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«La certification BREEAM offre davantage de lisibilité qu’HQE»

bâtiment Pitch Promotion vise "good" (Breeam)

Le paysage de la certification environnementale français est de plus en plus marqué par la certification anglaise BREEAM, alors que la certification américaine LEED peine à percer. La position de force de la certification HQE s’atténue.
Témoin de ces évolutions, Thierry Griveaux, architecte à l’agence SAGL, nous fait part de son point de vue et relaye également le sentiment des exploitants et maîtres d’ouvrages sur les certifications BREEAM / HQE.

Pouvez-vous rapidement retracer le contexte de ces certifications ?

Historiquement, BREEAM a l’antériorité et son rayonnement va au-delà du territoire britannique. D’ailleurs BREEAM se positionne comme la norme européenne des bâtiments environnementaux.
De son côté, la certification HQE est la plus couramment utilisée en France. Son périmètre d’application est exclusivement le territoire français, c’est la première différence avec BREEAM. Et malgré des tentatives de rapprochements ou d’équivalence entre BREEAM et HQE, ces dernières peinent à aboutir. Ce qui contraint certains  exploitants à rechercher une double certification.

Cette différence d’application géographique a-t-elle un impact important ?

Au-delà d’un avantage pour BREEAM, c’est surtout un point très pénalisant pour HQE. Des entreprises internationales, comme des transporteurs, exigent une visibilité équivalente à leur rayonnement mondial. Le cantonnement franco français de l’HQE est alors rédhibitoire car il ne faut pas oublier que la certification est un levier de valorisation.

Quelles sont les autres divergences ?

La philosophie des deux référentiels est très différente :
–    HQE offre la possibilité de choisir parmi 14 cibles, il s’agit donc d’un référentiel ouvert où chacun fait son marché. Cette souplesse permet éventuellement de sélectionner des cibles moins contraignantes pour l’obtention de la certification. Au final, deux bâtiments qui bénéficient d’une même certification HQE n’auront pas le même niveau d’efficacité environnementale en fonction des cibles choisies. La comparabilité n’est donc pas possible.
–    A contrario, BREEAM propose une grille plus standardisée qui permet une évaluation graduelle d’un bâtiment. Ce côté très formel peut être perçu comme une lourdeur mais au final on a une meilleure visibilité de l’efficacité d’un bâtiment, d’autant qu’elle est évaluée sur une échelle de performance de «passable» à «excellent». C’est selon moi plus transparent.

L’audit des certifications est par conséquent lui aussi différent ?

Effectivement, à partir du moment où le référentiel HQE est ouvert, on a le sentiment que l’approche de l’auditeur HQE peux être plus subjective qu’un audit BREEAM, axé autour d’une grille plus stricte d’évaluation. Ce sentiment est renforcé par le fait que les auditeurs HQE ne sont pas forcément issus du bâtiment. On peut ajouter à ce stade que les audits BREEAM sont très exigeants, avec des vérifications in-situ.

Voyez-vous d’autres différences entre les deux certifications ?

Le volet social, avec notamment les cibles « confort », est mieux évalué avec HQE.
Par ailleurs, si les 2 référentiels sont pauvres sur les aspects gestion des espaces verts (dont déchets) ou l’intégration paysagère, une réflexion d’HQE commence à émerger sur la préservation de la biodiversité, ce qui va dans le bon sens. Autre thème peu présent dans les référentiels, la fin de vie du bâtiment. Cette phase du cycle de vie n’a pas un impact marginal. Mais là encore, il est possible d’évaluer certaines démarches via l’HQE, mais de manière indirecte (valorisation de matériaux recyclés par l’utilisation de «ressources sur place», «absence de transport»).

Un mot de conclusion sur les certifications environnementales ?

L’évaluation des démarches de développement durable est une bonne chose. Cela permet de guider nos efforts sur certains thèmes.
Néanmoins, je profite de cet espace de débat pour en soulever un. Selon moi, certaines cibles ou critères environnementaux sont de faux amis, à savoir qu’ils n’ont rien de durables lorsqu’ils sont étudiés de manière globale. Prenons par exemple le cas de la récupération des eaux pluviales. D’une part, la viabilité économique (retour sur investissement) est peu certaine compte tenu des aménagements importants et des installations couteuses. D’autre part, ces mêmes aménagements et installations ont également un impact environnemental fort : au niveau de la fabrication, de l’exploitation, de l’entretien et maintenance et en fin de vie. Ce cout écologique est sans doute supérieur aux gains de m3 d’eau du réseau non consommés. Le bilan économique et écologique de la récupération des eaux pluviales n’est probablement pas si favorable à la solution dite «durable». Et cet exemple n’est pas unique : le cas de la production d’eau chaude sanitaire solaire en est un autre.
Il est donc sans doute plus pertinent économiquement et écologiquement de traiter à la source les problèmes des consommations d’eau, intégrer des plantations nécessitant peu ou pas d’arrosage, mettre en œuvre des équipements sanitaires hydro-économes. Bref, proposer une démarche de Développement Durable raisonnée.

Dernière interrogation sur les critères environnementaux HQE et BREEAM : comment et avec quelle réactivité vont-ils évoluer pour suivre les progrès technologiques (nouveaux matériaux), les nouvelles filières ou les enjeux écologiques naissants ?

2 Responses to “«La certification BREEAM offre davantage de lisibilité qu’HQE»”

[…] l’avions évoqué lors d’un précédent article (voir le billet du 21 juillet), la certification HQE ne permettait pas de rendre visible les différents niveaux de performance […]

By Nadjet - 24 mai 2012 -

Bonjour,

Je suis etudiante en MBA management operationnel en developpement durable,

Je dois faire une etude comparative entre les deux certifications HQE et LEED.

Je ne sais pas quel est la methodologie a prendre

Avez-vous des documents qui traitent de cela ? Pourriez vous me conseiller ?

Merci

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