricochet du nombre de livraisons, le tout sur fond d’attentes environnementales accrues, notamment en matière de qualité de l’air. Pour répondre à ces défis, de nouveaux concepts de bâtiments ont été imaginés et terminent leur période d’incubation : ils sont à présent en cours d’exploitation ou en chantier au cœur de plusieurs grandes villes.

Rentabiliser le foncier avec les entrepôts à étages

Fortement contraint par l’espace, le Japon a été précurseur et référent pour les entrepôts à étages, aussi bien en nombre de bâtiments exploités que par l’élévation allant jusqu’à 8 niveaux. Si le foncier est moins rare dans les agglomérations françaises qu’au pays du soleil levant, la difficulté de trouver des sites adaptés à la logistique couplée au prix élevé du foncier poussent les investisseurs à proposer des constructions à étages.
A Paris, le bâtiment de Chapelle International porté par Sogaris est en cours de construction, au cœur du XVIII arrondissement. L’hôtel s’élève sur deux niveaux, avec au rez-de-chaussée l’intégration d’une voie ferrée permettant de charger et décharger la moitié d’un train dans le bâtiment, une prouesse.
Sur le port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), l’italien Vailog, investisseur-développeur en immobilier logistique, a obtenu les autorisations pour construire un entrepôt à étages de deux fois 30 000 m2.

Diversifier les revenus avec les hôtels logistiques

A l’instar des imposants parcs logistiques en périphérie des villes qui mixent des activités de messagerie – logistique, de restauration et de commerce, les hôtels logistiques muent pour accueillir une diversité d’activités. La raison est simple : les profits des seules activités logistiques ne permettent pas toujours à eux seuls de boucler la rentabilité d’un projet surtout au cœur des villes.
Là encore, les exemples de bâtiments mixtes voient le jour. Chapelle International accueillera dans un an des activités logistiques multimodales (embranchement fer, vélo cargos électriques), des bureaux, un datacenter, des salles de fitness, un restaurant et des terrains de sport sur le toit. D’autres projets à Batignolles ou à Paris sont prévus par l’APUR.

Une troisième famille de bâtiment urbain : l’ELU

Dans le paysage des bâtiments hybrides, l’ELU (Espace logistique urbain) ou l’EUD (Espaces Urbains de Distribution) rencontrent un succès auprès des municipalités comme des utilisateurs. Ces bâtiments de petite taille (de 300 à 3000 m2) automatisés et optimisés répondent à des problématiques très ciblées d’éclatement de marchandises sur un quartier. A Paris, dans le quartier Beaugrenelle, l’EDU proposé par Sogaris et exploité par Chronopost est un modèle du genre : réhabilitation d’un parking avec aménagements d’équipements logistiques et maintien de jardins extérieurs pour le bien-être des riverains. Cette famille de bâtiments se développe également à Lyon, à Bordeaux et à Paris (aux Halles).

Et s’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives, il est possible d’affirmer que ces bâtiments atypiques peuvent être performants, écologiques, pourvoyeurs d’emplois et bien acceptés par les riverains, dès lors qu’ils sont intégrés en amont des projets d’aménagement.

Philippe Gallois

Article paru dans Business Immo #114 – avril 2015

Un architecte en colère

Après trente ans de pratique professionnelle, Philippe Gallois, architecte, s’émeut du sort réservé aux « jeunes archis » qui s’installent aujourd’hui…
L’architecture et le marché de la construction se portent-t-ils si bien en France que personne ne s’étonne, puis s’agace voire se désespère des aberrations qui régissent la mise en œuvre des projets d’architecture dans notre beau pays? L’environnement dans lequel les jeunes archis doivent construire leur vie professionnelle est à ce point révoltant que l’excellence française, si souvent vantée par le passé, risque fort d’être bientôt une morne plaine regardée de très loin par des professionnels qui auront compris qu’il était indispensable pour eux de se trouver un nouvel horizon plus favorable à leur passion et à leur énergie. L’inexorable dégradation du statut de « jeune archi » a été l’un des chevaux de bataille de ma vie syndicale. J’aurais sans doute pu écrire la même tribune lorsque j’ai, avec enthousiasme, décidé de me lancer dans l’aventure d’une création d’agence … il y a 30 ans maintenant.

Passion partagée

Trente années consacrées à tenter de lutter contre ces incroyables freins à l’exercice de la profession d’architecte, au sein de toutes les organisations censées être écoutées ne serait-ce que parce que certaines d’entre elles sont placées sous la tutelle d’un ministre! Pour être mieux entendues ou mieux muselées ? Alors même que la passion partagée par une équipe de 150 architectes et ingénieurs et la chance d’être moi-même un bon commercial, ont permis à notre agence de figurer aujourd’hui dans le peloton de tête des agences françaises. Cependant, il m’est de plus en plus intolérable de voir l’horizon de mes jeunes confrères s’obscurcir chaque jour davantage. Comment espérer se faire un nom lorsque l’accessibilité des projets les plus « visibles » en marchés publics est directement liée au nombre de collaborateurs et au CA de l’agence? Comment garder la fibre lorsque certains concours reçoivent 200 dossiers, 400 pour certains? Comment faire valoir sa créativité lorsque la commande publique est éblouie par celle de ceux qui n’ont plus rien à prouver? Comment produire des références lorsqu’on vous refuse la possibilité de vous en faire?

Kafka pas mort

Comment accepter que de méga-agences n’aient atteint leur taille qu’en étant une filiale d’un donneur d’ordre majeur, faisant par exemple qu’aucune gare, aucun aéroport en France ne puisse leur échapper? Comment opter pour une spécialité qui pourrait s’avérer porteuse lorsque des pans entiers restent une chasse gardée de ceux qui ont réussi à faire croire que pour réaliser des hôpitaux, des lycées, des piscines, des stades, des entrepôts, il faut être un … spécialiste de la salle blanche, de la salle des profs, du vestiaire, du gazon, du bardage! Toute l’originalité et la richesse des études d’architecte vis-à-vis de celles des ingénieurs n’est-elle pas de nous préparer à offrir cette vision globale, transversale, synthétique, clef de la créativité architecturale? Passons! Notre jeune archi a réussi à gagner un concours dont il ne saura pas trop quelle part de chance est venue soutenir son talent! Remotivé par cette reconnaissance, c’est armé d’un courage sans nom qu’il doit désormais inscrire son projet dans la kafkaïenne liste des freins administratifs qui s’acharnent à réduire la productivité de l’architecture française. Il a certes acquis une belle habitude puisque malgré les ambitions simplificatrices de nos gouvernants, il a déjà rempli cinquante fois le même dossier de remise d’appel d’offre qui exige toujours les mêmes pièces en originaux. Alors même qu’une petite mise à jour annuelle permettrait de consacrer son temps à créer plutôt qu’à parapher!

Penser le monde

La route est encore longue avant le démarrage de son chantier. Comment comprendre que les délais d’obtention du permis pourront être jusqu’à trois fois plus longs que dans les autres pays européens ? Comment admettre d’avoir à relancer des enquêtes publiques, déjà menées pour l’obtention de la ZAC ou lors du dossier ICPE, voire tout simplement dans le cadre de la procédure du PLU? Comment préparer son dossier pour que l’avis des pompiers ne soit pas diamétralement opposé à celui rendu par leurs collègues du département voisin sur un projet identique? La liste des questions qui resteront sans réponse est à la mesure de cette arlésienne de la simplification que l’on nous promet depuis des lustres. L’acte de construire n’est plus, depuis bien longtemps, le seul fruit d’une exigence de réflexion, de créativité, de qualité technique, de vison humaniste mais l’aboutissement d’un parcours du combattant qui exclut les jeunes et décourage leurs pairs. Je ne sais combien de temps cette hérésie peut subsister. Cette tribune entend cependant se tourner vers l’avenir pour que tous mes jeunes confrères ne mettent pas trente ans années à lever tous les obstacles pour enfin vivre leur passion et leur exigence au service de l’architecture. Par cette tribune, j’espère participer au combat que tous les futurs architectes doivent mener pour faire comprendre aux élus qu’il est grand temps d’assumer leur responsabilité : préparer l’avenir des villes et des infrastructures en facilitant l’avènement de ceux qui auront à penser le monde où ils veulent vivre, au lieu de faire perdurer des archaïsmes administratifs et des corporatismes hors d’âge!

Philippe Gallois

Article paru sur lemoniteur.fr du 13/05/2015

Bâtiment PRD à Dourges : une nouvelle dynamique pour le territoire

En juin 2016, le bâtiment réalisé par PRD sera livré à Ontex, leader des produits d’hygiène jetables pour adultes et enfants. Cette nouvelle réalisation, dessinée par l’agence d’architectes SAGL / A26, s’implante sur d’anciens terrils miniers. Un projet qui démontre combien la collaboration entre les parties prenantes est porteuse de création de richesses pour le territoire.

Une implantation stratégique

Ce projet est situé sur les communes de Dourges et Noyelles Godault, dans le Pas de Calais, au croisement de l’axe Nord Sud (Autoroute A1) et Est Ouest (Autoroute A21) : autant dire qu’il s’agit d’un foncier stratégique. La réalisation de ce bâtiment, et les deux autres en projet, est le fruit d’une collaboration étroite entre les services de l’état, la Communauté de Commune d’Hénin Carvin et l’aménageur de la zone. Ensemble, ils ont pu redonner vie et de l’activité économique à un territoire en proie à des difficultés suite à la fermeture des mines et de diverses industries annexes.

Un bâtiment industriel et transformable

Le bâtiment a été conçu sur une infrastructure d’entrepôt « revisité » pour répondre aux besoins industriels d’Ontex. La surface de 30.000 m2 se compose de 3 volumes : une cellule de réception et de stockage des matières premières, une cellule divisée en deux halles de production et enfin une cellule de stockage et d’expédition des produits finis. Pour répondre au profil industriel de l’utilisateur, des aménagements ont été ajoutés, tels qu’un local compresseurs, un local électrique pour une puissance installée de 8Mva, un atelier d’usinage et réparation sur 500 m2 et des bureaux et locaux sociaux pour le confort des équipes travaillant en 3 X 8.

A terme, deux autres bâtiments logistiques devraient être construits sur cette zone.

A retenir

  • La nouvelle zone logistique apporte de l’air à une économie locale difficile
  • Un bâtiment polyvalent, construit pour des besoins industriels pouvant être transformé pour une utilisation logistique
  • début des travaux : septembre 2015 pour une livraison 10 mois plus tard

Nouvelles règles pour les études d’impact

La concertation avec les partenaires publics est plus que jamais au coeur de la préservation de l’environnement : elle doit à présent être très en amont des projets. Telle est la nouvelle habitude à prendre pour la réalisation des études d’impact. Blog-durable, avec le soutien d’A26 (Bigs), fait le point sur cette évolution règlementaire et l’illustre avec un projet ayant fait l’objet d’une étude d’impact.

Un tableau pour y voir clair

L’article R122-2 du Code de l’environnement a été modifié par le décret n° 2011-2019 du 29/12/2011. Il intègre désormais un tableau annexé décrivant les travaux, ouvrages ou aménagements soumis à une étude d’impact soit de façon systématique, soit après un examen au cas par cas, en fonction des critères précisés dans ledit tableau.

C’est ainsi que :
– Les travaux ou constructions soumis à permis de construire sur le territoire d’une commune dotée d’un PLU ou d’un document d’urbanisme faisant office de PLU n’ayant pas fait l’objet d’une évaluation environnementale sont assujettis à étude d’impact si la SHON est supérieure ou égale à 40 000 m² et à un examen au cas par cas si la SHON est comprise entre 10 000 et 40 000 m²
– Les travaux ou constructions soumis à permis de construire situés sur le territoire d’une commune dotée ni d’un PLU ni d’un document d’urbanisme faisant office de PLU sont assujettis à étude d’impact si la SHON est supérieure ou égale à 40 000 m² et à un examen au cas par cas si la SHON est comprise entre 3 000 et 40 000 m².

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Le silence de l’administration = étude à faire

La demande de l’examen au cas par cas est à établir sur un document Cerfa préétabli en fournissant des informations et pièces, graphiques et/ou écrites, nécessitant un stade suffisamment avancé du projet. La demande complétée est ensuite à transmettre à l’autorité environnementale de la région. Si celle-ci est jugée complète, un délai de 35 jours calendaires notifié par écrit s’applique à l’issue duquel l’autorité environnementale motive sa décision : obligation ou dispense d’étude d’impact. Il est important de retenir que l’absence de réponse de l’autorité environnementale entraîne de facto l’obligation de réaliser une étude d’impact. En cas d’obligation, l’étude d’impact est alors jointe au permis de construire qui fera l’objet d’une enquête publique.

La chronologie des évènements est telle que tout projet doit désormais, et ce dès sa genèse, faire l’objet d’un échange avec les partenaires publics à ce sujet afin de maîtriser correctement le planning général de l’opération. Il s’agit donc d’une nouvelle habitude de travail à adopter dès maintenant car la méconnaissance de cette procédure serait sujette à de graves conséquences.

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Crédit Photo : NANTEUIL LE HAUDOIN pour NEXITY

En 2015, SAGL et A26 plus conquérants

Philippe GalloisPhilippe Gallois, PDG de l’agence d’architecture SAGL et d’A26, une agence multi-spécialistes, dresse un rapide bilan sur 2014 et pose un regard positif sur 2015.

Quels sont les faits marquants de 2014 pour les agences SAGL et A26 ?

Le contexte économique de l’année écoulée n’a pas été bon avec de nombreux projets retardés. Heureusement, cette baisse d’activité a été partiellement compensée par une multitude de projets plus modestes.
Au-delà du business, 2014 a été mise à profit pour consolider les positionnements des deux agences : SAGL est aujourd’hui reconnue comme l’agence spécialiste en logistique urbaine, avec des bâtiments référents tels que Chapelle International, l’ELU de Beaugrenelle et d’autres à venir. De son côté, A26 s’affirme comme l’agence d’architecture multi-spécialistes à dimension internationale en gagnant des marchés en Chine (hôpital) ou au Maroc (bâtiments publics) et en enrichissant son offre pointue dans les domaines des laboratoires & Recherche (avec le rachat de Nuret Architectes) et de l’hôtellerie et résidences touristiques (intégration de l’agence Igloo). Cette approche de niche sectorielle séduit aussi bien les maîtres d’ouvrages pour des projets pointus que ceux qui ont à réaliser des programmes mixtes.

2015 s’annonce-t-elle sous le signe de la reprise en logistique ?

Le lancement du chantier de Chapelle International courant 2015 contribue à dynamiser la logistique urbaine : la ville de Paris s’apprête à lancer un appel à projets dans ce sens, ce qui est très positif. En revanche, je regrette que le Grand Paris n’ait pas pris la mesure de l’importance de la logistique dans son programme d’aménagement : les RER ou le tram auraient pu être des relais de la mobilité douce dans Paris. C’est véritablement une occasion manquée de repenser une logistique propre pour le bénéfice des habitants, des commerçants et des logisticiens.

Quelles tendances architecturales se dessinent à l’avenir ?

Pour la logistique, les projets s’orientent vers des bâtiments de plus en plus grands et des programmes mixtes : dans un même bâtiment, on peut intégrer de la logistique, un restaurant, un data-center, etc. (cf. Chapelle International de Sogaris). Les parcs logistiques se diversifient aussi en combinant de la messagerie, des activités de bureaux et des services comme c’est le cas sur la ZAC des Aiguilles, portée par Barjane. Cette tendance à la mixité se généralise dans tous les domaines tant la réflexion de l’aménagement est globale et que les activités interagissent entre-elles.

En ce qui concerne le développement durable, le sujet est plutôt derrière nous : les certifications HQE, LEED ou BREHAM sont devenues des classiques. Cela n’empêche pas d’accentuer notre attention sur la transition énergétique, avec notamment des efforts sur la consommation du bâtiment et sur sa maintenance.
Enfin, malgré la pression sur les coûts, la tendance est de réaliser des bâtiments toujours plus qualitatifs, bien intégrés avec leur environnement, avec l’ajout de couleurs vives, comme le rouge ou le jaune. Bref, créer des bâtiments durables et désirables.

Quels vœux pourriez-vous formuler ?

Je souhaite bien sûr que SAGL et A26 poursuivent la réalisation de projets importants en France comme à l’international, et que la palette de spécialistes d’A26 s’enrichisse pour offrir à nos clients les compétences indispensables pour des projets globaux.
Plus généralement, un mot sur la simplification administrative de nos métiers du bâtiment, que nous appelons de nos vœux depuis longtemps. Elle est inscrite pour 2015, nous en attendons les bénéfices rapidement et surtout que cet élan puisse permettre d’aller plus loin, comme réduire de moitié les délais d’autorisation de construction. C’est un effort peu coûteux qui se traduirait très certainement par de l’investissement et de l’activité pour tous.

2014, les prémices du big bang de la logistique urbaine ?

Avec son insolente croissance, le e-commerce poursuit son œuvre de modification du paysage des livraisons. A la manœuvre, les géants Amazon et bientôt Google, mais aussi une pléiade de start-up attirées par l’innovation et l’espoir d’un marché florissant. Revers de cette frénésie, la pression environnementale s’accentue, sans pour autant susciter une prise de conscience forte.
Bilan 2014 des tendances logistiques.

L’hégémonie d’Amazon et Google, bientôt une réalité ?

Si Google a pris du retard sur le e-commerce par rapport à Amazon, ses ambitions demeurent voraces. Google Shopping Express investit dans sa propre flotte de coursiers et compte rester un acteur incontournable sur le e-commerce. L’arme de ces deux géants : la gratuité ou presque des frais de livraison pour les clients.

La livraison collaborative en ville par des coureurs, vélos, voitures, taxis

Le collaboratif a le vent en poupe, il est social, économique et environnemental selon ses protagonistes (voir article). Mais en revoyant en profondeur le modèle économique des entreprises en place, les dents grincent : pour preuve la joute des taxis contre Uber. Il n’empêche, les sociétés fleurissent et lèvent des fonds, tels Colisweb ou deliver.ee et s’engouffrent dans le dernier km collaboratif. Et ça se bouscule : Uber se diversifie et expérimente la livraison de produits d’épicerie à Washington par ses VTC, pour les occuper pendant les heures creuses. D’autres, tel toktoktok confient à des « coureurs » le soin d’aller chercher le produit en magasin et le livrer. Aux Etats Unis, les particuliers d’Instacar réalisent les courses pour leurs clients, contre une rémunération de 3,99 dollars. En lire plus sur la livraison collaborative (cliquer ici).

Les drones, la réponse à l’isolement

Après le coup de com’ réussi par Amazon, la livraison par drones est entrée en phase d’expérimentation. Dernière en date, DHL en Allemagne s’apprête à livrer par « Parcelcopter » l’Île de Juist, en mer du Nord. La mise en place de vols réguliers a été autorisée par Bruxelles et les autorités locales. Tout est prêt, y compris une aire d’atterrissage dédiée sur l’ile avec un relai effectué par un transporteur DHL (en savoir plus).

Les points relais, les boutiques, les automates de livraison, ou directement dans le coffre de la voiture ?

L’Observatoire Neopost ID a livré récemment un état des lieux sur les modes de livraison ou de retrait d’un colis ainsi que les usages et motivations des consommateurs. On y apprend notamment que le click and collect favorise l’achat en ligne et que les retraits en points relais, magasins, bureaux de poste sont bien ancrés dans les habitudes. A contrario, le retrait en consignes est encore marginal, même si l’appétit des acteurs s’aiguise chaque jour davantage (en savoir plus).

2403892-le-click-collect-passe-au-cribleMême Volvo imagine transformer le coffre des voitures en consignes. Une expérimentation de « livraison itinérante » a été menée, avec une voiture connectée : une fois l’achat réalisé, le client valide l’heure de livraison par sms au distributeur et une clé virtuelle du coffre de la voiture est transmise au livreur qui peut déposer le colis dans la voiture du client, là où ce dernier est garé. Cette expérimentation a été un vrai succès et Volvo cherche des partenaires pour déployer le service (en savoir plus sur l’expérimentation).
Enfin, les nouveaux « air bnb entrepôt » fleurissent à l’étranger, avec les garages ou les caves des particuliers dédiés au stockage urbain : Roost, SpaceCadet, StowThat aux Etats Unis, Sharemystorage au Royaume Uni.

La logistique urbaine écolo à la peine

Pour finir sur les tendances 2014, impossible de faire l’impasse sur une note environnementale alors que le réchauffement climatique s’impose comme un enjeu majeur. Jean-Pierre Gonguet, dans son article « En logistique urbaine, la vertu est hors de prix » publié dans La Tribune, livre un constat réaliste mais alarmant sur l’impact environnemental lié à l’explosion de la logistique en ville. Il revient sur les difficultés économiques du spécialiste de l’éco-logistique « Vert chez vous » à Paris, qui combine fret fluvial et triporteurs, pour des livraisons « zéro carbone ». Selon lui et Jérôme Libeskind, la livraison propre n’est finalement pas soutenue, par manque d’ambition principalement politique. Les élus auraient intérêt à prendre ce sujet à bras le corps, pour organiser l’afflux de 30 millions de colis supplémentaires chaque année et créer des villes intelligentes et respirables que les citoyens attendent.

 

Crédit Photo Une : © Photo Archives Laurent Theillet